AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Merci de privilégier les nombreux scénarios, pré-liens et membres des familles lors de votre inscription !
N'hésitez pas à interpréter un membre de la secte !
Nous recherchons activement des parrains, n'hésitez pas

Partagez | 
 

 lost in paradise | Connor

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

avatar

membre qu'on adore
Voir le profil de l'utilisateur
LITTLE TALKS : 64
PSEUDO : Marie
AVATAR : Michael Fassbender
CREDITS : lux aeterna, restlesstymes, tumblr
ÂGE : 38

MessageSujet: lost in paradise | Connor   Lun 13 Nov - 12:26

[b][/b]
Lost in paradise


Stranger in a strange land.

Même si ce n’était pas bien grave, se retrouver à la place de Logan, mine de rien, n’avait pas grand-chose de la partie de plaisir. Une âme plus timorée, plus impressionnable ou plus facilement intimidée que la sienne aurait certainement été frappée de cette stupeur honteuse si bien connue des introvertis à l’instant où il aurait réalisé n’avoir plus aucune idée du chemin à prendre, et pire encore, d’où il se trouvait. Certes, même pour le plus craintif des êtres, il aurait toujours été possible de se raccrocher à l’idée que dans une ville telle que Redwood Hills, il existait fort peu de chances qu’on puisse trouver deux magasins d’antiquités, et même deux fleuristes -Logan était donc en capacité de dire que oui, à la fois précisément et approximativement, il savait où il avait atterri. Le principe même de concurrence entre petits commerces de proximité avait tout l’air de ne pas avoir cours ici, tant la petitesse de la communauté aurait instinctivement rendu stupide l’idée d’un duel entre plusieurs petites entreprises du même créneau… Et en même temps, quand on perd pied et que sous le coup de la panique, on ne sait plus vers qui se tourner, comment s’attendre à ce qu’une logique implacable vous anime ?

Sans doute le Bostonien aurait-il pu vivre de bien plus grandes aventures s’il avait cédé à la peur, au lieu d’apporter spontanément du crédit à ce qui n’était, ma foi peut-être qu’un gros cliché sur le fonctionnement de l’économie des petites villes dans le Nord-Est profond du pays. Peut-être l’enchaînement désordonné de ses pensées, entraînant une désorientation encore plus marquée et une errance encore plus désordonnée, l’aurait mené vers un destin fantastique, des périls immenses, une platée de défis formidables et d’expériences enrichissantes, ou au moins à quelque chose d’un brin truculent à raconter le soir au dîner à Lara et Scott, nous ne le saurons malheureusement jamais… Car pour tout dire, si dans la fable de la Fontaine si bien connue, il avait fallu choisir entre le roseau et le chêne pour décrire Mathison, ç’aurait assurément été la frêle mais souple graminée qu’il aurait assurément fallu prendre, sans même hésiter. La stature impressionnante de l’éditeur, de même que sa force tranquille, auraient été en droit de faire douter, mais l’évidence parla d’elle-même : il ne dégaina même pas son portable pour aller chercher du secours auprès de sa petite amie ou de l’irrésistible frère de cette dernière, pour mieux persévérer seul, quitte à se faire envoyer promener, se tromper en suivant des indications, et perdre plus de temps qu’il ne se révélait acceptable de le faire lorsqu’on était en vacances et que l’on avait pour mission de rapporter de quoi remplir les placards de la cuisine. S’efforçant de faire preuve d’autant de sagesse que possible malgré son âge pas si avancé que ça, Logan essayait de se débrouiller par ses propres moyens et uniquement par eux, comme il l’avait prouvé à maintes reprises dans sa vie quand de grands projets personnels ou des ennuis du quotidien avaient croisé sa route, partant du principe que comme l’échec, la pratique rendait meilleur, et permettait d’apprendre beaucoup. Et puis au pire, que pouvait-il bien lui arriver, sinon que Lara passe la soirée à lui lancer de gentilles petites vannes au sujet de son sens de l’orientation visiblement déplorable ? Les gens passaient leur temps à se juger entre eux de toute façon, sans doute même plus dans de petites bourgades qu’ailleurs tant l’ennui menaçait en si petit comité, et Logan avait pris le parti de s’en désintéresser autant que possible, ne serait-ce que parce que certaines personnes n’étaient destinées qu’à suivre momentanément la même route que vous, et parce que son orientation sexuelle, même en des temps si modernes, ne finirait éventuellement jamais d’interpeler même les moins curieux.

Cependant, un peu de nuance ne faisait pas de mal : ce ne serait pas exactement grâce à sa seule débrouillardise que le citadin allait s’en sortir comme une fleur, si vous nous excusez le jeu de mots discutable de circonstances. Ne s’attendant pas spécialement à ce que ce soit l’un des clients de la boutique qui se propose de lui-même pour le renseigner qui lui réponde, Logan se retourna vers un visage totalement inconnu qui, même s’il coupait l’herbe sous le pied de la vendeuse et actuelle maîtresse des lieux, épargnait à celle-ci la tâche de se lancer dans de grandes explications pour mieux s’occuper de l’achat de son « sauveur ». Un sourire se traça naturellement sur ses lèvres, réflexe chez lui dès qu’il rencontrait quelqu’un ; plus que justifié ici vu qu’on se donnait la peine de lui venir en aide spontanément, sans qu’il ait eu besoin de demander. Là, par contre, le cliché apparaissait plutôt vérifié : dans une métropole de taille monstrueuse comme de là où il venait, les chances de se faire aborder par quelqu’un désireux de vous tendre la main en pareille situation auraient été bien minces…

Ce fut donc avec plaisir que Mathison découvrit l’amabilité des gens du coin, ou du moins de ce qu’il crut dans les tous premiers instants être un natif de Redwood.

-Eh bien c’est bon à savoir, merci. Je cherche à rejoindre Willow Street.

L’agréable surprise ne fit que perdurer lorsque l’inconnu se proposa de le mener jusqu’à bon port.

-On peut vraiment dire que vous êtes providentiel, confia l’éditeur, en le pensant sincèrement. Ce serait très aimable à vous.

À dire vrai, il n’était pas impossible que le Bostonien arrive à retomber sur ses pieds à un moment ou à un autre avant d’atteindre la rue dans laquelle vivait Scott, mais dans le doute, il préférait ne pas avoir l’air de jouer les touristes trop heureux d’avoir un guide aussi gratuit que bienveillant duquel profiter pour flâner le nez en l’air dans toute la ville. Personne censée, mais également et surtout homme d’affaires, il aimait aller droit au but, et ainsi voir les choses rondement menées, sans perte de temps inutile.

Ce fut une chaleureuse poignée de main que lui rendit le Bostonien, avant de se présenter à son tour :

-Logan Mathison, enchanté. … Et ravi d’être tombé sur vous, pour tout dire. Merci pour le coup de main, vraiment.

La suggestion du dénommé Connor l’amusa un brin par son caractère insolite, quoi que l’idée ne lui déplût pas, au contraire, et assez étonnamment.

-… J’avoue que je n’y pensais pas, mais maintenant que vous le dîtes… L’occasion fait le larron, pas vrai ? Je vous prendrai une rose rouge, s’il vous plaît mademoiselle.

Un petit bouquet de rien du tout, qui n’en était d’ailleurs même pas vraiment un, mais qui gardait le romantisme touchant des petites attentions qui montrent que l’on pense au destinateur de ces dernières avec affection ; la rose, destinée à Lara, ne manquerait pas de ravir la brunette, et Logan s’en réjouissait sans penser à mal. Il tenait à elle, se souciait de son bonheur autant qu’il avait à cœur de la faire sourire, et ce bien que la certitude qu’ils ne vieilliraient pas ensemble commençaient à faire son chemin en lui.

Le client de la fleuriste, en tout cas, lui faisait une très bonne impression, de ces affinités instinctives qui semblent couler de source, si bien que ce fut sans méchanceté aucune que Logan se permit une question :

-Vous n’êtes pas non plus de Redwood, pas vrai ? J’ai remarqué votre accent, sans vouloir vous offenser, bien sûr.

Ce n’était pas spécialement élégant de le faire remarquer, même si déjà depuis quelques phrases, un petit quelque chose le faisait tiquer, mais vu que lui-même avait la pancarte « je ne viens pas d’ici » en train de clignoter en gros au-dessus de la tête, Logan ne trouvait pas cela si impoli, bien qu’il demeurât prêt à s’excuser de bonne grâce si sa curiosité froissait si son serviable interlocuteur.



(c) fassystuff

_________________

Light from Above
Vivre est la chose la plus rare du monde.
La plupart des gens ne font qu'exister.


Dernière édition par Logan Mathison le Mer 21 Fév - 20:47, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

avatar

membre qu'on adore
Voir le profil de l'utilisateur
LITTLE TALKS : 222
PSEUDO : raph/evalie
AVATAR : Chris Pratt
CREDITS : honeyy (ava) - astra (sign) - alas (icon sign)
ÂGE : 38

MessageSujet: Re: lost in paradise | Connor   Ven 29 Déc - 20:17

La journée de Connor avait été un peu étrange. Il avait bossé comme un dingue et à vrai dire, après presque un an dans la région, sa maison arrivait vraiment au bout des rénovations. Et il était sûr et certain, pour l’instant en tout cas, de s’y installer. Rien n’était jamais graver dans le marbre, mais c’était son souhait. Il voulait rester proche de sa famille, sa petite sœur pensait se rapprocher de lui. Il y avait aussi Alexis, sa cousine qui vivait ici avec sa petite choupinette et puis bien sûre… Adele. Il était d’ailleurs ici pour elle. Il avait beaucoup penser à la jolie brune ces derniers jours et aujourd’hui en particulier, elle l’avait déconcentrée en continu. Alors, décidant de prendre le taureau par les cornes, il avait quitté sa maison pour se rendre en ville. Évidemment, comme dans toutes les petites villes, une fois qu’il eut poser son pickup, il lui fallut presque quarante minutes pour rejoindre le magasin de la fleuriste. Chemin, qui, de manière directe, prenait exactement deux minutes et trente secondes. Autant dire qu’il se sentait chez lui, il discutait avec les différents marchants, se faisait arrêter pour quelques conseils en réparation ou juste pour voir comment il allait. C’était plaisant. Il n’avait, à vrai dire, plus connu cela depuis son départ de Winooski alors qu’il avait à peine 21 ans. Ses déplacements constants avaient empêché ce genre de rapprochements rapides et agréables. Mais ici, surtout depuis qu’il avait décidé de poser ses valises dans ce village, ça c’était bien fait. Il avait vite été accepté, enfin en façade en tout cas. Il savait pertinemment que ce genre de village comportait toujours quelques personnes réfractaires au changement ou aux nouvelles arrivées. C’était leur coin de pays et les étrangers pouvaient bien aller au diable. Il n’avait jamais vraiment compris ce genre de réactions, le tourisme faisait en partie vivre la région et son développement ne pouvait qu’être positif. Certes, la ville avait un certain nombre de secrets, mais il avait encore un faible espoir que ceux-ci ne soit pas aussi sombre qu’ils pouvaient paraître. Même si certains événements récents avaient fortement diminué ce fol espoir.

Finalement entré chez la fleuriste où il comptait bien acheter un bel arrangement pour la jolie Adele, il fut rapidement interpellé. Quelques réparations contre un prix sur les fleurs, bon deal, il accepta. Et c’est une fois tout cela fini et enfin de retour dans le magasin pour choisir quelque chose qu’il se fit déranger une fois encore. Un inconnu cette fois-ci. Et déranger était clairement un mot un peu fort. Il n’avait pas l’air du coin, Connor pouvait évidemment se tromper n’étant pas originaire de la région. Mais son accent, léger mais présent, le situait ailleurs aux États-Unis. Il était incapable de définir d’où par contre. Le nouveau venu était perdu. Et effectivement nouveau en ville. Un sourire, un petit rire et Connor hocha la tête à la question suivante. Bien sûr qu’il pourrait lui indiquer le centre-ville. Il pourrait même l’y conduire si nécessaire. "Vous y êtes, enfin presque. Vous cherchez une rue en particulier ?" Il indiqua à la vendeuse qu’il avait choisi un arrangement et celle-ci vint le chercher pour l’emballer. "Vous voulez que je vous y conduise ? Je vais de toute façon dans cette direction. Et puis même si c’est pas vraiment mon chemin, ça sera pas bien loin !" Il lui tendit la main, en souriant. "Connor. Pas besoin de fleurs ?" Un sourire aux lèvres, il se dirigea avec cette nouvelle rencontre en direction de la porte. Connor était loin d’être du genre timide, il était très facile de contact et assez sympathique, enfin c’est du moins ce que les gens lui disaient.

Spoiler:
 


_________________


Work's good for the mind.
Revenir en haut Aller en bas

avatar

membre qu'on adore
Voir le profil de l'utilisateur
LITTLE TALKS : 64
PSEUDO : Marie
AVATAR : Michael Fassbender
CREDITS : lux aeterna, restlesstymes, tumblr
ÂGE : 38

MessageSujet: Re: lost in paradise | Connor   Mer 21 Fév - 20:49

Lost in paradise


Stranger in a strange land.

Même si ce n’était pas bien grave, se retrouver à la place de Logan, mine de rien, n’avait pas grand-chose de la partie de plaisir. Une âme plus timorée, plus impressionnable ou plus facilement intimidée que la sienne aurait certainement été frappée de cette stupeur honteuse si bien connue des introvertis à l’instant où il aurait réalisé n’avoir plus aucune idée du chemin à prendre, et pire encore, d’où il se trouvait. Certes, même pour le plus craintif des êtres, il aurait toujours été possible de se raccrocher à l’idée que dans une ville telle que Redwood Hills, il existait fort peu de chances qu’on puisse trouver deux magasins d’antiquités, et même deux fleuristes -Logan était donc en capacité de dire que oui, à la fois précisément et approximativement, il savait où il avait atterri. Le principe même de concurrence entre petits commerces de proximité avait tout l’air de ne pas avoir cours ici, tant la petitesse de la communauté aurait instinctivement rendu stupide l’idée d’un duel entre plusieurs petites entreprises du même créneau… Et en même temps, quand on perd pied et que sous le coup de la panique, on ne sait plus vers qui se tourner, comment s’attendre à ce qu’une logique implacable vous anime ?

Sans doute le Bostonien aurait-il pu vivre de bien plus grandes aventures s’il avait cédé à la peur, au lieu d’apporter spontanément du crédit à ce qui n’était, ma foi peut-être qu’un gros cliché sur le fonctionnement de l’économie des petites villes dans le Nord-Est profond du pays. Peut-être l’enchaînement désordonné de ses pensées, entraînant une désorientation encore plus marquée et une errance encore plus désordonnée, l’aurait mené vers un destin fantastique, des périls immenses, une platée de défis formidables et d’expériences enrichissantes, ou au moins à quelque chose d’un brin truculent à raconter le soir au dîner à Lara et Scott, nous ne le saurons malheureusement jamais… Car pour tout dire, si dans la fable de la Fontaine si bien connue, il avait fallu choisir entre le roseau et le chêne pour décrire Mathison, ç’aurait assurément été la frêle mais souple graminée qu’il aurait assurément fallu prendre, sans même hésiter. La stature impressionnante de l’éditeur, de même que sa force tranquille, auraient été en droit de faire douter, mais l’évidence parla d’elle-même : il ne dégaina même pas son portable pour aller chercher du secours auprès de sa petite amie ou de l’irrésistible frère de cette dernière, pour mieux persévérer seul, quitte à se faire envoyer promener, se tromper en suivant des indications, et perdre plus de temps qu’il ne se révélait acceptable de le faire lorsqu’on était en vacances et que l’on avait pour mission de rapporter de quoi remplir les placards de la cuisine. S’efforçant de faire preuve d’autant de sagesse que possible malgré son âge pas si avancé que ça, Logan essayait de se débrouiller par ses propres moyens et uniquement par eux, comme il l’avait prouvé à maintes reprises dans sa vie quand de grands projets personnels ou des ennuis du quotidien avaient croisé sa route, partant du principe que comme l’échec, la pratique rendait meilleur, et permettait d’apprendre beaucoup. Et puis au pire, que pouvait-il bien lui arriver, sinon que Lara passe la soirée à lui lancer de gentilles petites vannes au sujet de son sens de l’orientation visiblement déplorable ? Les gens passaient leur temps à se juger entre eux de toute façon, sans doute même plus dans de petites bourgades qu’ailleurs tant l’ennui menaçait en si petit comité, et Logan avait pris le parti de s’en désintéresser autant que possible, ne serait-ce que parce que certaines personnes n’étaient destinées qu’à suivre momentanément la même route que vous, et parce que son orientation sexuelle, même en des temps si modernes, ne finirait éventuellement jamais d’interpeler même les moins curieux.

Cependant, un peu de nuance ne faisait pas de mal : ce ne serait pas exactement grâce à sa seule débrouillardise que le citadin allait s’en sortir comme une fleur, si vous nous excusez le jeu de mots discutable de circonstances. Ne s’attendant pas spécialement à ce que ce soit l’un des clients de la boutique qui se propose de lui-même pour le renseigner qui lui réponde, Logan se retourna vers un visage totalement inconnu qui, même s’il coupait l’herbe sous le pied de la vendeuse et actuelle maîtresse des lieux, épargnait à celle-ci la tâche de se lancer dans de grandes explications pour mieux s’occuper de l’achat de son « sauveur ». Un sourire se traça naturellement sur ses lèvres, réflexe chez lui dès qu’il rencontrait quelqu’un ; plus que justifié ici vu qu’on se donnait la peine de lui venir en aide spontanément, sans qu’il ait eu besoin de demander. Là, par contre, le cliché apparaissait plutôt vérifié : dans une métropole de taille monstrueuse comme de là où il venait, les chances de se faire aborder par quelqu’un désireux de vous tendre la main en pareille situation auraient été bien minces…

Ce fut donc avec plaisir que Mathison découvrit l’amabilité des gens du coin, ou du moins de ce qu’il crut dans les tous premiers instants être un natif de Redwood.

-Eh bien c’est bon à savoir, merci. Je cherche à rejoindre Willow Street.

L’agréable surprise ne fit que perdurer lorsque l’inconnu se proposa de le mener jusqu’à bon port.

-On peut vraiment dire que vous êtes providentiel, confia l’éditeur, en le pensant sincèrement. Ce serait très aimable à vous.

À dire vrai, il n’était pas impossible que le Bostonien arrive à retomber sur ses pieds à un moment ou à un autre avant d’atteindre la rue dans laquelle vivait Scott, mais dans le doute, il préférait ne pas avoir l’air de jouer les touristes trop heureux d’avoir un guide aussi gratuit que bienveillant duquel profiter pour flâner le nez en l’air dans toute la ville. Personne censée, mais également et surtout homme d’affaires, il aimait aller droit au but, et ainsi voir les choses rondement menées, sans perte de temps inutile.

Ce fut une chaleureuse poignée de main que lui rendit le Bostonien, avant de se présenter à son tour :

-Logan Mathison, enchanté. … Et ravi d’être tombé sur vous, pour tout dire. Merci pour le coup de main, vraiment.

La suggestion du dénommé Connor l’amusa un brin par son caractère insolite, quoi que l’idée ne lui déplût pas, au contraire, et assez étonnamment.

-… J’avoue que je n’y pensais pas, mais maintenant que vous le dîtes… L’occasion fait le larron, pas vrai ? Je vous prendrai une rose rouge, s’il vous plaît mademoiselle.

Un petit bouquet de rien du tout, qui n’en était d’ailleurs même pas vraiment un, mais qui gardait le romantisme touchant des petites attentions qui montrent que l’on pense au destinateur de ces dernières avec affection ; la rose, destinée à Lara, ne manquerait pas de ravir la brunette, et Logan s’en réjouissait sans penser à mal. Il tenait à elle, se souciait de son bonheur autant qu’il avait à cœur de la faire sourire, et ce bien que la certitude qu’ils ne vieilliraient pas ensemble commençaient à faire son chemin en lui.

Le client de la fleuriste, en tout cas, lui faisait une très bonne impression, de ces affinités instinctives qui semblent couler de source, si bien que ce fut sans méchanceté aucune que Logan se permit une question :

-Vous n’êtes pas non plus de Redwood, pas vrai ? J’ai remarqué votre accent, sans vouloir vous offenser, bien sûr.

Ce n’était pas spécialement élégant de le faire remarquer, même si déjà depuis quelques phrases, un petit quelque chose le faisait tiquer, mais vu que lui-même avait la pancarte « je ne viens pas d’ici » en train de clignoter en gros au-dessus de la tête, Logan ne trouvait pas cela si impoli, bien qu’il demeurât prêt à s’excuser de bonne grâce si sa curiosité froissait si son serviable interlocuteur.



(c) fassystuff

_________________

Light from Above
Vivre est la chose la plus rare du monde.
La plupart des gens ne font qu'exister.
Revenir en haut Aller en bas

avatar

membre qu'on adore
Voir le profil de l'utilisateur
LITTLE TALKS : 222
PSEUDO : raph/evalie
AVATAR : Chris Pratt
CREDITS : honeyy (ava) - astra (sign) - alas (icon sign)
ÂGE : 38

MessageSujet: Re: lost in paradise | Connor   Mar 27 Fév - 23:13

Connor était presque toujours aimable et s’il voyait quelqu’un dans le besoin, il l’était à coup sûr. Ça lui venait de son éducation, mais pas seulement. Il avait toujours aimer aider les gens. Il était bienveillant, ça faisait partie de lui, de son caractère. Alors quand un homme qui se disait perdu voulait retrouver son chemin, ce fut avec naturel qu’il lui demanda où il voulait aller et lui proposa même de le raccompagner. Ce ne serait sûrement pas un grand détour vu le mouchoir de poche qu’était Redwood Hills. Willow Street. Ce serait facile. Et ils n’étaient pas loin. Il sourit, il n’était pas sûr d’être providentiel, mais ça lui éviterait de se perdre à nouveau. Les explications de direction n’étaient jamais quelque chose de facile à suivre… et il avait tendance à s’embrouiller quand il en donnait. Il se retrouvait toujours, mais Connor avait toujours eu un peu de mal à expliquer un chemin à prendre sans le dessiner ou le prendre lui-même. Ils se serrèrent la main et Connor en apprit un peu plus, enfin du moins son nom. "Vraiment aucun problème." Avant de sortir, il lui demanda s’il n’avait pas besoin de fleurs. On ne savait jamais et puis pousser un peu à la consommation devant la fleuriste, ça ne pourrait faire de mal à leur relation. Il sourit et hocha la tête. Logan n’était pas venu pour cela, mais s’il avait quelqu’un à qui offrir des fleurs… c’était un geste qui faisait toujours plaisir. Il le laissa donc prendre une rose et puis ils se dirigèrent tous les deux vers la sortie.

Curieux de nature, il n’allait pas tarder à poser quelques questions à cet homme dont il ne connaissait rien. Mais celui-ci prit les devants et sa question fut sourire Connor. Il haussa les épaules, souriant toujours. Il était d’une politesse un peu guindée dont le jeune homme n’avait pas l’habitude. "Oui et non, à vrai dire. Je suis originaire de tout prêt. Winooski, village collé à Burlington. Mais j’ai pas mal bougé, autant dans l’État du Vermont que ceux aux alentours. Alors j’ai un peu pêché dans les accents locaux d’ailleurs. Ce qui donne un petit mélange indéfinissable." Selon lui, il avait un accent unique. Évidemment, il pouvait se tromper, ce n’était qu’un avis parmi tant d’autres. "Donc je viens quand même de la région, disons élargie." L’accent du Vermont avait des petites différences selon les régions, les villes comme Redwood Hills avait son lot d’accent un peu plus profond, typique des régions rurales, tandis que Burlington ou Winooski, c’était un accent souvent considéré comme plus léger. "Et vous alors ? Je suis pas doué pour les reconnaître… à part le Texas… évidemment…" Un petit rire lui échappa, le Texas et les régions qui avaient un accent vraiment intense à vrai dire. Mais ce n’était pas trop le sujet.

Il se concentra sur l’homme pour qui il faisait le guide touristique. "Vous êtes dans la région en vacances ? En visite ?" Il était curieux, mais ne s’excuserait pas pour cela. Enfin, si une de ses questions vexaient Logan, il le ferait, mais pas en avance. "Comment trouver vous la région ?" Et puis un regard autour de lui, lui fit se dire que peut-être il pourrait indiquer le chemin tout en marchant. "On est sur Waterfall Avenue, si jamais. Et puis dans deux rues, on tournera à droite et puis deux rues plus loin à gauche, ça sera Willow Street, est-ce que vous connaissez le numéro ? Ou vous savez dans quel sens il faut la prendre ?" C’était une question à poser, ça serait idiot de partir dans le mauvais sens, la rue était quand même relativement longue. Enfin ce serait à définir. S’il avait le numéro de la maison, il serait facile de vite voir où il fallait aller.


_________________


Work's good for the mind.
Revenir en haut Aller en bas

avatar

membre qu'on adore
Voir le profil de l'utilisateur
LITTLE TALKS : 64
PSEUDO : Marie
AVATAR : Michael Fassbender
CREDITS : lux aeterna, restlesstymes, tumblr
ÂGE : 38

MessageSujet: Re: lost in paradise | Connor   Mar 7 Aoû - 15:45

Lost in paradise


Stranger in a strange land.

Ça n’en avait vraiment pas l’air comme ça, mais Logan, sans même en avoir conscience, vivait dangereusement, pour le coup. Combien de personnes disparaissaient chaque année sans plus laisser de trace ni donner de nouvelles, que ce soit aux Etats-Unis comme ailleurs. Nulle parano mal placée là-dedans, malheureusement : le Bostonien ne savait au final absolument rien de cet homme qui, une poignée de minutes auparavant, n’était encore qu’un parfait inconnu, don il savait, au final, peu de choses. Combien de personnes bien pensantes, trop confiantes en un sourire supposé honnête et une apparente bonhomie, s’étaient retrouvés pris au piège, aveuglés par une gentillesse de façade cachant les pires desseins. L’on avait beau répéter aux adolescents de ne pas monter faire de stop de manière inconsidérée, aux enfants de parler aux inconnus ou aux habitués des sites de rencontres de ne pas accepter à la légère n’importe quel rendez-vous, le malheureux réflexe amenant à penser que ça n’arrivait qu’aux autres et pas à soi prenait souvent le pas sur l’élémentaire prudence, perçue comme excessive, pour dans certains cas mener à des conséquences critiques.

Qu’aurait cependant dû faire Mathison ? Refuser une main tendue alors qu’il était dans le besoin, sous prétexte qu’un homme de son âge, de sa carrure et de sa condition physique ne devait sans doute pas risquer grand-chose ? Certes, Redwood Hills n’avait pas cet aura de grande ville aux tréfonds inquiétants, comme ça pouvait être lacs pour New-York et Los Angeles, ou même la ville natale de l’éditeur, dans laquelle il s’était fait dérober son portefeuille sous la menace d’une arme, ce qui lui avait quand même causé une belle frayeur… Mais baisser sa garde et accepter de suivre le premier venu en devenait-il une option envisageable, et même plus, une aubaine, quand on songeait que des tueurs en série sévissaient encore partout dans le monde, dans la plus pure lignée de Jeffrey Dahmer et autres Ted Bundy ? Pas insouciant au risque de frôler l’inconséquence ou la naïveté, Logan restait néanmoins confiant en ses capacités à cerner les gens, ou du moins à ne pas se retrouver floué par une première impression hasardeuse. Raisonnablement confiant en la nature humaine, Mathison n’en demeurait pas moins, de par son métier, habitué à user de son empathie naturelle pour comprendre à demi-mots celles et ceux passant la porte de son bureau avec leurs rêves, leurs travers, leur potentiel inexploité. Connor avait tout l’air d’être un chic type, en total accord avec les valeurs américaines voulant qu’il appartenait à tous d’aider son prochain de façon désintéressée. Le pari lui paraissait tout à fait acceptable, et bien loin de tous les scénarios de film d’angoisse que l’on regardait avec un plaisir coupable pour se donner des sueurs froides.

D’un hochement de tête, alors que le crissement de l’emballage plastique, manipulé par les doigts experts du propriétaire des lieux afin d’emballer les roses, Logan salua la réponse de son guide : lui-même n’avait rien d’un globe-trotteur initialement, mais le développement de sa maison d’édition faisant, le nombre de ses déplacements professionnels allait croissant, ce qui ne manquerait pas à l’avenir de l’emmener toujours plus loin de chez lui si sa société parvenait à maintenir sa croissance au beau fixe.

-Je suis de Boston, répondit-il avec un léger sourire, amusé par la référence au Texas et à leurs natifs si typiques. Ce qui n’est au final pas non plus si loin.

Il donnait même presque le tournis de penser qu’à une heure de route ou presque de ce lieu en apparences retiré du monde ou presque se trouvait une des plus grandes villes du pays, remplie de voitures, de bruit, de pollution et d’hyperactivité. Avoir atterri sur une autre planète aurait presque donné une impression semblable.

Tout en calant son cadeau parfumé dans son sac de provisions, tentant de le caler du mieux possible sur sa cargaison, l’éditeur continua sans fard :

-En vacances, oui : la famille de ma compagne habite Redwood Hills, nous sommes venus passer quelques jours chez eux. J’avoue que je ne m’attendais pas à être autant séduit par la ville et son côté atypique.  Je ne suis pas un grand habitué de la campagne… Mais on se sent très vite comme chez soi, ici.

La présence de Scott Winchester et de la secte quasi légendaire aidait-elle à rendre cette opinion aussi positive ? Même un homme aussi droit que Mathison n’échappait pas à une certaine forme de partialité…

Fin prêt, il se chargea à nouveau de son précieux fardeau, avant de s’en remettre pleinement à son accompagnateur.

-ça devrait aller, je devrais pouvoir reconnaître les bâtiments… Et dans le pire des cas, je n’aurai qu’à remonter la rue en sens inverse jusqu’à reconnaître quelque chose. Cela dit, je ne voudrais pas non plus vous retarder plus que ça.

Après tout, Connor venait de lui donner l’itinéraire à suivre, et Logan n’étant a priori pas plus bête qu’un autre, son sympathique interlocuteur pouvait très bien simplement lui répéter ces directions, le temps que l’éditeur les mémorise, et considérer sa mission terminée, de même que la gratitude du Bostonien acquise.




(c) fassystuff

_________________

Light from Above
Vivre est la chose la plus rare du monde.
La plupart des gens ne font qu'exister.
Revenir en haut Aller en bas



Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: lost in paradise | Connor   

Revenir en haut Aller en bas
 

lost in paradise | Connor

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Andrew J.Livingston ◊ are you lost in paradise my love, or have you found a home?
» Lost in paradise || Orf & Suil
» LOST LE RPG
» Paradise City
» Alice always lost... [Validée]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
REDWOOD HILLS :: 
YOU'RE ENTERING REDWOOD HILLS
 :: Waterfall Avenue :: Florist
-
Sauter vers: