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 I Shot You Down... Bang Bang

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MessageSujet: Re: I Shot You Down... Bang Bang   Dim 9 Avr - 14:23



« Donc lui et toi ...»

Pitié non, ce fût exactement ce que Sean pu lire sur son visage au moment où il suggérait qu’elle ait pu ne serait-ce que froisser les draps avec une ordure pareille. Vince De Luca ne lui inspirait que du dégoût et cela pouvait se lire sur son visage, la spontanéité de sa réaction ne laissant aucun doute. Pour autant, ça n’était pas suffisant pour Sean. Être curieuse, c’était une seconde nature chez Zooey et dans d’autres circonstances elle se serait jetée bien volontiers dans un récit de ses aventures avec la mafia italienne. Mais cette aventure-là avait un désagréable goût de "n’y reviens jamais".

Elle le suivit du regard tandis qu’il lui tournait le dos un instant. Deux verres. Elle n’était pas sûre d’avoir ne serait-ce qu’envie de prendre un verre avec lui vu leur dernière rencontre. Mais il y avait plus en jeu qu’eux deux dans cette histoire. Elle prit le verre et le posa sur la table pour l’instant. Ce qu’il lui demandait représentait beaucoup pour elle. Il lui fallut un instant pour se centrer avant de se lancer :
« On devrait peut-être s’asseoir. C’est pas une histoire qui va prendre cinq minutes ça. »

Mieux valait le préciser dès le départ pour qu’il n’y ait pas de malentendu. Après tout, n’avait-elle pas annoncé en débarquant qu’elle n’en avait pas pour longtemps ? Le ton de sa voix était posé, presque détaché. Il lui fallait prendre de la distance pour pouvoir raconter cette histoire-là.

« Je venais tout juste de valider ma dernière année de journaliste quand l’affaire De Luca n’est tombée dessus… », commença-t-elle.

Sans laisser le moindre vibrato émousser l’objectivité de son résumé, elle lui expliqua comment une ado lui était tombée dessus alors qu’elle était en train de documenter un reportage sur une histoire d’inspection sanitaire achetée avec un pot de vin. Une ado qui lui avait jeté à la face qu’il y avait tellement plus grave dans le quartier qu’une anarque à la pizza au peppéroni. C’était caricaturé évidemment mais c’était à peu près comme ça qu’elle avait commencé à s’intéresser aux affaires des De Luca. Rapidement, elle lui décrit aussi sa rencontre avec l’inspecteur Ochoa dans un appartement miteux de Little Italy où Vince s’était pris pour un nouveau Goya. La façon dont le NYPD l’avait gentiment mise au placard après avoir récupéré tous les éléments qu’elle avait recueillis et comment elle n’en avait fait qu’à sa tête malgré son manque de maturité dans le métier. Elle lui raconta tout, les scènes de crime, le profil des victimes, celui des membres de la mafia et tout leur petit business, maîtrisant sans le vouloir une certaine forme de suspens, jusqu’à cette fameuse nuit.

Là, elle marqua une pause, trempant pour la première fois ses lèvres dans le verre qu’il lui avait servi un peu avant.

« J’avais entendu dire qu’il allait y avoir "négociation" avec Visconti – le propriétaire de l’épicerie fine – ce soir-là. », à la façon dont elle appuyait sur ce terme de négociation, il n’était pas difficile de voir se profiler une autre issue tragique. D’autant qu’arrivée à ce stade de son histoire, Zooey avait largement décrit les méthodes de la famille. Trafic en tout genre, prostitution, extorsion de fonds et abus d’influence, tel était le quotidien de ceux qui vivaient dans la zone d’influence du parrain. Elle n’allait pas revenir là-dessus, « Je connaissais déjà les habitudes de De Luca et Vince était de la partie ce qui sous entendait que Visconti avait une chance sur deux de finir comme les autres au fond de l’Hudson. J’aurais dû prévenir Dano à ce moment-là mais j’avais peur qu’il débarque avec toute la cavalerie et qu’on n’ait encore rien pour faire inculper les De Luca.»

Il comprendrait sans doute la logique de ce raisonnement étant donné l’enfilade d’échecs qu’elle venait de lui décrire et particulièrement l’anecdote avec le gamin planqué dans le conduit d’aération.

« J’aurais dû lui faire confiance. Ça a été ma première erreur. », là-dessus, elle enchaîna sur son plan, qui était plutôt simple et pas trop mal pensé en vérité.

Elle s’était introduite dans le grand entrepôt que les services d’hygiène avaient bouclé depuis des années et qui servait de repaire aux mafieux. L’ossature métallique du bâtiment offrait de nombreux points d’observation, plutôt difficiles d’accès, d’où elle pourrait tout observer sans risquer d’être vue. Elle avait pensé à passer son téléphone en silencieux histoire de ne pas se griller pour un truc bête et avait attendu, à plat vendre, dans un recoin en surplomb, que les De Luca débarquent avec leur invité. Ne lui restait plus qu’à filmer sans broncher jusqu’à ce que la mafia vide les lieux. Pas bien compliqué en soi même si elle n’avait pas été tout à fait sûre à ce moment-là de pouvoir assister à un meurtre sans bouger une oreille.

« Je me rappelle. Vince avait cet air… comme s’il n’était pas vraiment à ce qu’il faisait. », commenta-t-elle alors qu’elle décrivait l’arrivée des personnages de son histoire. Un pauvre diable qui avait visiblement déjà passé un sale quart d’heure. Pas de femme ni d’enfant cette fois-ci. Dino le fils du parrain, son frère Vince le tatoueur, et quelques gorilles. Chacun jouant parfaitement le rôle qui lui avait été assigné. Vince dans son coin attendant son moment. Dino qui déroulait son script, toujours plus inventif pour ce qui était des menaces. Visconti qui tenait tête. Il ne voulait pas d’une cette vie de servitude qui lui permettrait à peine de tenir à flot un commerce qui en apparence aurait dû faire sa fortune. « Tout se passait selon le plan. Cesare avait même rejoint la partie quand la batterie de mon dictaphone de secours a lâché... »

Un petit bip de rien du tout qui avait failli lui coûter cher. Une erreur de débutante. Elle termina le verre que Sean lui avait servi tout en lui expliquant comment les De Luca lui étaient tombés dessus et l’avait laissée en tête à tête avec Vince et Dino. Elle s’était retrouvée ligotée à la chaise où Visconti avait été cuisiné un peu avant, le jean sur les chevilles et l’aiguille du dermographe de Vince qui courrait sur sa peau. Autant dire qu’elle n’était pas très à l’aise avec cette partie de l’histoire et d’ailleurs à aucun moment son regard ne croisa celui de Sean.

Elle poursuivit en lui racontant comment les forces spéciales, le soi-disant inspecteur Ochoa en tête, avait débarqué et lui avait sauvé la mise.

« Après ça j’ai intégré le programme de protection des témoins. Dano a assuré ma surveillance rapprochée jusqu’au procès des De Luca. Avec les autres témoins, les éléments de mon enquête et ceux de la police, la plupart des chefs d’accusation ont pu être validés. Y a que Vince qui est passé au travers. Après tout, tout ce qu’on pouvait prouver c’était les tatouages et quelques autres faits mineurs, pas les meurtres. »

Elle ne s’étendit évidemment pas sur la façon dont sa relation avec l’inspecteur en qui elle n’avait pas eu confiance au départ avait évoluée pendant ces semaines de surveillance… Elle s’éclaircit la voix, reposant son verre. Elle y était resté accrochée tout le long sans vraiment s’en rendre compte. Le silence retomba. Une heure s’était échappée pendant qu’elle parlait. Ça n’était plus une visite en coup de vent du tout.


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MessageSujet: Re: I Shot You Down... Bang Bang   Lun 1 Mai - 21:47

I shot you down

ft. Zoo


I hit the ground
La manière dont Zoo avait avancé, doucement mais fermement, qu'ils avaient intérêt à s'asseoir, laissait supposer à Sean qu'il n'apprécierait pas ce qu'il allait entendre. D'abord, elle avait commencé par hésiter à répondre à sa demande, d'une manière qui avait immédiatement mis la puce à l'oreille du propriétaire de la scierie : qu'importait que leur histoire se soit terminée il y a longtemps, ou encore qu'ils été aient en froid dernièrement, au final, il la connaissait trop bien pour ne pas deviner que les minutes à venir seraient longues. Ils avaient fini par s'installer dans les deux gros fauteuils confortables qui trônaient face à face, à côté de la cheminée pour le moment éteinte. Et Zoo avait commencé, avec la même hésitation que Sean n'avait jamais entendu dans sa voix, hormis quand ils avaient rompu leurs fiançailles. Ses débuts de journaliste, la mafia italienne, et toujours sa satanée curiosité. Face à son ex, Sean ne tenait que difficilement en place ; plusieurs fois, même, il se leva. D'abord pour allumer un feu dans la cheminée, puis pour remuer le feu en question, bien qu'il n'en ait pas eu besoin.
Martyriser ainsi la bûche dans l'âtre, qui ne demandait rien à personne, lui évitait d'exploser et d'abreuver Zoo de reproches pour avoir été aussi naïve. Avoir voulu faire cavalier seul face à la mafia ... mais quelle connerie ! Tandis qu'elle lui expliquait ses raisons de ne pas avoir prévenu son acolyte - dont le nom faisait grincer Sean des dents, mais pour des raisons qui n'avaient rien à voir avec cette enquête italienne - l'ex-militaire liquida son whisky, avant de s'en resservir un de la bouteille qu'il avait fort à propos prise avec eux. Sa haine n'allait évidemment pas à son ex - à elle, il réservait de la colère - mais à ces types qui s'en étaient pris à elle. Comme Zoo venait à son tour de finir son verre - beaucoup moins vite que lui - il la resservit manu militari, même si elle s'y cramponnait toujours, à la fois impatient d'entendre la suite, et tellement peu pressé que ce soit le cas...
S'il n'avait pas été aussi aveuglé par la colère, sans doute aurait-il conclu la même chose que Zoo : elle n'avait juste pas eu de chance, un jour où il aurait fallu que les étoiles s'alignent bien pour elle. Peut-être même l'aurait-il réconfortée, mais au lieu de ça, la seule chose à laquelle il pensait, c'était de tuer ce Vince qui avait marqué son ex à vie. Une dernière fois, il se leva, et s'appuya au manteau de la cheminée, le dos tourné à Zoo. Ta venue à Redwood, ça a un quelconque rapport avec tout ça ? Ou c'est lui qui te poursuit ? Toutes ces questions ... il s'en foutait royalement, maintenant que le mal était fait. Maintenant que non seulement Zoo retrouvait ses vieux démons, mais que toute sa famille à lui était mêlée à ça. Mais une nouvelle fois, cela lui évitait de devenir fou. Et ce d'autant que son cerveau était, par ailleurs, complètement vide : hormis le mal qui avait été fait à Zoo, il ne pensait pas à grand-chose.

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MessageSujet: Re: I Shot You Down... Bang Bang   Dim 14 Mai - 21:31



Sean s’était mué en un monstre d’agitation à mesure que le récit de son ex avancé. Zooey ne l’avait d’ailleurs jamais vu si près de perdre son sang-froid. Peut-être la fois où il l’avait retrouvée parquée avec d’autres honnêtes citoyens de Redwood Hills dans une vieille mansion investie par la Rose lunaire. Encore que ça n’avait pas de commune mesure. Cette fois-là il avait gueulé un bon coup et s’était rasséréné devant une abominable piquette qu’ils avaient bu ensemble. Ici, la boisson était divine, c’était l’histoire qui était amère comme le fiel. Malgré tout, Zooey continuait à dérouler le fil de son histoire coûte que coûte. Il lui fallait arriver au bout sans rien omettre car elle n’avait aucune envie de devoir égrainer ce mauvais souvenir au compte-goutte des questions que Sean lui poserait si elle essayait de lui servir la version abrégée.

Elle le suivit du regard sans vraiment le regarder, les yeux posés tantôt sur son verre tantôt sur les flammes. Il la resservit sans qu’elle proteste même si elle n’était pas tout à fait sûre que ce soit une bonne idée. Elle y trempa les lèvres malgré tout, s’attendant à ce que la tempête Sean explose. Elle avait parfaitement conscience de mettre les Howell en danger. Mais elle ne comptait pas attendre que Vince lui donne l’occasion de regretter quoi que ce soit. Il fallait se débarrasser de lui au plus vite. Et il n’y aurait pas de bonne ou de mauvaise manière…

« Ta venue à Redwood, ça a un quelconque rapport avec tout ça ? Ou c'est lui qui te poursuit ? »
« Non je te l’ai dit : si je suis venue ici c’est uniquement pour garder un œil sur le vieil ami de mon père. », cette fois-ci elle ficha son regard dans le sien. Elle ne voulait pas lui donner l’impression qu’elle aurait pu venir se cacher dans les jupes de son ex ou quoique ce soit du genre. La situation avait beau être un brave bordel, elle assumait et faisait front avec un aplomb qui était tout à son honneur, « Cesare De Luca est mort il y a à peu près un an de cela. Cancer. Je suppose que ça a dû remettre certaines choses en perspective… », expliqua-t-elle l’air songeur.

En vérité, elle pensait déjà à la façon dont elle pourrait se débarrasser de Vince. Légalement ou non. Est-ce qu’elle remonterait jusqu’aux origines du mal. Il fallait encore trancher.

« Je suis à peu près certaine que si Vince est ici c’est uniquement parce que Dino lui met la pression – l’aîné De Luca – Je me suis renseignée. Vince a jamais autant pris de nouvelles de son frère que depuis la mort du patriarche. Dino doit vouloir reprendre les rennes et la meilleure façon de le faire c’est encore de montrer que même du fin fond de sa cellule, il est capable de terminer le sale boulot de son père. Sinon pourquoi m’avoir laissé le champ libre tout ce temps… Vince me l’a dit de toute façon. Il est venu à Redwood Hills pour me pousser à bout. »

Elle réfléchissait à haute voix plus qu’autre chose mais cela répondait tout de même à la question de Sean sans laisser l’ombre d’un doute. Zooey trempa à nouveau les lèvres dans son verre. Tout cela Sean n’avait pas vraiment besoin de l’entendre. C’était avec Dano qu’il fallait en discuter. Si elle était venue là, c’était surtout pour le mettre en garde, comme elle le lui avait dit précédemment :

« Bref, ça n’a pas d’importance que ce soit Dino ou Vince. Je voulais juste que tu saches pour pas te laisser embobiner. Que tu puisses rester vigilent au cas où même si je compte pas laisser cette affaire traîner encore cent sept ans. Ça ne sera qu’une question de jours maintenant. Du moins je l’espère. »


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MessageSujet: Re: I Shot You Down... Bang Bang   Lun 22 Mai - 22:50

I shot you down

ft. Zoo


I hit the ground
Petit à petit, et d'autant plus que la colère immédiate laissait place à quelque chose de plus décidé, Sean comprenait la situation dans son ensemble. Zoo avait participé à faire tomber un réseau mafieux, mais faut d'avoir pu en couper toutes les branches, elle se retrouvait aujourd'hui en danger. Le décès du parrain avait vraisemblablement réanimé de vieux plans de vengeance, que Vince de Luca avait commencé à accomplir. Dans tout cela, Sean ne comprenait pas encore bien comment la famille de Luca comptait assouvir sa revanche : à considérer les choses de manière pragmatique, l'ex-militaire ne voyait pas bien ce qu'il pouvait y avoir de compliqué à tuer Zooey. Une arme neuve, ou qu'on ne pourrait identifier d'une manière quelconque, un coin tranquille ... ce n'était pas comme si son ex vivait ici de manière particulièrement prudente, elle allait même faire du jogging seule, dans la campagne ou les bois. Donc si elle n'était pas encore morte, c'est qu'il y avait autre chose.
Selon Zoo, il s'agissait de la pousser à bout. Soit, mais Sean ne comprenait toujours pas le but final. Te pousser à bout pourquoi ? Je peux encore comprendre la volonté de se venger. De s'en prendre à tes proches, ou moins proches. Mais te pousser à bout ? Et quoi ? Ensuite tu agresses Vince ? Compte tenu des circonstances, j'suis sûr que ça ne t'emmènerait même pas jusqu'en prison. Comprends moi bien, c'est pas ce que je veux mais ... si je voulais vraiment me venger de toi, je te tuerais. Affaire réglée. Tout cela n'était que façon de parler, bien évidemment. Même fâché contre elle, elle ne lui serait jamais venu à l'idée de lui faire de mal - si on excluait l'attitude guère sympathique qu'il avait eue ces derniers temps. A vrai dire, maintenant qu'il savait que Vince l'avait manipulé, et qu'elle était en danger, il avait surtout envie de la protéger. Pas dit qu'elle le laisse faire, pourtant : elle semblait décidée à ne pas l'impliquer, comme si c'était encore possible. Parce que tu crois que je vais en rester là ? Et quoi ? Je préviens ma famille, je leur dis de se méfier, mais toi je te laisse te démerder ? C'est la mafia ... Ils ont déjà failli te tuer, alors je veux bien que ton pote, ou ex, ou coéquipier, ou je sais pas quoi, veille sur toi, mais on sera pas trop de deux si tu veux mon avis.

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MessageSujet: Re: I Shot You Down... Bang Bang   Ven 26 Mai - 10:36



Sean n’avait pas l’esprit assez retors pour comprendre les dessins de Vince et c’était rassurant d’une certaine façon. De son côté, si Zooey lisait en lui comme dans un livre ouvert c’était qu’elle avait fait intimement connaissance avec les méthodes du mafieux. C’était même sa meilleure arme contre lui pour ne pas dire la seule qu’elle ait.

Elle éclata de rire quand il lui fit part du plan qu’il aurait élaboré à la place de Vince. Simple. Efficace. Plus passionnel que calculé.

« Double crime passionnel. Je ne suis pas sûre que le Redwood Echo ait souvent eu aussi croustillant à se mettre sous la plume. », évidemment dans ce scénario elle lui aurait rendu la pareille. Mais ils n’étaient pas dans un de ces films à l’eau de rose mettant en scène l’amour vache jusqu’au bout. Ils étaient dans une réalité bien plus sombre. Du moins elle, l’était.

« Vince est un artiste – pervers certes mais ses scènes de crime ont toujours eu quelque chose de plus. Il soigne ses meurtres, les met en scène et surtout il connait toujours ses victimes. Me pousser à bout pour que je l’agresse ce serait un début j’imagine mais ça ne lui suffirait pas. », son visage se referma quelque peu. Elle repensait au pantin désarticulé de Louisa Amari qu’ils avaient retrouvé un beau matin de printemps au pied de son immeuble, quelque dix étages plus bas. Un Goya d’inspiration Pollock, éclaté à même le trottoir, « Vince est le genre à aimer les solutions plus… définitives. Me couper de mon entourage c’est un bon début mais je vais pas laisser une foutue hirondelle décider de mon sort moi. »

Comme elle disait cela, ses doigts jouaient nerveusement dans le vide. Elle avait beau s’accrocher à son pragmatisme, l’hirondelle de la mort était toujours bien là, encrée dans sa peau, et elle la travaillait depuis déjà des années. Il s’en serait fallu de rien pour qu’elle craque et Vince le savait. Pas question pour elle d’embarquer quelqu’un de plus dans cette histoire et, malgré toutes les qualités qu’elle pouvait bien reconnaître à son ex, elle ne voudrait jamais céder là-dessus. Surtout pas à lui. Bien sûr, il ne pouvait pas l’entendre de cette oreille-là.

« Parce que tu crois que je vais en rester là ? Et quoi ? Je préviens ma famille, je leur dis de se méfier, mais toi je te laisse te démerder ?»
« Oui, d’autant plus que toi tu as une cible dans le dos. Tu serais en première ligne. » , elle n’irait pas jusqu’à lui dire que ça lui importait plus à elle qu’à Vince mais c’était le cas évidemment.

Elle ne répondit pas sur les différents qualificatifs attribués à Dano. Ça n’était pas le moment. Ça ne le serait probablement jamais. Pour ça, il aurait fallu que Zooey et Sean aient plus qu’une relation mi pointillés mi montagnes russes. Ça ne le regardait pas ce que Dano était pour elle.

« Sean, je pense qu’il est grand temps qu’au moins un de nous deux assume d’arrêter d’interférer dans les affaires de l’autre. », opposa-t-elle d’une voix posée quoique ferme. Elle parlait autant pour lui que pour elle et la scène de jalousie qu’elle lui avait faite au campement indien. La jeune femme ne le regardait d’abord pas dans les yeux mais dans un second temps, ses iris de velours noir vinrent le frapper sans détour, « Tu vas dire que je te ferme la porte et j’assume. Mais je peux pas jouer au yoyo émotionnel toutes les cinq minutes. Surtout pas en ce moment. Je préfère avoir les idées claires. »

Elle eut un pincement au cœur en le disant. Quelque chose en elle aurait toujours envie qu’il interfère mais si ça ne devait jamais mener à rien il valait mieux en rester là. Et c’était aussi sans doute le plan de Vince de la garder occupée à des querelles d’amoureux plutôt qu’à penser à la meilleure façon de se débarrasser de lui.


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MessageSujet: Re: I Shot You Down... Bang Bang   Sam 27 Mai - 11:27

I shot you down

ft. Zoo


I hit the ground
Sur le coup, Sean ne comprit pas bien où son ex voulait en venir avec son crime passionnel. Lui parlait de la tuer froidement, à la place de Vince quoi. Et puis, pourquoi "double" ? Son colocataire n'avait pas encore trouvé sa place dans la discussion, quelques que soient les sentiments que Sean lui portait, n'est-ce pas ? Donc ? Ahhhhhh ... Elle parlait d'elle en fait. Oui ... le patron de la scierie les imaginait assez bien en train de se déchirer au milieu de la cuisine ou du salon. Ce n'était pas leur genre, de se disputer, à l'époque, mais avec leurs caractères explosifs ... Amusé à son tour, il la gratifia d'un clin d'oeil qui fut le dernier moment joyeux de cette discussion. Trop vite, la réalité de la situation avait repris sa place.
Un artiste ? Plutôt un malade psychopathe. Un type qui tue comme tu le dis a surtout de gros sujets à résoudre avec lui-même. Tuer n'était pas un jeu. Ca n'avait rien de beau. Sean avait dû le faire en Afghanistan, parce qu'arrivent toujours des moments où c'est soi, ou celui en face. Il n'y a aucune gloire à tirer d'ôter la vie à qui que ce soit, rien qui justifie qu'on se qualifie d'artiste. Mais Vince n'était certainement jamais allé sur le théâtre d'une guerre, découvrir la mort crasse, celle qui attend au coin d'un chemin, qui ne prévient pas, et qui frappe à l'aveugle, sans même se préoccuper d'effectivement tuer. Cette mort-là, Sean ne la connaissait que trop. Rentrer au camp, découvrir qu'un type d'une unité quelconque ne rentrerait pas, ou pas entier ... Il ne l'avait que trop vécu. Et encore ... dire que cette campagne en Afghanistan avait fait moins de morts que les conflits précédents ; l'ex-militaire n'osait imaginer ce que ç'avait pu être autrefois.
Ce que Sean connaissait aussi, c'était les morts "bizarres", les gourous qui venaient s'installer dans une campagne paisible pour y implanter une secte, et semer des cadavres. Le sujet n'avait jamais passionné le patron de la scierie, d'abord parce qu'il était trop jeune, puis parce que tout ce qui touchait à la mort ne l'avait plus intéressé, mais ça n'était pas anormal. C'était exactement ce qui pouvait se passer dans le fin fond du Vermont. Ca, et des crimes passionnels. Des histoires familiales un peu glauques. Pas la mafia. Vince ne l'effrayait pas en tant qu'individu. Il était incontestablement dangereux, mais il n'avançait pas masqué. La finalité de ce qu'il voulait, Sean la connaissait. Ce qui inquiétait plutôt l'ex-militaire était l'idée que la mafia se cachait derrière, avec des moyens sans doute plus que corrects. La mafia, ce n'était pas pour leur campagne. C'était pour les grandes villes, et la une des journaux nationaux. Jamais Zoo n'aurait dû se trouver mêlée à ça, et c'était une des raisons qui faisait qu'il tenait absolument à contribuer à en finir avec cette histoire. Et tu crois que ça va me convaincre de rester planqué chez moi pendant que tu pars à la chasse à un criminel qui t'en veux personnellement ? Ton coloc ne t'a pas raconté ce que c'était, la guerre ? Les embuscades, les zones piégées sans que tu le saches ? Je suis rentré parce que mon unité avait sauté sur une bombe. J'ai perdu deux frères d'armes, un autre n'a plus de jambes. Tu crois que Vince me fait peur ? Ou qu'être une cible me fait peur ? Soldat à Kandahar, c'est avoir une cible dans le dos dès que tu quittes le camp. Merci de ta sollicitude, mais je connais bien tout ça. Et il était hors de question que ça suffise à le faire reculer. Il mettrait sa famille à l'abri, même sans savoir encore comment, et il aiderait son ex. Point barre.
La suite, pourtant, calma ses ardeurs. Ce que Zoo lui disait ressemblait fort à des mots de rupture, si tant est qu'il y ait eu quoique ce soit à rompre entre eux, après le froid dans lequel il les avait plongés ces dernières semaines. C'était à son tour de le faire taire, avec sa façon calme et décidée d'annoncer les choses, comme s'ils devaient se dire adieu une fois de plus. Cette perspective le dérangeait, comme une démangeaison qu'on situe mal et dont on n'identifie pas l'origine. Elle lui fermait la porte, oui ! C'était exactement ça ! Mais qui l'avait ouverte ? La même personne qui se plaignait aujourd'hui de jouer au yoyo émotionnel ? Et lui alors, merde ? PARDON ? Non mais tu te fous de ma gueule ? Je dois te rappeler qui s'est pointé ici ? Qui a proposé qu'on se revoie ? Bon ... il avait sauté sur l'occasion, mais un peu de mauvaise foi ne nuisait jamais dans ce genre de situation. TU joues au yoyo émotionnel ? Et moi ? On couche ensemble, et l'autre espèce de coq débarque ! Il est tellement jaloux que c'en est risible et que ça dit tout sur vous, mais c'est toi qui joues au yoyo émotionnel ? Et sous prétexte que ça ne te convient plus, tu crois que tu peux me dire de dégager comme ça ? Mais fallait pas rester par ici ! C'est trop tard pour penser que tu peux fermer la porte, comme tu dis. Et c'était sans lui rappeler qu'en plus, maintenant, toute la famille Howell était dans une situation potentiellement merdique.

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MessageSujet: Re: I Shot You Down... Bang Bang   Sam 27 Mai - 12:46



Elle aussi avait eu cette réaction la première fois qu’elle avait entendu Vince se dépeindre en artiste. Mais le terme était resté, peut-être parce qu’il décrivait exactement la perversité de l’homme qui s’en était affublé. La journaliste ne manqua pas de glisser que ce terme n’était pas le sien mais elle ne développa pas beaucoup plus car ça n’était pas là le cœur de la discussion. Ce qui lui importait surtout c’était que Sean se tienne à distance de tout cela, ce qui visiblement n’était pas dans ses projets à lui. Elle garda dans un coin de sa tête cette confession qu’il lui faisait à chaud sur les véritables raisons de sa retraite. La guerre ça n’était pas le jeu auxquels des milliers d’ado se plaisaient à jouer. C’était l’horreur et la mort. Elle n’avait pas eu besoin de deux ex militaires pour l’apprendre.

« Tu crois que Vince me fait peur ? Ou qu'être une cible me fait peur ? », jeta-t-il comme pour disqualifier toute opposition de sa part.

Pourtant Zooey ne lâchait pas l’affaire.

« A moi ça me fait peur ! », il y avait presque quelque chose de désespéré dans la façon dont elle lui avait rétorqué ça. Quelque chose qu’un autre aurait pu comprendre comme un je t’aime quand même assez pour ne pas prendre le risque mais il y avait peu de chance que l’orgueil des Howell puisse décrypter cela. Lui ne verrait sans doute que son regard de lionne prête à en découdre. Ils ne s’étaient jamais vraiment disputé avant ça. Ça avait toujours été gentillet. Peut-être que c’était ça qui leur avait manqué pour s’accrocher l’un à l’autre aussi désespérément qu’ils étaient en train de le faire là, tout en faisant mine de s’opposer. Et la tentative de Zooey de dépassionner tout cela ne fit qu’aggraver les choses. La conversation monta aussitôt dans les tons et voilà qu’elle se retrouvait devant un Sean Howell ulcéré, prêt à rejeter sur elle l’entière faute de leur lamentable échec :

« QUOI ?!!! Non mais je rêve ! Mieux vaut entendre ça que d’être sourde !!! Comme si j’étais venue là dans l’intention de -  » mais elle n’eût même pas l’opportunité de terminer que Sean l’accusait déjà de l’avoir poussé à la faute. C’était mal connaître l’esprit minutieux de son ex que de s’imaginer qu’elle ne se rappelait pas de tout dans les moindres détails, particulièrement si elle était vexée « Je te rappelle que c’est TOI qui m’a invitée à dîner pour commencer ! », si on en était à tomber dans le cliché de la peste rancunière, Zooey pouvait jouer le jeu et elle le jouerait à fond, à commencer par ce dîner post entretien à la bibliothèque dont toute relation purement professionnelle aurait pu se passer. Evidemment elle ne reparlerait pas de la fois où elle lui avait suggéré de se trouver d’autres raisons de se voir que le boulot. Chacun son tour pour la mauvaise foi.

Ne manquait plus que jeter Dano sur le tapis – ce que Sean ne manqua pas de faire – et la boucle était bouclée.

« Je te signale – soit dit en passant – qu’il s’est passé quoi … au moins deux siècles ! entre le moment où on a couché ensemble et le moment où Dano est arrivé vu que tu préférais faire le mort plutôt que d’assumer que ça t’avait ramené dix ans en arrière !! », pour ne pas reparler de ce fameux silence radio, « Et pour ta gouverne, Dano est mon meilleur ami ! Il n’est pas jaloux, comme tu le sous-entends, simplement il a du mal à faire la part des choses avec un type qui est tellement pas capable d’assumer qu’il serait prêt à croire n’importe quoi de n’importe qui plutôt que de me dire en face qu’il m’aime toujours ou que c’était qu’un putain de coup d’un soir !!!! »

Elle n’avait probablement jamais craché autant de mots à la seconde ! Ses jolis yeux en amande étaient devenus deux meurtrières accusatrices.

« Et encore ! moi j’ai pas eu la classe de lever un autre mec devant toi au moins !!! », si Dano n’était pas jaloux – du moins de l’avis de la brunette – elle, l’avait été. Jalouse comme un pou de voir son ex fiancé la snober et roucouler avec une autre juste sous son nez. Elle les aurait tués tous les deux et abandonnés dans un fossé.

C’en était trop. Il fallait qu’elle se calme avant de s’abaisser encore plus qu’elle ne l’avait déjà fait. Elle prit une longue inspiration, ferma les yeux cinq secondes et passa la main sur son visage comme pour se défaire de toute cette colère. Pourtant, lorsqu’elle reposa son regard sur Sean, la colère était toujours là, prête à sourdre au premier mot mais elle avait retrouvé des intonations plus calmes :

« Tu sais Sean, j’aurais pu aller n’importe où avec toi. J’aurais pu me marier avec toi. J’aurais pu avoir des enfants avec toi. Ce genre de choses qui me passent là avec tous les autres. Mais ça n’arrivera jamais parce que t’as trop peur ou parce que je suis trop conne d’y avoir cru, je sais pas. J’en sais rien. Tout ce que je sais c’est que c’est pas avec ce genre de mec que j’ai envie d’être et que j’ai pas non plus envie de faire comme toi, comme si de rien n’était. Comme si tout allait bien. Ça suffit. C’est juste con, comme tout le reste de notre relation, c’est tout ce que j’ai à dire. »

Elle resta encore un bon moment à le fixer, comme si elle avait essayé de trouver une image de lui qu’elle aurait eu envie de garder dans ce soldat de fer qui lui faisait face. A nouveau elle soupira, désespérée par son inflexibilité puis elle se détourna de lui, prête à partir.


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MessageSujet: Re: I Shot You Down... Bang Bang   Lun 29 Mai - 23:27

I shot you down

ft. Zoo


I hit the ground
Ce n'était pas du tout la discussion que Sean s'était attendu à avoir avec Zoo ; de toute façon, depuis ce jour où Vince de Luca avait sous-entendu qu'elle et lui avaient partagé quelque chose, l'ex-militaire n'avait plus eu la moindre envie d'une quelconque conversation avec son ex-fiancée, et ne l'avait pas plus imaginé. Il n'avait jamais été porté sur la rêverie ; les choses devaient se vivre, sinon tant pis. Bilan : son jambalaya attendait seul, à la cuisine, et serait probablement dégueulasse parce que depuis de longues minutes déjà, il découvrait pêle-mêle qu'elle était en danger, que lui aussi par ricochet, qu'il s'était royalement planté en l'évitant, et tout un tas d'autres choses que sa fierté lui interdisait de reconnaître. C'était la recette idéale pour que la discussion dérape sur une bonne engueulade, comme en cet instant où elle refusait qu'il serve de cible, où il disait s'en foutre, et où elle refusait encore. Comme s'il lui demandait son avis ! Elle avait peur de ce que Vince pourrait faire ? La belle affaire ! En fourrant son nez dans les affaires de la mafia, il y a de ça de nombreux mois, n'avait-elle pas réfléchi un seul instant aux conséquences ? De toute façon, l'enregistrement disait qu'il était d'ores et déjà en danger, alors un peu plus ou un peu moins ... Et comme ça, au moins, il le serait pour de bonnes raisons, pas en étant lâche. Franchement, comment son ex pouvait-elle penser un seul instant qu'il fut couard ? C'était ça l'opinion qu'elle avait de lui ? C'était vexant, et comme ça n'allait pas dans son sens, ça le fâchait d'autant plus. La situation était simple, finalement. Enfin ... toutes proportions gardées ... C'est trop tard pour avoir peur. La peur, c'est ce qui aurait dû te prémunir de faire des conneries ! Maintenant on termine ça ensemble ! Qu'elle le veuille ou non, d'ailleurs ! Qu'aurait-elle pu dire pour le convaincre du contraire, de toute façon ?
Bon ... OK. Il est possible qu'elle ait su comment le faire taire. Quoiqu'il ait pu dire pour essayer de se défendre, ou rejeter sur elle la faute de leurs retrouvailles - ce qui était la vérité, soit dit au passage - aucun de ses propres arguments ne faisaient autant mouche que ceux de son côté. Il était battu, et plus encore quand elle se lança dans sa dernière tirade. Parce qu'il n'était pas question de retour de flamme, pas non plus de coucherie d'un soir ; parce qu'elle parlait bébé et qu'une famille était précisément ce qui lui manquait cruellement ; parce qu'elle faisait toujours de lui une relation spéciale ; parce qu'elle l'accusait d'avoir peur. C'était beaucoup trop d'informations pour lui, qui le laissèrent muet. Tout juste rendit-il son regard à Zoo, un regard toujours aussi sévère, le seul qu'il était capable de proposer en l'instant. Une seconde plus tard, elle avait quitté le salon, et la porte d'entrée claquait.

Il s'était écoulé peu de temps quand Sean sortit à son tour sur l'étroite terrasse qui courait tout autour de la maison ; il était tard, et dans l'obscurité de la cour de la ferme uniquement éclairée d'une lampe sous le porche et d'un lampadaire vers le portail, le propriétaire de la scierie fut incapable de distinguer son ex. Jusqu'à ce que les feux d'un voiture s'allument à leur tour, l'éblouissant. Par réflexe, il porta la main devant ses yeux, tandis que Zoo manœuvrait bien plus vite qu'une New Yorkaise aurait dû en être capable. Sean n'avait pas la moindre idée d'où tout ça était en train de les emmener, mais son instinct lui disait de ne pas la laisser partir, alors, il fit la seule chose qui lui parut à même de la retenir : il courut jusqu'au portail, et se jeta devant la voiture, bras écartés, pour la forcer à s'arrêter. Elle roulait trop lentement - heureusement - pour que la sensation du pare-choc contre le bas de sa cuisse fasse mal. Cela lui donna simplement les quelques secondes qui lui étaient nécessaires pour monter à la place passager, tandis que Zoo reprenait ses esprits. Stop. Il n'avait aucune idée de quoi lui dire, mais au moins, il ne lui offrait pas l'opportunité de lui tourner le dos.

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MessageSujet: Re: I Shot You Down... Bang Bang   Mar 30 Mai - 13:44



Elle aurait bien pu s’adresser à un mur. Le résultat aurait été tout aussi probant. Lui rappeler que tout cela s’était passé il y a dix ans ? Reconnaître une énième fois une erreur de débutante ? Elle avait déjà donné dans le registre et ça ne faisait pas avancer les choses. Lui non plus ne les faisait pas avancer en campant sur ses positions. Il voulait en être et ce n’était certainement pas pour rajouter un peu plus de piquant dans sa vie mais il était bien trop obtus pour reconnaître quoique ce soit. Zooey n’était même pas certaine qu’au fond de lui-même Sean sache ce dont il avait vraiment envie.

A présent, il n’était plus vraiment question de De Luca. Plus de ce qui s’était passé, ou plutôt ce qui ne s’était passé entre eux. Notre citadine aurait pu traiter son ex comme n’importe quel homme. Elle l’aurait peut-être dû. Le laisser tomber dans l’oubli le plus total. Passer à un autre, plus volontaire, qui de toute manière ne serait pas là pour rester. Mais elle n’en était pas capable. Finalement, incapable de résoudre cette équation insupportable, elle préféra tourner les talons, à bout de cris et d’argument. La portière de la voiture claqua derrière elle et entendre le moteur ronflait apportait presque déjà une forme de soulagement. L’idée qu’il lui restait un petit bout de route pour se défouler, se calmer et retrouver son appart où Dano et Curly l’attendaient sans vraiment l’attendre sans doute. Elle était presque au portail quand une silhouette se jeta devant le pare-choc. Elle écrasa le frein par réflexe, choquée. La portière passager s’ouvrit, laissant Sean s’installer à la place du mort.

« Non mais t’es complètement malade !! », rugit-elle sur le coup de l’émotion.

Elle passa les deux mains sur son visage livide, laissant échapper une profonde expiration. Il venait de lui faire la peur de sa vie. Ce n’était pas le genre de blague à faire à quelqu’un qui avait son permis depuis moins d’un an, si tant est qu’on ait pu mettre ça sur le compte de l’humour. Le silence retomba, à peine troublé par le ronronnement du moteur et les aboiements des chiens. Ils étaient dans une bulle de promiscuité. Un huis clos insupportable dont elle aurait voulu s’échapper et pourtant, elle ne faisait rien pour. Les yeux fermés, la tête renversée contre l’appui-tête, Zooey attendait. Qu’il parle. Qu’il s’explique. Qu’il dénoue le nœud inextricable de ses sautes d’humeur. Mais rien. Seulement le silence.

« Qu’est-ce que tu veux au juste ? Explique-moi parce que là je comprends pas… », demanda-t-elle d’une voix lasse après cinq bonnes minutes de silence. « Pourquoi tu me laisses pas partir ? »

Comme souvent avec Zooey la question était double. Il ne s’agissait pas seulement de la laisser aller retrouver ce cher Danilo Ochoa que Sean avait l’air de porter dans son cœur. Elle lui offrait une porte de sortie à cette relation qui ne disait pas son nom. Pourquoi ne la prenait-il pas lui qui se récriait et s’offusquer à chacun des pas qu’elle avait fait vers lui ? Elle avait au fond d’elle une réponse. Restait à savoir si ce serait celle du Sean qui était assis dans le noir à côté d’elle.



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MessageSujet: Re: I Shot You Down... Bang Bang   Dim 4 Juin - 21:51

I shot you down

ft. Zoo


I hit the ground
Bon, et maintenant qu'il était dans la voiture de son ex après s'être jeté devant ses roues ? Evidemment, Zooey l'avait engueulé pour ça, et il ne lui serait pas venu à l'idée de le lui reprocher. C'était la seule idée qu'il avait trouvée pour la retenir, mais ça n'avait rien de bien malin ; elle roulait trop lentement pour lui faire du mal, certes, mais il y avait de quoi se sentir choquée. Sean avait donc laissé passer l'orage et désormais, un silence pesant s'était installé. A avoir agi sous le coup de la précipitation pour retenir son ex par n'importe quel moyen, il n'avait pas pris la peine de réfléchir à ce qu'il devait lui dire. En avait-il seulement la moindre idée ? Il ne fallait pas qu'elle parte sur ... un malentendu. C'est ça. Elle lui en voulait d'avoir joué l'autruche, et maintenant c'était à son tour de le rejeter. Ils n'étaient pas obligés d'en passer par là. A t'entendre, j'ai tous les torts. Mais mets-toi à ma place : du jour au lendemain, tu débarques à la scierie. La dernière personne que je m'attendais à revoir un jour. Ca m'a rendu ... heureux. Non pas qu'il ait été malheureux à Redwood, il y avait ses amis, sa famille, et surtout son travail, mais Zooey appartenait à un passé plutôt chouette. Et même si les choses ne s'étaient pas déroulés comme ils l'avait prévu, tous les deux, ils avaient été bien ensemble. Alors oui, la revoir avait soufflé un vrai vent de surprise et de joie pour lui. Et d'un seul coup, par hasard, je tombe sur un de tes ex. J'avais aucune raison de remettre en cause ce qu'il disait. En revanche, la probabilité que non seulement son ex, mais aussi un ex de l'ex en question, atterrissent tous les deux aux alentours de Redwood ... Sean ne croyait pas au hasard et en avait tiré des conclusions, qui n'en aurait pas fait autant ? Tu peux m'en vouloir de ne pas t'en avoir parlé, mais j'avais des raisons, que tu veuilles ou non l'entendre. Et quand son coloc était arrivé ... C'avait été en quelques sorte la cerise sur le gâteau, qui l'avait convaincu qu'elle aussi s'était moquée de lui. Après l'épisode Amelia, le choc avait été rude, et même après avoir découvert aujourd'hui que Vince n'avait rien d'un ex pour Zoo, Sean se sentait sur ses gardes, sans doute pas prêt à accorder à son ex ce qu'elle se serait sentie prête, elle, à accorder. Pourtant, ses dernières phrases étaient désormais gravées dans son esprit, il ne pouvait le nier. Sans doute n'avait-elle pas la moindre idée de ce que ses paroles faisaient résonner en lui, et pourtant ... Il y avait tout ce qu'il voulait dans ce qu'elle avait dit, et l'idée même que ce fut avec elle n'était pas incongrue. La seule chose qu'il estimait fausse, c'était qu'il puisse avoir peur. Ce n'était pas le cas. Simplement, il ne voulait pas se tromper ; avec elle, encore moins qu'avec quiconque.

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