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 Scooter vs Vélo (Cartouille)

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MessageSujet: Scooter vs Vélo (Cartouille)   Mer 22 Nov - 11:30

May we meet again..


Carter & Rachel

Les fêtes de noël annonçaient des instants magiques, des atmosphères joviales, dans lesquelles le sourire de la jeune fille finirait forcément par battre à nouveau de son plein. L’espoir quant à cette idée l’envahissait de plus en plus, surtout après que Lexie et elles aient pu partager un moment de complicité au spa. Les massages avaient eu cet effet bénéfique de pouvoir amener un peu de légèreté dans toutes les tensions extérieures qui l’avait assaillie. Telles des coups qu’un boxeur lui aurait infligé, la brunette n’avait pas pu les esquiver, elle les avait encaissé, lui donnant l’impression de lui briser quelques dents au passage, pourtant, elle n’était pas encore au tapis. Elle tenait, pour son meilleur ami surement. De manière à lui prouver que tout comme il avait pu faire preuve de courage par le passé, elle était à même de lui rendre la pareille.  D’autant plus que plus le temps filait et plus Rachel parvenait à percevoir combien tout ceci était rédhibitoire par rapport à ce qui existait vraiment. L’amour de ses sœurs, même si il se terrait derrière des retranchements, était présent en elles. Il demeurait cet esprit de famille auquel elle ne pouvait et ne voulait pas renoncer, parce qu’elle avait besoin d’elles. La déception quant à la réciprocité non appliquée tendait à la blesser, mais elle préférait mettre ceci de côté pour elles. Pour eux. Pour cette famille qu’ils constituaient tous ensemble et qui lui donnait l’envie de se lever le matin pour effectuer les tâches quotidiennes qu’on lui avait assigné. Son avenir n’avait aucune importance, tant ce dernier lui paraissait dérisoire. Elle préférait maintenant appliquer la philosophie du « qui vivra verra », ce qui lui empêchait de se projeter bien sûr. Peut-être vivait-elle dans son monde ? Peut-être même était-elle en proie à s’y coincer pour toujours, au moins elle vérifiait ses propres limites et établissait ses propres barrières, désireuses que plus rien ni personne ne puissent les lui ôter. Son sourire devenait sa meilleure arme pour lutter contre le monde extérieur. Il s’avérait être une excellent moyen pour détourner l’attention et la reporter ainsi sur les autres plutôt qu’elle. Et cela lui faisait du bien de s’oublier un peu, de pouvoir agir en fonction des autres plutôt que s’isoler un peu plus du reste en songeant à qui elle était véritablement. Cette question ne trouverait probablement jamais de réponse puisque sans racines, il était compliqué de pouvoir émettre une direction quant à ce secret. Les adages émettaient les idées que nous étions jugés en raison de nos actes, mais ce jugement ne pouvait révéler notre vraie nature. Tout était une histoire de masque à apposer sur nos visages à des moments opportuns. Si le difficile devenait trop dur à supporter, il suffisait simplement de sourire au reste du monde. De se convaincre inexorablement que tout n’était pas si noir et qu’il saurait persister des beautés cachées de-ci de-là. Il y en avait d’ailleurs. Et la magie de noël en faisait partie intégrante. Les odeurs sucrées transportées vers cette atmosphère festive et chaleureuse. De même que le vin chaud appelait toujours à apporter rires et sérénité dès lors qu’on longeait les allées du pauvre marché de noël. Il y avait toujours des objets insolites à découvrir, des nouvelles modes ou même des couvertures kitchs que la jeune femme se plaisait à choisir. Chacune des chambres du Woodhaven en avait une, pour apporter un peu plus de cet esprit auprès des clients qui découvraient la région. Les bougies avaient également leur part de rôle à tenir sur ce tableau. Rappelant des notes boisées, mettant en exergue des effluves de cannelles grâce auxquelles les plus petits imaginaient déjà l’arrivée du père noël. Tout était orchestré de manière à transmettre le plus possible l’aspect humain de cette fête pourtant commerciale. Et autant l’avouer, Rachel adorait passer son temps à chercher des idées supplémentaires pour raviver un peu plus le hall de l’auberge, ou simplement pour se faire plaisir à sa manière. Les couleurs l’enivraient, les odeurs lui faisaient tourner la tête et elle ne pouvait pas s’empêcher de chantonner les diverses mélodies festives qu’elle reconnaissait à chaque coin de rue. Même Flint avait droit à son petit bonnet de noël. D’ailleurs, elle s’était arrêtée dans la boutique des bric à brac pour essayer de trouver un bonheur de plus à offrir à son meilleur ami. Saluant Edwin au passage, la jeune fille s’enquit de chercher dans les diverses allées LE MUG qui saurait faire plaisir à celui qu’elle adorait plus que de raison. Sa collection dépassait l’entendement, pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de vouloir le voir sourire au détour de cette attention particulièrement marrante. Elle finit par trouver son dû quelques minutes plus tard, et entreprit d’en régler la somme rapidement avant de finalement rebrousser chemin.

La nuit battait de son plein en raison des périodes hivernales. Laissant même entrevoir quelques unes des étoiles qui veillaient ou pas sur elle, Rachel remonta l’allée principale à vélo. Les lumières la guidaient naturellement au point où elle se laissa bercer dans ses illusions. Son chemin initial fut bien vite balayé pour devenir une route qu’elle prenait au fil de ses envies. Toujours soucieuse de se vider l’esprit, elle s’arrêta devant la devanture de la pâtisserie pour admirer les prémices des peintures festives s’y dessiner. Un renne ? Un traineau ? Le Père Noël serait probablement mis à l’honneur cette année et Rachel se réjouissait à l’avance des commandes de sablés qu’elle effectuerait pour l’auberge. Elle reprit sa route par la suite, sans porte plus d’attention que cela au son que la chaîne de son vélo commençait à laisser échapper. Il suffirait qu’elle mette de l’huile en arrivant et le tout serait surement joué. Et puis son escapade nocturne valait bien mieux que le reste. Elle ne tarda pas à allumer la lumière sur le devant de son cadran et continua son épopée. Désireuse cette fois d’aller un peu plus loin que le centre ville pour commencer à aller s’enthousiasmer devant les petites cabanes boisées érigées par-ci par-là dans le décor. Les résidents de cette ville pouvaient se dévoiler comme surprenants et toujours créatifs. D’ailleurs, elle venait tout juste de s’arrêter devant celle d’une vieille dame qu’elle avait toujours connu et qui s’attachait à mettre des lumières le long de chacune des palissades de sa maison tous les ans. Un sourire empli d’émerveillement se glissa sur ses lèvres alors qu’elle essayait de photographier le souvenir dans sa mémoire. Chaque lampe avait sa propre place et cette dernière ne dérogeait pas à la règle d’une année sur l’autre. Le sentiment d’apaisement l’envahit aussitôt, tant cette simple constatation lui prouvait que certaines choses ne changeaient pas. Elle resta ici peut être quinze minutes, avant d’essayer de reprendre la route une nouvelle fois. Mais cette fois-ci, le départ fut un peu plus couteux, au point où elle du s’y reprendre à quatre fois avant que la chaîne s’élance. « Me lâche pas maintenant toi… » souffla t-elle d’agacement alors qu’elle faisait demi tour et qu’elle repassait devant la rivière. Elle pédala plus vite, donnant l’impression d’avoir des ratés parfois. Si elle continuait comme elle était en train de le faire, elle ne tarderait pas à dérailler. Elle le savait, mais la nuit étant ce qu’elle était, elle ne voulait pas se risquer à perdre trop de temps également. D’un regard extérieur, elle devait probablement ressembler à l’un des protagonistes de Stranger Things, désireux d’échapper à la menace environnante des créatures de l’autre monde. Cette idée eut tendance à la faire rire, car dans son malheur, elle parvenait à garder sa passion pour Shinning et toute la science fiction qui en résultait. Cependant, elle fut bien obligée d’admettre que cette fois ci, le tour de pédales avait sonné sa fin… En effet, perdant indéniablement la force de traction, ces dernières se mirent à tourner dans le vide laissant ainsi jaillir de nulle part ce son bien connu du déraillement. Foutue chaine… Rachel s’arrêta sur le bas côté du chemin et commença par enlever la lumière de son cadran pour prendre connaissance de son malheur. « Bordel de merde ! » laissa t-elle échapper dans une plainte audible pour les cerfs et les hérissons qui passaient par là. Vu les dégâts, la meilleure option était d’appeler quelqu’un pour venir la chercher ce soir et la ramener demain matin pour récupérer son fidèle destrier. L’agacement se lisait clairement sur ses traits et dans un élan de désespoir total, la jeune fille entreprit de mettre les mains à la pate pour tenter le tout pour le tout. Après tout, étant dans la malchance la plus totale, rien ne pouvait être pire que cela n’est-ce pas ? Voilà ce qu’elle pensait alors que le bruit d’un moteur commençait tout juste à émaner d’elle ne savait trop où. Ce dernier s’intensifia, annonçant pour l’occasion une arrivée soudaine, ce qui eut l’opportunité de la faire se redresser doucement pour ne pas se faire écraser ou même ne pas effrayer l’arrivant. Autant, elle aurait pu croire au son d’une mobylette, ce qui ne l’aurait pas inquiété, que la vision du scooter eut tendance à lui rappeler ce dont elle songeait toute à l’heure. Visiblement SI, les choses pouvaient être pires. « Tout mais pas ça… » chuchota t-elle pour elle en levant les yeux au ciel. Car oui, elle savait très bien à qui appartenait à l’engin qui était en train de s’arrêter à proximité. Qu’est-ce qu’elle avait fait là haut pour que tout soit contre elle ? La colère et la défensive ne tardèrent pas à se frayer un chemin dans son être. Pourquoi lui ? Maintenant ? Ce soir ? « Te sens pas obligé de t’arrêter, y a rien de spécial, c’est juste la chaîne qui a déraillé et j’attends quelqu’un pour venir me chercher. » Son ton laissait nettement entendre qu’elle n’avait pas besoin de son aide. Elle ne la désirait pas, elle préférait largement rentrer à pieds et toute seule, puisqu’elle n’avait appelé personne pour l’instant. D’une geste instinctif et même si elle savait qu’il s’agissait bien de Carter, Rachel releva sa lumière et baigna la silhouette du jeune homme de cette dernière comme pour lui immiscer les distances à tenir.


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MessageSujet: Re: Scooter vs Vélo (Cartouille)   Mer 27 Déc - 13:42

May we meet again...


Carter & Rachel

Ce scooter, il l'avait eu pour ses dix-sept ans. Il avait parcouru toutes les rues de Redwood Hills avec lui, et les routes environnantes, dans une tentative excitante de toujours repousser plus loin les limites de son existence. Il en avait pris grand soin - comme il le faisait avec tous les engins motorisés qu'il avait pu posséder. Le deux-roues était encore en bon état. Il aurait pu, et sûrement dû, le vendre, puisqu'il n'en avait plus autant l'utilité qu'autrefois, mais l'attachement que l'on peut éprouver pour les choses matérielles l'en empêchait. Cette même nostalgie des temps anciens, où il filait à vive allure à travers la campagne, l'avait conduit à songer que, comme il n'avait pas encore racheté de voiture, et qu'il comptait bien, sa maison achetée, définitivement ne plus dépendre de ses parents, il pourrait trouver un nouvel usage à son scooter. Pour cette raison, il s'était rendu sur le chantier sur lequel il travaillait actuellement grâce à celui-ci, en début d'après-midi.

Les choses avaient un peu traîné. D'abord, il avait fallu passer en revue nombre de détails sur lesquels les différents protagonistes n'étaient vraisemblablement pas parvenus à trouver un accord. Ensuite, ils avaient dû s'entretenir avec le maire de la commune, qui avait visiblement décidé de leur mettre des bâtons dans les roues, revenant sur ses engagements précédents. Enfin, l'architecte étant un bon ami, ils avaient discuté toute la soirée - du projet, de quelques imprécisions qui demeuraient, puis d'éléments moins sérieux -, si bien que Carter n'avait emprunté la route du retour qu'à vingt heures passées.
A dire vrai, cela avait peu d'importance à ses yeux. Bourreau de travail, les heures supplémentaires ne le dérangeaient pas tant, et rentrer tard n'avait jamais été un souci. Il aimait ce qu'il faisait, et dans son perfectionnisme maladif, se serait de toute manière refusé à achever un contrat à la date prévue s'il ne se trouvait pas satisfait du résultat.
Le scooter filait sur la route de campagne, et le vent battait les plis de ses vêtements. Il était bien heureux d'avoir mis son casque, des gants et une écharpe, car il redoutait le froid - plus que les mesures de sécurité ne lui tenaient à cœur. Enfin, il aperçut le bourg dans lequel il avait toujours vécu. Il ralentit l'allure, et s'engouffra dans le village. Pour rentrer, il longerait la rivière. Le coin s’auréolait d’une quiétude qu’il savait apprécier, et renfermait de nombreux souvenirs d’enfance.

Au bout d’un temps, il aperçut une lumière, qui vrillait l’air nocturne, glissait sur les courbes ferraillées d’un vélo, et s’agitait en tous sens. Il ralentit, jusqu’à arriver à hauteur de l’individu qui pestait contre le sort, et à qui il comptait demander s’il nécessitait un coup de main. Néanmoins, lorsqu’il fut assez prêt, il reconnut la silhouette, puis le visage, de Rachel Miller. Il arrêta son véhicule – peut-être un peu trop nettement –, surpris malgré lui de la trouver ici, au seuil de la nuit. Rachel Miller ; amante d’un temps, il y avait de cela plusieurs années. Finalement, femme bernée, trompée, et délaissée. Schéma récurrent ; leur histoire résonnait aux côtés de celle qu’il avait partagé avec Elise, et contre celle-ci, aussi. Leur relation avait été adultère. Elle avait des valeurs morales, alors il lui avait toujours menti, tentant de cacher la réalité envers et contre tout, essayant de se voiler la face, en fin de compte. Puis, il avait fui, comme souvent – comme toujours –, et la vérité avait éclaté aux yeux de la belle brune. Carter Callahan n’était pas un homme bien.
De son côté, il avait espéré, depuis son retour, ne pas avoir à la croiser. Ses confrontations avec Elise lui avaient laissé un goût amer. Il n’osait pas imaginer celle à venir avec Rachel – parce qu’elle finirait bien par venir, n’est-ce pas ? – et avait tendance à éviter les lieux qu’elle pouvait fréquenter, comme l’auberge. Mais maintenant… coincé, piégé. Devait-il se comporter comme un mec sympa et l’aider, même si elle stipulait clairement qu’elle ne voulait aucunement de son aide ? A dire vrai, il ne savait pas comment réagir, ni comment agir. Cette situation était pour le moins loufoque, et imprévisible – en tout cas, son imagination se trouvait ici face à ses limites.

Finalement, il soupira, retira son casque précautionneusement, et passa une main dans ses cheveux. La lumière de la lampe torche frappa alors sa rétine ; il plissa les yeux, grimaça, et leva ses deux mains devant son visage. Le message était saisi : elle lui en voulait, elle n’avait pas envie de le voir, elle le détestait, aucune explication ne parviendrait à excuser sa conduite, et il méritait de pourrir en Enfer – il commençait à être habitué à ce discours, et n’avait donc même pas besoin qu’on le lui formulât oralement pour deviner que c’était ce qui faisait trembler les pensées de son interlocutrice. Il ne savait jamais que dire ou que faire. Son orgueil retenait toutes ses excuses – malgré les nombreux encouragements d’Alarik. Sûrement devait-il se repentir, prouver sa bonne foi, tenter de recoller les morceaux du carnage qu’il avait laissé derrière lui. Pour mentir, il savait jouer des mots. Pour dire la vérité, pour demander un pardon, pour s’expliquer, les choses étaient bien différentes. Dans ces moments-là, il semblait que sa langue s’engourdissait, que son esprit se paralysait, et que sa bouche, pâteuse, se trouvait dans l’incapacité de prononcer le moindre son. Etrangement, dans ces cas-là, les actions lui seyaient mieux. « Je peux toujours essayer de te remettre ta chaîne en attendant. ‘Fin si t’arrêtes de m’aveugler, éventuellement. » précisa-t-il. En outre, il se voyait mal remettre son casque et filer en direction de chez lui, abandonnant Rachel aux griffes de la nuit. Altruisme ou intérêt, difficile à dire. Il avait aussi l’arrière-pensée que ce départ, au mieux, détériorerait encore leur relation, au pire, le rendrait responsable d’une éventuelle tragédie dont il ne voulait rien savoir.
Aussi, il éteignit le moteur, laissant juste les phares allumés. Puis, il descendit et s’approcha de la jeune femme et de son vélo – sans oublier de rester à une distance plus que respectable. Comme pour la convaincre de ses bonnes intentions, il ajouta : « Ça m’est arrivé souvent, quand j’étais gamin, de devoir remettre la chaîne de mon vélo après qu’il a déraillé. » Les fils Callahan, à l’époque, étaient connus pour parcourir les rues de Redwood Hills à vive allure, juchés sur leurs bicyclettes, le rire au bord des lèvres. Carter n’avait pas tout oublié du passé.

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MessageSujet: Re: Scooter vs Vélo (Cartouille)   Dim 28 Jan - 9:36

May we meet again..


Carter & Rachel

Pourquoi avait-il fallut qu’elle emprunte ce passage ? Pourquoi avait-elle eu cette idée saugrenue de s’aventurer dans les bas fonds de la forêt juste pour aller voir les décorations de noël des maisons les plus reculées ? Elle s’exaspérait toute seule. Elle comprenait dès à présent pourquoi beaucoup lui attribuait le qualificatif d’immature. Toute personne censée n’aurait pas eu l’envie de parcourir cet espace le soir seule. D’autant plus avec les derniers évènements récents qui plongeaient la ville de Redwood dans cette sorte de méfiance constante. Visiblement, Rachel n’en avait que faire de tout cela. Du moins, l’avait-elle cru alors qu’elle se trouvait confiante envers son vélo. Son ami de route qui l’avait toujours suivi et ce depuis d’innombrables années maintenant. Jamais, il ne lui avait fait un tel faux bond, jamais il ne l’avait lâché aussi égoïstement que ce qu’il venait de le faire à présent. Et même si elle était probablement de la même famille que Mc Gyver, il n’en restait pas moins que la nuit avait cette fâcheuse tendance à l’isoler des moindres petits éléments à même de pouvoir l’aider à rafistoler sa chaine. Le froid mordait aussi bien ses joues que ses doigts, l’amenant à pester contre le sort qui donnait lieu de s’acharner contre elle. Si elle avait cru au destin, peut-être en aurait-elle cherché les effets papillons de ce qui l’avait amené jusqu’ici aujourd’hui. Elle aurait tout le luxe de s’y intéresser plus tard. Pour l’heure, il lui fallait une solution et cette dernière ne donnait pas l’impression de venir lui planter un point d’exclamation au dessus de sa tête, comme il était récurrent de le trouver dans les bulles de BD. Rien. Le néant total et avec lui, le désespoir qui commençait à vriller ses ressentis pour lui faire admettre qu’elle n’était qu’une idiote. Grace avait raison. Il fallait qu’elle grandisse et surtout qu’elle arrête cette tendance à se victimiser. Il fallait qu’elle avance. Mais entre la théorie et la pratique, il y avait forcément un gouffre. Pour l’heure, elle n’avait pas encore trouvé le pont pour le franchir et devait simplement faire avec. Avec cette chaine, avec ce roulement, avec ce froid, avec la nuit, et avec… Son regard se mit à changer du tout au tout, se refermant derrière des tonnes de barrières alors que le moteur de ce scooter lui rappelait des souvenirs d’antan. Carter Callahan. L’homme qui avait changé sa vie et qui l’avait rendu honteuse au plus haut point. L’homme qui l’avait trahi et abandonné sans même lui accorder une explication de plus. De toutes les manières, elle n’était pas sûre de vouloir en entendre. Il n’y avait rien à dire à ce sujet, si ce n’était peut être lui cracher au visage le venin qui l’avait consumé pendant tout ce temps. Dire qu’elle lui en voulait n’était surement pas assez fort pour exprimer son véritable ressenti face à leur histoire. Elle l’avait aimé entièrement et sincèrement alors que lui lui avait menti pendant tout ce temps. Il lui avait fait croire en des rêves qu’elle aurait crus réalisé à ses côtés pour finalement les briser à grands fracas contre un miroir dès lors qu’il l’avait décidé. Il s’était joué d’elle, avait profité de sa naïveté, pire, il avait impliqué une autre femme dans cette histoire. Et finalement toutes les deux n’avaient rien demandé. Rien, si ce n’était de la vérité. Voilà surement où était le déclencheur de cet effet papillon ? Il se trouvait juste en face d’elle et venait d’ôter son casque.

Le choc de constater de son visage renfrogna de plus belle l’air colérique de la jeune femme. Car oui, cela restait un choc d’avoir à se confronter à lui. Les années avaient beau être passées depuis, il n’en restait pas moins que tous les non-dits et toute cette précaution à s’éviter mutuellement la frapper en plein visage à ce moment même. Malgré ses gestes pour se cacher de la lumière, Rachel ne baissa pas une seule fois sa lampe. Cela émettait une distance invisible qu’il ne devait pas franchir, parce qu’elle ne l’y autorisait pas. Plus jamais, elle ne voulait qu’il l’approche tout comme elle ne désirait pas non plus qu’il puisse lui venir en aide. Lui devoir quelque chose était, pour l’heure, de trop. Voilà pourquoi elle cherchait à le faire fuir. Pour se protéger, pour ne pas avoir à souffrir une fois de plus, mais c’était probablement trop tard car elle ressentait déjà toute cette frustration qui l’avait envahi le jour de son départ. Sa rancœur serait probablement omniprésente pour toujours et elle ne savait même pas si elle parviendrait à avoir la force de le pardonner pour ce qu’il leur avait fait à Elise et elle. Ses yeux se plissaient davantage encore, comme pour chercher l’entourloupe derrière les mots qu’il venait d’échanger. Ses bras étaient en train de se croiser, sans pour autant délaisser cette volonté de continuer à maintenir la distance entre eux grâce au faisceau lumineux. Carter avait toujours cette tendance à se montrer comme l’homme adorable, mais à quel prix. Il l’avait berné une fois, Rachel n’était pas prête pour se faire avoir une seconde. Sans dire un mot, pour l’instant, elle se contenta de se reculer de quelques pas afin de lui faire comprendre qu’il pouvait s’aventurer vers son vélo si il y tenait. Il n’hésita pas à le faire, ce qui eut le don de faire machinalement sourire la jeune femme, qui reconnaissait là l’un des traits de son altruisme. Car malgré tout ce mensonge, Carter restait un homme avec une bienveillance particulière. C’était ce qu’il lui avait plu en premier lieu, ça et tout ce qu’il avait pu lui apporter par sa présence et ses encouragements. A une distance qu’elle jugea adéquate à la situation, la brune se contenta de le laisser faire et ne put que hausser ses sourcils devant les efforts qu’elle entendait. « C’est pas la première fois qu’elle me fait ça non plus. Sauf que d’habitude, il fait jour c’est plus … facile à remettre. » commenta t-elle tout en gardant son regard sur son vélo sans oser le regarder lui.  Le faisceau lumineux vrilla pour s’attacher à éclairer l’endroit qu’il fallait et le silence donnait l’impression de s’abattre lourdement entre eux. Une normalité aux vues des tensions qui persistaient. « Bizarrement, je t’imagine assez bien petit avec ton vélo. » continua t-elle sur sa lancée dans un ton qui se voulait à mi chemin entre le cynisme et la sympathie. Elle préférait rester sur la retenue, de manière à ce que cette rencontre s’écourte assez rapidement. Même si quelque chose lui disait qu’ils n’en auraient pas fini aussi facilement que cela. « Tu passes par de drôles de chemins toi aussi à ce que je vois. » Oups, le cynisme avait pris le dessus pour cette phrase. Un rappel vers quelque chose qui n’aurait surement pas du être évoqué. Le côté catimini de Carter s’entendait nettement dans le ton de la voix de Rachel et pour cause, vu le recul de l’espace cela lui paraissait évident qu’il allait probablement rejoindre une nouvelle victime de ses mensonges. Oui elle en arrivait à le juger et elle ne s’en trouvait pas pour autant gênée. Après tout, ce n’était pas elle qui l’avait mené en bateau tout ce temps et malgré sa sympathie de l’instant, elle n’oubliait pas. Elle ne pourrait jamais le faire. Le froid lui mordait un peu plus les doigts, les jointures de ses mains devenaient blanches alors qu’elle serrait à la fois le manche de sa lampe torche et serrait son autre poing. La jeune femme se crispait sans même s’en rendre compte. « Je t’assure que t’es pas obligé de faire ça. Valait surement mieux que tu fasses comme si tu ne m’avais pas vu… Cette situation est vraiment bizarre. » Là encore, il lui avait été difficile de se retenir, pour la simple raison qu’elle avait toujours était entière de cette manière. Rachel était toujours dans la démesure parce qu’elle ressentait les émotions trop intensément et elle ne savait pas si elle était stressée, énervée, angoissée, effrayée en ce moment même. Tout ce qu’elle savait c’est qu’elle ne voulait pas se confronter à cela. Parce qu’elle n’était pas assez forte pour le faire et parce qu’elle savait qu’elle en souffrirait encore. « Je peux pas faire semblant en te demandant comment tu vas et ce que tu fais de ta vie. C’est plus fort que moi, je ne peux pas. » rajouta t-elle alors qu’elle se reculait encore. Ses tempes résonnaient et il lui semblait ressentir une zone de peace maker dans sa gorge.



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