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 Judd + Don't ever let It end

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MessageSujet: Judd + Don't ever let It end   Lun 4 Aoû - 13:44


judson howell.

   
l’espoir est dangereux, l’espoir peut rendre un homme fou.

   
   
- haut les coeurs -
   nom. howell. prénom(s). judson david date et lieu de naissance. 9 mai 1984. âge. 31 ans. statut social. modeste, un peu trop statut matrimonial. en couple. orientation sexuelle. hétérosexuel. métier. pompier. caractère. protecteur, sanguin, jaloux, rebelle, courageux, impatient, je-m’en-foutiste… groupe. little talks. A l’époque, Judd avait un an. La famille Howell n’a pas été impactée par la secte mais malgré tout, il le sait, elle a existé et son père a connu certains membres. Il en parle assez peu mais il les côtoyait. Au début, Judson s’en fichait un peu, ça n’était pas son problème – après tout, avec la vie qu’il s’est coltinée, il a déjà fort à faire avec le présent ! – et pourtant, au fil des années, il s’est pris d’intérêt pour l’histoire de Redwood Hills et surtout de la Rose Lunaire. De nombreuses questions le taraudent et il aime jouer les curieux auprès des anciens du village, tenter d’obtenir une explication, de comprendre. Comment ? Comment des êtres humains ont-ils pu céder face à cet homme, malgré tout son charisme ? Etaient-ils si désespérés, ressentaient-ils le besoin de se raccrocher à quelque chose, n’importe quoi ? Judson s’est ainsi penché sur l’étude des sectes et autres sociétés secrètes qui peuplent actuellement notre monde et il doit bien le reconnaître, le sujet le passionne. Un sujet assez glauque, mais il est vraiment intéressé par cette affaire et donc, désireux d’en apprendre plus. crédits. avatar (unicorn)/ gif (weheartit).

   
time of my life.
⊰ ANECDOTE 01. Ses cheveux, c’est toute sa vie. On ne dirait pas comme ça, mais il en prend soin, ça demande du temps, de se donner un look négligé. Offrez-lui un pot de gel pour son anniversaire et il sera le type le plus heureux du monde.  ⊰ ANECDOTE 02. Il n’a pas d’enfant et pour l’heure, ne se voit pas en avoir. L’idée l’effraie assez car il en a la certitude, il ne serait pas un bon père. En attendant, il se voue à Jun, sa nièce. Il s’arrange pour être un tonton exemplaire et le reconnaît bien volontiers, elle le fait craquer, avec ses magnifiques yeux bleus.  ⊰ ANECDOTE 03. Il est pompier mais est presque incapable de gérer une intervention quand il y a des enfants en jeu. Parfois, il arrive à surmonter le problème mais parfois non. Il ne saurait dire pourquoi, mais ça le chamboule énormément, de voir ces mômes blessés.  ⊰ ANECDOTE 04.Il adore un certain nombre de sports et aime regarder le football américain ou le hockey à la télévision avec de la bière et des pizzas à volonté. En revanche, il déteste le base-ball, qu’il n’a plus pratiqué depuis ses treize ans, quand il a arrêté de se rendre aux entraînements.⊰ ANECDOTE 05. Il a un chien âgé de deux ans, Floyd, un berger allemand toujours de bonne humeur qui le suit partout et adore jouer à la balle. Il a parfois l’impression que ce chien le comprend mieux que les humains autour de lui.  ⊰ ANECDOTE 06. Il fréquente régulièrement le bar « The Garnet », il y planterait presque sa tente et connaît tous les barmans. Du fait, il aime l’alcool mais sait se contrôler et y va surtout pour l’ambiance chaleureuse et enfumée.  ⊰ ANECDOTE 07. Il a déjà vécu dans la rue à New-York et c’est une expérience qu’il ne souhaite à personne, même s’il en est ressorti grandi. La violence de la rue, il connaît, mais n’est jamais tombé dans l’excès. ⊰ ANECDOTE 08. S’il ne le montre jamais, il a un certain don pour la chanson et l’an passé, a débuté des cours de guitare. Ainsi, il lui arrive parfois de pousser la chansonnette au bar, mais uniquement dans de grandes occasions. ⊰ ANECDOTE 09. > Il aime les petits-déjeuners anglais, les céréales kellogg’s, les chemises, les films de guerre et les thrillers psychologiques, les cocktails bien alcoolisés. Il adore conduire, surtout dans la campagne du Vermont, ça l’aide à se calmer. En revanche, il déteste la politique et les programmes débiles à la télévision, et courir pour rattraper les transports en commun. ⊰ ANECDOTE 10. Quand il était môme, il voulait devenir astronaute ou dresseur de tigres. C’était avant qu’il se rende compte que la vie est une saloperie. Aujourd’hui, il est juste content d’être en vie. Il flippe à l’idée de ne pas être à la hauteur, d’échouer, de redevenir le môme qu’il était à douze ans, si bien qu’il se réfugie derrière un humour noir par peur de se montrer vulnérable.  ⊰ ANECDOTE 11.  Il fume pas mal et sait déjà que cette saloperie le tuera un jour, mais il s’en fiche – il est pompier, alors quitte à bousiller ses poumons, autant le faire correctement. ⊰ ANECDOTE 12. Il se fait surnommer Judd car il trouve son prénom trop étrange. Ainsi, sauf circonstances exceptionnels, il a pris l'habitude de se nommer Judd et tout son entourage fait de même.


   
the person you are behind the screen

   
prénom et pseudo : linoa & caroline. âge : 21 ans. comment tu as découvert le forum : :regis :. ce que tu en penses : ça va, il n’est pas trop laid.  crédits icon : écrire ici. rappel : bazzart et tumblr ne sont pas des crédits. précisez le pseudo de la personne à qui vous empruntez la création sur ces plateformes. l'avatar a été fait par datura. un dernier mot pour la fin : écrire ici.

   
Spoiler:
 

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Dernière édition par Judson Howell le Dim 16 Avr - 16:29, édité 19 fois
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MessageSujet: Re: Judd + Don't ever let It end   Lun 4 Aoû - 13:50



Et vivre, vivre à en crever
 
Pour toujours et à jamais


1984 + Quand le petit homme de ses parents vit le jour.

Je vous écris de mes songes, nuages cotonneux au milieu du néant, parés de couleurs chatoyantes, à l’abri des regards sombres. Ceci n’est pas un adieu. À peine une lettre. Plutôt quelques souvenirs alignés les uns derrière les autres, pour moi, pour que ma vie ne soit pas jetée aux oubliettes, jetée parmi des millions d’autres, pour que dans cent ans, on puisse encore s’exclamer « ce fut là son heure de gloire ». Je pourrais vous raconter comment j’ai vécu, ce que j’ai fait et ce que je n’ai pas fait, mes rêves et mes illusions, mes peurs et mes sacrifices, mais ce ne serait pas suffisant. La vie d’un homme ne peut se résumer à quelques lignes. Néanmoins, s’il me fallait commencer par quelque chose, je dirais que quoi qu’il advienne, je ne regrette rien. Et pour comprendre pleinement ma vie, alors il est nécessaire de remonter le temps. De revenir trente ans en arrière, là où tout a commencé…

Au cours du mois de mai 1984, Judson David Howell naquit enfin, deux ans après le deuxième enfant – un garçon également – de Claire et Emrys Howell. Quel prénom ! Encore des années plus tard, vingt-neuf ans après, Judd ignore s’il doit en vouloir ou non à ses parents de l’avoir affubler ainsi. Au moins, on ne l’oublie pas. A son plus grand regret. Un couple à priori sans histoires et discret, qui passait presque inaperçu. Déjà parents de deux garçons, Sean et Andrew, ils ne s’attendaient pas avoir des jumeaux, un garçon et une fille, Judson et Juliet. Leurs parents s’étaient rencontrés sur leur lieu de travail, Claire travaillant en tant que secrétaire de la petite scierie que dirigeait Emrys. Ils se marièrent peu de temps après et l’emploi de leur père leur permit de ne jamais manquer de rien.
Ce fut dans ce climat paisible que Judd grandit et il n’en garde pas un mauvais souvenir. Non ! Lui, dans toute la candeur de son enfance, se souvient de la vieille ferme toujours en activité, de la chambre qu’il partageait avec son frère, Sean, le lit superposé bancal, les rires partagés et les histoires le soir. Il n’était jamais seul et, quand il avait peur de quelque chose, il pouvait compter sur Sean, Andrew ou Juliet, sa sœur jumelle à qui il disait tout. Toujours. Ses liens avec la fratrie ne furent jamais aussi soudés qu’en cet instant. Nous sommes une famille ! Une vraie famille !
En grandissant, l’univers idyllique de Judson disparut peu à peu. Il n’était plus un enfant, il comprenait que leur famille n’était pas parfaite et qu’au contraire, de nombreuses dysfonctions existaient, malgré leurs liens. Et Judd n’était pas un enfant des plus sociables. A l’école, on le regardait bizarrement, avec ses cheveux en bataille et son regard presque agressif. Son caractère se façonna au fur et à mesure, et il se jura une chose, quand il avait une dizaine d’années : plus tard, il serait libre. Cette même liberté qui coule aujourd’hui dans ses veines, qui lui insuffle la force nécessaire. La liberté de ne pas être un vulgaire pion sur un échiquier trop vaste. Il l’avait décidé, dès son plus jeune âge, personne ne lui dirait quoi faire. Les chaînes de la société du paraître ne l’emprisonneraient pas, pas lui. Peut-être le prendrait-on pour un fou, un dérangé, peu importe. Mais il serait le maître de son destin, le capitaine de son âme.


Je vous écris joyeux et chagriné, idéaliste et nostalgique, d’une pensée qui vagabonde, des confitures à la fraise et des chevaux de bois couverts de poussière. Une enfance heureuse au Vermont. Les rires cristallins et les chutes à vélo. Les histoires le soir au milieu de la fratrie et la si jolie ferme. Des parents à la fois stricts et aimants qui m’offrirent la plus belle des éducations. J’avais trois ans quand ma sœur, la dernière de la fratrie, est arrivée et, assurément, cette naissance allait bouleverser mon quotidien.

1987 + Nous serons une famille, tu verras, nous serons heureux.

Judson avait trois ans à cette époque et, au cours du mois de mai, son anniversaire fut éclipsé par une nouvelle plus extraordinaire encore : l’arrivée de Louise. La naissance de cette petite sœur provoqua en Judson un mélange de joie et de jalousie. La joie de la voir, de savoir qu’il aurait bientôt quelqu’un d’autre avec qui jouer, le bonheur dans le regard si profond de sa mère. Mais dans un même temps, il lui en voulait. Son anniversaire ! Cela aurait dû être son anniversaire. Pas la naissance de Louise, non, seulement son anniversaire. Malheureusement, les choses en furent différentes et, s’ils firent tout de même une grande fête, il regrette l’absence de sa mère, trop épuisée après l’arrivée du bébé. Judson ignorait comment se comporter face à cet enfant. Devait-il l’aimer, parce que c’était son devoir de grand frère, de protéger cette petite chose fragile ? La détester, car elle accaparait tout le temps de sa mère ?
Au fil des semaines, il s’habitua à ce bébé braillard et en vint même à chercher sa compagnie. Avec Sean, ça n’était pas pareil, trois ans les séparaient, il ne l’avait pas connu bébé, il avait l’impression étrange que Sean avait toujours été grand, comme lui. Pas comme ce bébé potelé qui ne faisait que manger et pleurer, allongé dans son berceau. Pourtant, il finit par l’apprécier, par souhaiter ses sourires, son attention. Il trouva même amusant de jouer avec elle, de lui faire découvrir le monde.
Il en prit bien soin, pour rendre sa mère heureuse. La soulager. Et son cœur s’accélérait quand il pensait à cela – maman avait tellement à faire avec la petite ! Peut-être qu’elle ne voudrait plus de Judson, qu’il était devenu trop grand. Il craignait l’abandon. Une peur enfantine qui le poursuivit quelque temps avant de s’estomper naturellement, en grandissant. Et en comprenant que non, maman l’aimait trop, maman ne l’abandonnerait pas. Inconsciemment, il développa une certaine forme de jalousie à l’égard de cette petite sœur qui le regardait toujours avec ses grands yeux humides, l’air un peu absent. Cette sœur tombée de nulle part, il ne voulait pas l’aimer. Et pourtant, quand elle lui posait des questions, quand elle le suivait partout comme un chiot, quand elle tentait de le serrer de ses petits bras maigrelets alors qu’elle tenait à peine sur ses jambes aussi fines que des allumettes, il acceptait tout. Et il se mettait à l’aimer, un petit peu. Quand il atteignit l’âge de six ans et Louise trois, la famille déménagea dans le sud du Vermont, à cause du travail de leur père. Quitter Redwood Hills ne fut pas un déchirement pour Judson, encore jeune, trop petit pour comprendre.
Encore aujourd’hui, il se souvient de tout, absolument tout, et parfois, il lui arrive de regretter cette époque bienheureuse. Quand il croyait encore qu’être éleveur de tigres et explorateur était possible, qu’un jour, il deviendrait astronaute pour saluer les étoiles.


Je vous écris d’une adolescence tourmentée, rêves brisés pleurs enfouis et secrets bien gardés. Déjà douze ans. Douze ans sur cette terre et l’impensable se produisit, l’impensable que j’ai tu pour les préserver avant tout. Ne pas assumer une vérité déchirante. Se taire parce que crier est inutile. On voudrait hurler, gueuler sa haine à la face du monde, mais ce monde n’écoute déjà plus, ce monde n’a jamais écouté, et à douze ans, merde, à douze ans, j’étais un môme épris de liberté, un môme qui voulait désespérément être aimé, aimé par n’importe qui, de n’importe quelle façon.

1996 + Tu seras un champion, un vrai.

Judson adorait le sport. Il adorait tellement ça. Le base-ball, surtout. Jamais il ne ratait un entraînement, il y allait toujours avec entrain et, par tous les temps, même quand il était malade, il suppliait sa mère d’y aller. J’ai tous mes copains là-bas maman ! Et l’entraîneur est génial. Et il dit que je suis doué ! Doué, oui, il l’était. Son entraîneur évoquait un « gosse brillant », qui « irait jusqu’au sommet ». Et Judd – idiot, peut-être, naïf, très certainement – approuvait frénétiquement, des étoiles plein les yeux. Au sommet, oui ! Il y croyait, avec toute la force du désespoir. Doué. Trop doué. Judson se sentait alors tellement heureux d’être reconnu à sa juste valeur, apprécié, aimé par quelqu’un. Oh, ses parents l’aimaient. Malgré le caractère peu expansif de son père, il en était persuadé, les deux l’aimaient. Sa mère ne répétait-elle pas que leur famille était unie ?
À l’aube de ses treize ans, il se révoltait. Une banale crise d’adolescence, dirait-on. Il n’avait plus envie de rien, il souhaitait à peine parler à ses parents, il préférait s’enfermer dans sa chambre ou passer tout son temps dehors, avec ses copains. Car des amis, il en avait ! Malgré son caractère, Judson était quelqu’un de sociable, de populaire dans son école, puis dans son lycée. Cela lui plaisait, oui, mais il n’en jouait pas. Il passait du temps avec ses amis, faisait beaucoup de bêtises, mais ça s’arrêtait là. Il n’aimait pas se pavaner comme les autres jeunes mâles dans les couloirs du lycée, comme si celui-ci leur appartenait. Tellement ringard, ridicule ! De cette période scolaire, il en garde un bon souvenir. Il n’était pas forcément très doué en cours, mais s’arrangeait toujours pour passer, juste à la limite. Et se retrouvait parfois dans le bureau de proviseur à cause des dommages collatéraux, tout simplement. Une fois, ce fut pour avoir transformé les toilettes du premier étage en piscine géante, après avoir ouvert tous les robinets. Il s’en souvient encore et l’évoque bien volontiers, même si la punition avait été exemplaire.


Je vous écris d’espoir, de larmes et de cendres, parce que c’était ma sœur, ma petite sœur que j’apprenais peu à peu à aimer sans limites et on me l’avait enlevé, comme on m’avait enlevé cette part d’innocence qui restait. Avant cela, j’étais heureux, épanoui, une vie sans histoire. Après cela, je deviendrai ce type aigri que beaucoup détesteraient, même sa propre famille, ce type qui errait, plus tout à fait vivant mais pas encore mort.

1997 + Et l’ouragan décima tout sur son passage

Judson et Juliet avaient treize ans, Sean seize, Andrew quatorze et Louise dix. Le bébé de la famille. Depuis treize ans. La voix fluette dans sa tête, lancinante et douloureuse. La même question à laquelle il n’apportera jamais de réponse. Pourquoi moi ? Judd, j’ai fait quoi de mal ? Rien, elle n’avait rien fait. Elle était innocente bon Dieu, elle voulait simplement vivre ! Et dire qu’il faisait des efforts pour aimer cette sœur qu’autrefois il jalousait.
Des efforts réduits à néant en quelques heures. Une petite vie brisée sur l’autel des erreurs des grandes personnes. La dernière de la fratrie disparue, envolée, jamais retrouvée. Aussitôt, ce fut le chaos, la cavalcade. Ce petit coin perdu du Vermont fut envahi de journalistes, de curieux, et d’enquêteurs. Un enlèvement ! C’était un enlèvement, dans ce coin si paisible où rien ne se passait jamais. Quelqu’un avait enlevé un enfant – où serait-elle passée, sinon ? Les trois enfants furent mis à l’abri de cet étalage médiatique au mieux possible. Préserver les survivants sauver l’âme de ceux qui restent et prier pour celle de ceux qui partent. Judson posa des questions mais on ne lui apporta pas de réponse. Du jour au lendemain, du haut de ses quatorze  ans, il ne comprit pas pourquoi sa sœur n’était plus là. La mort le dépassait, lui qui avait toujours grandi dans un cocon douillet. Elle avait disparu, oui. Mais où était-elle ? Etait-ce si compliqué de lui répondre ? Les jours suivants, il les passa dans une certaine brume. A son âge, il comprenait la mort, mais elle lui paraissait irréelle, comme ça ne l’avait jamais touché de près. Les émotions se mélangeaient, il ne parvenait plus à différencier le vrai du faux. On arrêta des suspects, mais rien, elle ne fut jamais retrouvée, ni elle ni celui qui avait fait ça. Il échafauda tous les pires scénarios. Mais le corps ne fut jamais retrouvé et il nourrissait l’espoir qu’elle soit en réalité encore en vie, même treize ans après.
La mère, folle de chagrin, fut séparée quelques temps de ses enfants. Et pendant tout ce temps, même s’il ne réalisa pas vraiment, Judd pleura. A quatorze ans, le petit homme de ses parents pleura toutes les larmes de son corps recroquevillé, en cachette, sous ses couvertures, pour que personne ne le voie. Parfois, il se doutait que Sean l’entendait, mais quoi qu’il en soit, son frère ne fit jamais le moindre commentaire. Les semaines, les mois passèrent. Et l’affaire se tassa d’elle-même quand les journalistes n’eurent plus aucun fait à se mettre sous la dent. Ces hypocrites se retirèrent une fois l’ouragan passé, une fois qu’ils furent sûrs d’avoir suffisamment anéanti cette famille. Et au fil du temps, Judson comprit. Sa petite sœur ne reviendrait pas. Et sa mère déjà très absente quitta définitivement la maison, car elle n’en pouvait plus. Voir sa famille se désintégrer à petit feu la brûla de l’intérieur. Par lâcheté ? Trahison ? Peur ? Judson ne le sut jamais et son père ne lui apporta pas d’explication. Son père, déjà peu enclin à la discussion, ne fut plus jamais le même. Pas méchant, jamais méchant avec le moindre de ses enfants, mais le départ de sa femme et la disparition de sa fille l’avaient profondément changé. Pouvait-on seulement le lui reprocher ?
En revanche, il en voulut énormément à Sean et Andrew, peu de temps après. Son père fit le choix de revenir vivre à Redwood Hills pour tenter de reconstruire leur univers brisé, dans la ferme de leur enfance. Ce retour fit à Judd un bien extraordinaire et contribua à l’apaiser, lui comme sa sœur. Mais Andrew et Sean, quinze et dix-huit ans, ne vinrent pas. Le premier souhaitait finir le lycée ici puis entamer de longues études et le second ne voulait plus suivre sa famille et se rebellait et cela, Judson ne leur pardonna jamais complètement. Sa famille s’était désintégrée et ses frères, surtout Sean, son héros, l’abandonnaient à son tour. Au lycée, il fut obligé de pratiquer un sport, en parallèle. Il choisit le football américain, comme la plupart de ses camarades, et renoua avec plaisir avec sa jeunesse. Mais il demeurait hermétique au base-ball, refusant de s’y replonger, car ce serait replonger dans ses mauvais souvenirs. Et le secret mourut en même temps que sa passion pour ce sport. Il n’en essaya aucun autre, jamais en club, par peur, méfiance. Et il se le jura intérieurement, il protégerait les deux derniers membres de sa famille qui lui restait. Sa sœur, mais également son père. S’il n’avait pu se sauver ni sauver Louise, il s’arrangerait pour les sauver, eux – et garder intacte l’innocence de Juliet.


Je vous écris de ma folle jeunesse, l’âge de tous les possibles. Ne plus regarder dans le passé et ne pas craindre un avenir incertain, simplement vivre, bon sang, vivre jusqu’à l’ivresse, pour ne rien avoir à regretter. Pour que chaque jour compte ! Vingt ans. Vingt ans, l’âge idéal pour certains, terrible pour d’autres. L’âge de tous les possibles. Nous étions jeunes, invincibles, nous étions heureux – follement heureux. Je ne réfléchissais pas, je ne m’arrêtais pas. S’arrêter, c’était bien trop dangereux, on risquait de rater quelque chose. Alors peu m’importait les conséquences, je vivais comme un dingue. Comme si je ne devais jamais mourir.

2004 + Quand, à trop vouloir toucher le soleil, le gamin s’y brûla les ailes

Judson profita à fond de sa vie de jeune adulte, dans l’espoir de n’avoir aucun regret par la suite. Il partit en road-trip dans le grand ouest avec une bande de copains, il alla en Europe, il sauta en parachute, il fit tout ce qu’il était possible de faire, et bien plus encore. Puis, en rentrant, une fois l’euphorie retombée, fatiguée, il se rendit compte de toute la banalité de sa vie. Jusque-là, il avait toujours enchaîné les petits boulots pour se dégotter de quoi payer son loyer à la fin du mois, mais ça n’était pas suffisant, il lui fallait autre chose. Tu vengeras tous ces mômes brisés tu frapperas ces pourritures en plein cœur et ton âme sera purifiée. Il eut quelques liaisons sans lendemains, d’autres plus sérieuses, à part une, qui le tourmente encore aujourd’hui. Aucune attache, rien. La liberté. La protection. Tomber amoureux, n’était-ce pas se montrer vulnérable ? Et à cette époque, il en était hors de question, sa vie était déjà suffisamment difficile pour en plus en rajouter avec de vulgaires déboires sentimentaux.  Toujours passionné de sport, il enchaînait les séances, se rendait le plus souvent à la salle de gym, toujours, pour tenter de se garder en forme. De même, il développa une certaine passion pour les soirées sport à la télé et bières, entre potes. Pas de base-ball. Jamais de base-ball. Dès qu’il voyait le moindre match, le moindre extrait à la télévision, il repensait à cette période étrange, plus de sept ans auparavant, date à laquelle il n’était qu’un môme à la recherche d’amour. Et il se mettait à trembler – le corps et l’esprit incontrôlables.
Plus que jamais, il se laissa porter par la vie. Son caractère se façonnait au fur et à mesure, grâce à toutes les épreuves imposées par la vie, mais aussi par la liberté. Mais à trop vouloir fuir cette société, il s’enferma dans une spirale infernale. De plus en plus, il délaissa sa sœur et son père, comme leur mère puis leur frère avant lui. La famille, un fléau, une « gangrène ». Au lieu de ça, il rencontra des personnes qu’il jugea formidables, et les années qui suivirent furent à la fois les pires et les meilleures de sa vie. Il n’avait pas pour projet de perdre contact avec sa famille, non. Cela s’imposa de lui-même quand il partit pour la ville, New-York. Une vie pauvre de reclus, voilà ce qu’il voulait mener. La souffrance est salutaire. L’alcool devint son allié le plus précieux et, à vingt-trois ans, en 2007, les derniers contacts avec sa famille s’estompèrent, car il ne voulait pas leur infliger ça, non. Il ne voulait pas qu’on le voit comme ça ! Pas alcoolique ni drogué, non, simplement paumé. Un môme qui autrefois voulait devenir astronaute et qui aujourd’hui, espérait simplement trouver la force de se lever le matin sans penser au lendemain. Sa sœur jumelle tenta désespérément de le recontacter, en vain. C’était fini, mort, enterré. Plus de famille, plus rien. Parce que Louise avait disparu depuis neuf années et que lui seul possédait la certitude de détenir l’ignoble vérité.

Je vous écris le temps qui creuse ses sillons dans la terre sèche, les rides s’incrustent et les yeux se plissent, mais le temps passe et l’espoir demeure. Cette vie me convient, et bercé d’illusions et de vérités dissimulées, une vie que je ne changerais pour rien au monde. Ne pas penser au lendemain incertain, mais se contenter de vivre, de se lever chaque matin et surtout, de ne jamais cesser de s’émerveiller. 2014. Trente ans sur cette planète. Un imbécile disait que la vie ne tient qu’à un fil et je me rends compte à quel point cette maudite expression peut être vraie. Ces derniers mois ont été les meilleurs. Les pires. Tant de changements.

2014 + Si la terre tourne tu tournes avec elle

Désormais, Judson, cet éclopé de la vie, semble revenu d’entre les morts. Avec difficultés, violence, douleur, il est sorti de son univers pour retourner auprès de sa famille – même si, avec les années passées loin d’elle, il sait que ce n’est plus pareil. Il a perdu leur estime, il le sait. Il n’est plus Judd, le frère rieur et un peu givré, il est presque un inconnu. De cette période de transition entre l’univers impitoyable de la rue et la renaissance, il n’en parle jamais. Toutes les questions se terminent toujours par des haussements d’épaule, un vague sourire d’excuse, puis son départ. Tout comme il ne parle jamais de Louise, il ne parlera jamais de sa déchéance – trop de honte, trop de souffrance. Judd parle bien volontiers de l’avenir, sur un ton presque sarcastique, il se moque beaucoup des autres, il raconte n’importe quoi, mais il n’aborde jamais rien de sérieux. C’était fini, mort, enterré ! Pour toujours, toujours.
Après une période de flottement, il décida de devenir pompier. Il aimait l’adrénaline et le sport, il en avait encore besoin. Et plus que tout, cette éternelle volonté de se rendre utile, rien qu’une fois dans sa vie et de sauver la veuve et l’orphelin. Comme il n’avait pas pu sauver Louise. Alors il se lança un corps perdu dans son job et se jura d’en venir à bout. D’être un pompier exemplaire, à défaut de maîtriser autre chose dans sa vie – peut-être pour tenter de se racheter une conscience. De sauver ce qui pouvait encore l’être. Il arrivait que les interventions le liquéfient sur place. Parfois, il ne pouvait pas, quand ça concernait des enfants notamment. Il laissait ses collègues s’en charger et ceux-ci le regardaient, perplexes, sans poser de question. J’pourrai pas, je suis désolé, j’en suis incapable, pas ça. Cette situation lui pesa lourdement sur la conscience. Alors pour compenser, il sortait, avec ses collègues, mais aussi Sean, qu’il avait réussi à retrouver ces dernières années ou Juliet, sa sœur. Et même Andrew le psychiatre, revenu un an plus tôt, qu’il nommait affectueusement « Doc ». Pour ne jamais avoir à se retrouver seul dans sa grande maison vide, le soir, avec un verre d’alcool, à ressasser sa solitude.
Son boulot eut au moins le mérite de lui faire prendre conscience de toute la fragilité de la vie et de la chance d’être en excellente santé. Aujourd’hui, il estime ne s’en sortir pas trop mal. Au fil des années, il a réussi à se faire une place, à être heureux grâce à son indéniable charisme et son étonnante force de caractère – malgré son comportement parfois douteux et sa capacité à perdre son sang-froid régulièrement. Il travaille peut-être dans la petite caserne de Redwood Hills, mais il ne se voyait pas à une meilleure place. Sa vie, elle était ici.
On le craint. On le dit cinglé. Un type courageux, mais bizarre. Incapable de s’occuper de la moindre intervention concernant un enfant. Eh pourtant ! Il survit, à défaut de vivre. Il serait presque heureux. Presque. Arrêtez ! Arrêtez s’il vous plaît, je ne veux pas, laissez-moi. Depuis seize ans. Cette voix de gosse dans sa tête. La sienne. Une voix fluette qui le supplie. Qui le tourmente. Sauve-toi allez tu peux te sauver avant que ça ne soit trop tard. Un sourire carnassier dessiné sur ses lèvres. L’ironie à l’état pur. Oui, il s’était sauvé. Mais trop tard.


Je vous écris soulagé, le cœur léger et l’âme en paix, je vous écris de tout ce que je souhaite vous dire. Trente ans. Trente ans sur cette terre, quand je vous disais qu’il s’agissait d’un exploit ! Je me demande encore comment j’ai fait pour en arriver là. Malgré une vie cabossée, comment j’ai trouvé la force de vivre jusque-là. Alors non, je ne regrette rien, pas même les souffrances, car ce sont elles qui me poussent en avant. Le cœur explose, les cicatrices saignent, mais les yeux demeurent secs. Je m’efforcerai de ne jamais rien faire qui puisse me faire honte et de pouvoir continuer de me regarder dans le miroir. De vivre comme Louise ne l’a jamais pu et d’honorer sa mémoire jusqu’à ma mort. Croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer.

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