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 /+18/ Le repos est un rêve ; la vie est un orage [PV Adaline]

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MessageSujet: /+18/ Le repos est un rêve ; la vie est un orage [PV Adaline]   Jeu 7 Déc - 22:32

Le repos est un rêve ;

la vie est un orage


Ft Adaline & Sveinn Magnússon


122 Lilac Road - Redwood Hills
Jeudi 12 Octobre 2017 - 02h12

Je me réveille brutalement, me redresse dans un sursaut, le cœur affolé, la gorge sèche et le corps en sueur. Ma tête est lourde, et mes doigts tremblent. Un effroi indicible a envahi tout mon être, m’abandonnant à une très désagréable sensation d’oppression et de terreur paroxystique.  Je peine à respirer, et mon rythme cardiaque continue de s’emballer, alors qu’une part de moi-même cherche encore instinctivement à retenir les images angoissantes de mon affreux cauchemar. Mais pourquoi vouloir m’infliger une seconde fois la douleur du souvenir ? C’est toujours la même chose, de toute façon. Chaque nuit, ou presque, je me noie dans des abîmes fétides et écœurants, hantés par des corps décharnés, mutilés, démembrés, torturés, ou décomposés. Le tout dans une atmosphère toujours plus glauque et morbide. Ma noirceur n’y apparait que plus crue. Mes erreurs se révèlent encore plus ignobles et impardonnables.

Le radioréveil affiche deux heures douze du matin. La lune diffuse une lumière blafarde dans la chambre, habillant de sa lueur laiteuse les cheveux soyeux, et le délicat arrondi de l’épaule d’Adaline. Je la contemple un instant, avec un certain étonnement, tout en cherchant à récupérer mon souffle. D’habitude, après un cauchemar d’une telle intensité, elle m’accueille toujours avec tendresse, à grand renfort de baisers, de câlins et de douces attentions. Mais là, rien... Rien du tout. Sa respiration est lente et régulière, comme si elle dormait paisiblement. Pourtant, même si elle me tourne le dos, je sais qu’elle n’a pas succombé à l’appel des bras de Morphée. Comment le pourrait-elle, avec la violence de mes terreurs nocturnes ? Elle m’inflige seulement son indifférence glaciale, pour me faire payer le fait de lui avoir fait débarrasser la chambre du bébé hier. Je ne suis pas complètement idiot, même si nous n’en avons pas parlé depuis, j’ai bien remarqué que ça l’avait éprouvée. Et elle m’en veut. En revanche, je ne m’attendais pas à tant de mesquinerie de sa part. Elle me déçoit…

Dépité, je m’allonge à nouveau en m’enroulant dans la couverture, lesté d’un très désagréable sentiment de déréliction. Je grelotte, et quelques frissons parcourent ma colonne vertébrale. Impossible de me défaire de cette intense angoisse qui me tiraille le cœur, et qui me vrille les tripes. Perdus dans le vague, mes yeux restent ouverts dans l’obscurité. Je refuse de regagner l’enfer que j’ai quitté quelques minutes plus tôt. Je veux juste me calmer. Oublier. Et goûter enfin au véritable repos… Au bout d’une dizaine de minutes, les tremblements de mes doigts se changent en crispation. Et je sens que ma terreur se mue peu à peu en colère. J’ai beau retourner la question des centaines de fois dans mon esprit embrumé, je ne peux cautionner l’insupportable indifférence d’Adaline. Je me fous royalement qu’elle soit dans une période de deuil. Son rôle, c’est de s’occuper de sa famille. Et jusqu’à nouvel ordre, sa famille, c’est moi ! Elle pourrait au moins prendre sur elle, et faire semblant ! Pleurer ce fœtus n’y changera absolument rien !

Finalement, je me décide à réclamer mon dû, en venant me blottir contre elle, et en pressant puissamment mon torse contre son dos. J’ai besoin de sentir la chaleur de son corps contre le mien. Evidemment, l’espoir d’une prochaine fusion charnelle n’est pas étranger à la manœuvre. Le sexe a toujours été le moyen le plus rapide de calmer mes angoisses, et apaiser mes sombres pulsions. Alors forcément, j’aimerais qu’elle y mette un peu du sien ! Je dégage délicatement les cheveux qui encombrent sa nuque, pour venir y déposer quelques baisers, tandis que ma main droite caresse la ligne exquise de ses hanches, en glissant sous le barrage de tissu de son petit débardeur blanc. Comme quoi, je suis également capable de douceur et de tempérance malgré mon envie lancinante de l’enfiler directement ! Heureusement pour elle, je n’ai pas pour projet de la brusquer ce soir. Juste par principe, et en dépit de ma vive appétence pour le sexe brutal… Elle l’aurait mérité pourtant !!!

J’approche mes lèvres de son oreille, et susurre ces quelques mots sans équivoque : « - J’ai très envie de toi…». Le résultat escompté n’est malheureusement pas au rendez-vous. Je sens son corps se crisper sous mes doigts, et elle repousse la main qui s’aventurait un peu trop près de son intimité. J’agrippe fermement son poignet pour l’empêcher de terminer son geste, n’hésitant pas à serrer ma poigne avec vigueur. Depuis quand c’est à elle de décider ? Et puis elle me lâche un « pas maintenant » qui me laisse pantois pendant quelques secondes. Je fulmine. Mais quand alors, bordel ?!!! Elle ne le sait probablement pas, mais à cet instant, je la fusille du regard, malgré l’obscurité. Je prends vraiment sur moi pour ne pas exploser. J’ai toujours eu beaucoup de mal à gérer la sensation de rejet. Ça remue trop de choses négatives en moi…

Faute de trouver une suite non-violente à ce conflit inacceptable, je la lâche en pestant, rejette exagérément les couvertures, puis quitte la chambre en claquant férocement la porte. Je bouillonne intérieurement. Je hais quand je perds le contrôle ! Elle a gagné sur ce coup-là, mais je n’ai pas dit mon dernier mot ! Indubitablement, je me suis montré trop tolérant et laxiste à son égard. Je l’avais surestimée… Une chose est certaine : je vais lui faire passer l’envie de recommencer ! J’aurai plaisir à la briser, pour la remodeler à ma guise…


●   ●   ●   ●   ●   ●   ●   ●   ●   ●


122 Lilac Road - Redwood Hills
Jeudi 12 Octobre 2017 – 07h48


Je me masse la nuque pour détendre mes cervicales endolories, éprouvées par la fin de nuit que j’ai passé sur le canapé. Et comme si ce n’était pas suffisant, j’ai eu froid… Même si ma tempête intérieure s’est enfin apaisée, je n’ai toujours pas digéré le fait d’avoir été rejeté par ma propre épouse. C’est tellement humiliant !... Dégradant… Horripilant ? Tout ça à la fois, en fait… Je regarde ma montre d’un air distrait, puis soupire. J’aurais espéré croiser Adaline avant de partir au boulot, mais madame a décidé de jouer les marmottes.  Dommage…  Je fouille un des tiroirs et en sors un de ces stylos pailletés à la con, faute de mieux. Ca écrit mal, c’est moche, et ça brille, mais ça fera bien l’affaire. J’arrache une feuille du carnet que j’ai toujours dans ma poche. Alors que je m’apprêtais à lui laisser un petit mot sur la table, j’entends finalement le bruit de ses pas sur le carrelage.

Quand elle entre dans la cuisine, je peux sentir sa crispation tant la tension dans l’air est palpable. Elle craint probablement ma réaction, surtout qu’elle n’a pas l’habitude que ma colère soit dirigée contre elle. Si mes souvenirs sont bons, ce n’est jamais arrivé, d’ailleurs. Elle cherche timidement mon regard pour savoir quelle attitude adopter, puis se détend légèrement lorsqu’elle constate que je lui souris tendrement. « - Bonjour, mon trésor…». Rien ne transparait de mon amertume. Le ton est doux, et chaleureux. « - Tu veux un café ? Il est encore chaud...» Bien sûr, elle aura noté que, malgré mon attitude avenante, je ne suis pas venu l’embrasser, ni l’enlacer comme à mon habitude… Ma soudaine distance aura de quoi l’intriguer, je suppose. Peut-être même va-t-elle s’inquiéter… Et c’est justement le but recherché. Je l’observe par-dessus mon épaule, tout en versant une tasse de café. « - Assied-toi. Ce matin, je m’occupe de tout.»

Je dépose la tasse devant elle, puis apporte un sachet de viennoiseries encore chaudes. L’odeur qui s’en échappe est un véritable appel à la gourmandise. J’en ai acheté une demi-douzaine de toutes sortes, ne sachant vraiment laquelle lui ferait le plus plaisir. « - Tu pourras aussi en offrir à tes patients, si tu veux...» Je souris en apercevant l’étincelle de surprise dans ses yeux, puis prend place en face d’elle, tout en reprenant un air beaucoup plus sérieux.  « - J’ai bien compris que tu as besoin de te centrer sur toi-même en ce moment…» Evidemment, le message sous-jacent est beaucoup moins glorieux, et j’espère sincèrement qu’elle saura le décrypter. En fait, je viens d’annoncer à demi-mots qu’elle a fait preuve d’égoïsme, la nuit dernière. Je veux qu’elle en prenne pleinement conscience, et qu’elle en ait honte. Je ne sais pas si sa réflexion ira jusque-là, mais je sème quelques cailloux dans ce sens. « - Et je promets de faire des efforts pour te laisser tout l’espace qu’il te faudra pour te reconstruire…»

Je jette un œil vers ma montre puis me lève brusquement, manquant de peu de renverser ma chaise. « - Merde ! J’suis carrément en retard !!!». J’attrape mon manteau en trombe puis lance à la dérobée : « - Je file. On reparle de tout ça ce soir. OK ?» Sur ces quelques mots, je m’éclipse hâtivement. Sans l’embrasser, ni l’étreindre. Une fois de plus… Et je sais déjà que je ne serai pas de retour avant vingt-deux heures. Pas utile de le lui préciser. Tout comme le fait que j’ai oublié mon téléphone sur la table de nuit… Je la veux inquiète, et désemparée. Si tout se passe comme je l’ai prévu, ce soir, cette pauvre petite âme trop douce, va subir la deuxième salve de mon acrimonie, beaucoup plus frontale cette fois-ci…




Spoiler:
 


Dernière édition par Sveinn Magnússon le Dim 31 Déc - 20:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: /+18/ Le repos est un rêve ; la vie est un orage [PV Adaline]   Lun 11 Déc - 21:32

Le repos est un rêve ; la vie est un orage.


Cette nuit, tout a basculé...
Il fallait que tout disparaisse. Tout. Par mes soins. Pénitence. Redemption. Réparer ce qui est cassé, brisé. Mon coeur est en miettes et il me donne gracieusement de quoi faire disparaître le moindre éclats en m’imposant cette tâche. Des larmes. De la rage. De l’incompréhension aussi. Ces derniers mois ont été tellement magiques, que je ne comprends pas cette froideur, cette distance si soudaine. Je me sens si seule, désemparée face à ce deuil que je dois affronter sans le soutien normalement sans faille de mon époux. Combien de fois ai-je eu envie de hurler pour que cesse ma douleur? Combien de fois ai-je espéré qu'il me laisse me blottir contre son coeur pour quelques larmes partagées? Combien de fois? Sa main est chaude mais un frisson glacé parcourt mon corps tout entier. Il m'a posée là, dans l'entrée de “sa” chambre, son cocon, son nid douillet qui comme moi demeurera vide. Il m'impose, logique implacable. C'est mon boulot. Une violente nausée me saisit les tripes déjà nouées.

Puis, il m'a laissée là. Ses mots si rudes raisonnant dans mon crâne noyé de chagrin. Oui mon pyjama est moche, c'est un vieux t-shirt où un panda joue à saute mouton et mon pantalon n'a plus vraiment de forme depuis le temps. Mes traits sont tirées, mon visage blême aux cernes rappelant l'animal joyeux sur mon haut. Mon regard cristallin est devenu terne, mes cheveux attachés à la va vite avec un élastique multicolore. Bref, un tue l'amour ambulant qui a le centre qui émet des gargouilli d'une faim que je ne ressens même pas finalement. Mais s'il avait bien voulu se montrer compatissant ne serait-ce qu'un instant? Une minute de son temps, je pourrais faire cette effort qu'il me demande et passer ce terrible cap qui me barre la route vers la guérison. Rien, du moment où il a appris la nouvelle de la bouche du gynécologue à mon passage dans la salle médicalisée pour que j’expulse cet être qui ne deviendra jamais enfant. Si froid, si distant.

Je sais que je l'ai déçu en ne menant pas cette grossesse à terme. Tout allait si bien. On avait tout prévu pour l'annonce, il avait pris du temps pour rendre cette pièce adorable au possible et on avait acheté de quoi l'accueillir déjà. Et cette nuit là, c'est moi qui ai réveillé Sveinn de mes hurlements. De cette tension brutale dans mon ventre. Puis le sang souillant les draps, la peur dans le regard de mon époux durant tout le trajet jusqu'à l'hôpital le plus proche. L'inquiétude et l'espoir que ça ne soit qu'une fausse alerte. Le bruit sourd et rapide de son coeur avait laissé place à un silence de plomb. A l'image, pas la moindre trace de cette petite tâche qui s'anime de manière vive. Rien que le silence et le regard inquiet du gynéco qui cherche désespérément un angle qui ferait passer les ondes, qui lui montrerait que la vie est toujours présente. Rien. Aucun réconfort à trouver. Ce petit être n'est plus et ne sera jamais.

La chambre est quasi vide. Le désespoir la remplit à présent. Reste la frise avec les animaux joyeux, la moquette amusante, le lustre étoilé. Tout a finit dans des cartons que j'ai porté au grenier comme Jésus portant sa croix, sur plusieurs aller retour et sans personne pour témoigner de sa foi. Seule avec ces petites choses mignonnes qui irait sentir le renfermé à l'étage, dans cette pièce des trésors oubliés. Vieux magazines datant de ses parents, bibelots, meubles, journaux intimes. Il ne vient jamais ici, je m'y réfugie parfois quand je me sens seule et qu'il part en trek, quand j'ai envie d'en savoir plus sur sa vie d'avant ou que sa présence me manque.

****

Je dors comme un loir, ça change et ça me fait un bien fou. Pas de cauchemars. Pas de pleurs de bébé qui me font sursauter à chaque fois que je plonge dans le sommeil. Rien. Pas même les réveils brutaux de Sveinn. Rien. Juste la quiétude d'un repos durement gagné et mérité. Un miracle? Non, un somnifère. Pas glorieux, j'ai rien dit. Lao pris presque en douce dans la salle de bain. Sveinn me désigne déjà comme faible, inutile de rajouter de l'huile sur le feu. Je soupire. Le parfum de sa peau légèrement moite, effluves d'un sommeil agité. Mon épiderme frissonne à mes cheveux qui glissent contre elle. Son souffle chaud, son corps affamé cherchant l'union. Du sexe? Maintenant? Je sais qu'il en a besoin pour apaiser ses terreurs. Mais je suis incapable d'endosser ce rôle ce soir. Plus tard. Pas maintenant, c'est trop tôt.

Mon esprit peine à quitter le cotonneux d'une nuit sous somnifère. Son théière me ramène sur terre en un battement de cils, ses doigts cohérent sur mon débardeur en quête de ma peau chaude. Sa voix brûlante, ces mots limpides. Je frissonne, frémis, c'est physique, ça ne se contrôle pas. Mentalement, je ne peux pas. Et la psyché prend les commandes du corps qui était prêt à s'offrir. Raideur, crispation, refus de cette main envieuse de faire naître en moi quelques sensations exquise. Je ne l'ai jamais repoussé, jamais. Ma bouche encore ensommeillée parvient à articuler un maigre ”Pas maintenant.” Quel affront de ma part, moi qui toujours docile et serviable. Et sa réaction est à la hauteur de ce simple geste, retirer ses doigts qui furètent, effleurent, caressent. La crispation à changé de propriété, une tempête se prépare, un orage, il souffle, peste, sèche sa main se dégage de ma peau, les couvertures nous découvrent brutalement et son pas furieux quitte le nid conjugal. Ce qui est malheureux c'est que mon esprit trouve cette solitude agréable, bienvenue alors que les médicament qui coulent encore dans mon sang endorment mes inquiétude pour que je replonge dans le néant.

*****

Le réveil affiche 7h48. L'odeur du café est venue me tirer des tréfonds, des bras agréables de Morphée. Une boule d'angoisse à pris soudainement place dans ma gorge et mes tripes. Il n'est pas revenu cette nuit et dans peu de temps, il va aller au boulot. Sortir ou non du lit? Continuer de faire la morte et sourire quand il rentrera ce soir? Cette nuit était si parfaite hormis le réveil mode barre de fer dans les reins. Je soupire, rejette les couvertures et mérite tout en me redressant sur le matelas. Les bras au plafond, je pose les pieds au sol pour y trouver mes chaussons licorne molletonnés à souhait.  Mes doigts glissent dans ma chevelure sombre pour y mettre un semblant d'ordre. Le reflet dans le miroir près de la porte me renvoit une image pas trop dégueulasse pour une fois.

Mon pas feutré ne passe pas inaperçu sur le parquet. Je suis embarrassée autant qu’angoissée de l'état de la tempête. Intérieurement le noeud se se fait quand son visage souriant se tourne vers moi, il s'apprêtait à écrire un mot avec mes stylos “à la con”, il les déteste mais ce que je peux adorer les paillettes. Je recherche toujours à combler ce vide laissé par mes jeunes années en communauté. Prévenant, mots doux, je prends place à la table. - Bonjour mon amour. Oui s'il te plait. Il me sert une tasse mais je frissonne à l'absence du rituel petit bisou ou de la petite étreinte qui me tient chaud tout au long de la journée, dose d'amour et de tendresse qui manque cruellement après l'orage. Et ça doit se voir sur mon visage, le sourire qu'il m'avait communiqué laisse place à la mimique boueuse d'une enfant à qui on a dit “non” pour une friandise. Il y a le jus fraîchement pressé, le café chaud et même tout un assortiment de viennoiseries… Mais pas de marques d'affection habituelles. J'ai donc merdé en le repoussant?

- Oh… Heu… Oui je n'arriverais pas à tout manger. C'est vraiment adorable de ta part.

J'essaye d'y mettre les formes. Je fais de mon mieux de manière sincère. Je ne veux pas que l'orage éclate, je veux de la quiétude et de l'amour. Il prend place en face de moi qui fait plonger de ma cuillère un morceau de sucre roux, un bout de croissant dans la bouche. A sa mine sérieuse, je déglutis difficilement, acquiesçant à sa première phrase. Oui, j'ai besoin de me centrer sur moi-même, c'est un travail des plus difficile à faire. Une gorgée de café pour réveiller mes neurones. La suite me plait guère, je ne veux pas qu'il me laisse de l'espace pour me reconstruire. Je veux qu'on se reconstruise ensembles, tous les deux, comme on a toujours fait, ensembles. Je m'apprête à lui dire le fond de ma pensée mais l'heure qu'il lit sur sa montre le dressé sur ses jambes en me faisant sursauter au passage… mon café en fait les frais et la table en boira quelques gorgées. Le temps de rien et il est déjà prêt à m'abandonner pour la journée avec cette discussion importante en suspend. En reparler ce soir. La porte se referme et la bonne nuit de sommeil disparaît en un claquement de doigts. Le soleil semble plus terne, l'odeur des viennoiseries moins agréables.

Après une demi heure à “déjeuner”, c'est à mon tour de me préparer pour aller au boulot. Cette fois pas de garde à à, on a besoin de moi au cabinet. La saison de la grippe ouvre bientôt; toutes les mains sont réquisitionnées pour vacciner les personnes à risque. Je file donc dans la salle de bain apres avoir tout débarrassé et préparé un panier pour les collègues avecles viennoiseries, le reste de jus d'orange et des dosettes de café avec plus de saveur que celui qu'on achetait pas cher. Le passage par la chambre me fait marquer un arrêt. Le lit. Théâtre de cette scène avortée elle aussi. Drame? Comédie romantique? Polar? Je ne sais pas sur quel pied danser et je n’aime pas être habitée par ce doute. Un soupire las quitte mes lèvres et je file dans le dressing me trouver une tenue chaude et agréable à porter. Une douche express, la vue de ma nudité, de ma féminité me déplaît quelque peu. La journée va être longue, je le sens. Normalement il doit terminer vers 19h ou 20h et moi pour 18h je suis à la maison. Il n'a jamais répondu à mon sms de dîner romantique.  A moi de faire des efforts ce soir je crois.

_________________

So, I lost my head a while ago
But you've seem to done no better
We set fire in the snow
It ain't over, I'm not done

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MessageSujet: Re: /+18/ Le repos est un rêve ; la vie est un orage [PV Adaline]   Ven 29 Déc - 15:02

Le repos est un rêve ;

la vie est un orage


Ft Adaline & Sveinn Magnússon


Je monte encore le volume de la musique, jusqu’à m’en vriller les tympans. Le son est rapide, puissant, lancinant. Les notes, fortes et pressées, sont comme les flots d’une mer déchainée. La voix gronde, hurle, s’étrangle. Les pulsations des basses me prennent aux tripes. Je suis carrément dans la surenchère sonore, jusqu’à pleine saturation des sens. Cette violence dans la musique est comme un exutoire, ayant pour seul but l’évacuation de toute ma colère et la libération de mes pires frustrations. La qualité sonore laisse à désirer, et je m’en fous royalement. Seuls les watts comptent. L’esprit court-circuité, je suis dans une sorte de transe furieuse. Je roule beaucoup trop vite. Ma conduite est devenue agressive et dangereuse. Et je les emmerde. Tous. Encore une bonne heure de route jusque White River Junction, probablement moins à cette allure. J’avale l’asphalte, sans réellement me préoccuper des règles élémentaires de sécurité. J’ai la sensation irrationnelle d’être immortel. A moins que ce soit un moyen détourné de venir caresser la Mort en secret. Je suis un enfant du chaos. Je me sens étrangement bien dans ce magma de sentiments brûlants, intenses et destructeurs.

Mais cette transe ne dure pas… Aux abords de Brookfield, je sens bien que la tempête laisse peu à peu place au néant. Après la colère, il ne reste que bien peu de choses finalement. De la déception, de la tristesse, de la peur et du dégout. C’est tout… Je coupe la musique, qui m’insupporte maintenant, offrant ainsi une pause bien méritée à mes oreilles. Je ne comprends pas pourquoi je m’inflige une musique aussi atroce. Pour peu qu’on puisse appeler ça de la musique… Un rapide coup d’œil sur le compteur pour enfin me décider à ralentir et respecter les limitations de vitesse. Je pousse un profond soupir tout en passant la main dans mes cheveux. C’est dingue tout ce que je peux encaisser chaque jour ! Parfois, j’ai envie de tout envoyer valser. Faire mon sac, et partir. Fuir tous ces cons. Abandonner les mensonges et les faux-semblants, pour redevenir enfin moi-même. Et tout rebâtir sur des bases saines et solides. Ce serait tellement plus simple ! Mais carrément utopique, malheureusement… Je laisse voguer distraitement mon regard sur le paysage qui défile, en rêvant d’autres horizons. Il n’y a bien qu’en montagne que je me sente réellement bien…

J’arrive enfin devant l’hôpital militaire de White River Junction, une large bâtisse de style néo-colonial, avec des pierres brunes typiques et de longues colonnades blanches. Les extérieurs sont très arborés et bien entretenus. Une délicate odeur d’automne se dégage des feuilles multicolores. Mais ne vous fiez surtout pas au charme de l’endroit… Ça reste un lieu de détention et de mort. Je viens à peine de garer le 4x4 sur le parking, que je sens déjà mon ventre se nouer. A chaque fois que je débarque ici, j’ai l’impression de jouer mon avenir, comme à la roulette russe. Une chose est certaine : je ne supporterai pas un nouvel internement. Plutôt crever ! L’adrénaline gonfle mes veines, et je suis prêt à tous les débordements. Adaline ne suspecte rien de ces visites trimestrielles, ni de leur possible impact sur ma vie, mais d’habitude, je l’appelle juste avant l’entretien. C’est mon rituel. La voix douce de ma femme a le don de m’apaiser, et son amour me donne le courage nécessaire pour affronter ces juges sacrificiels. Je n’aurai rien de tout cela aujourd’hui… Elle m’a lâché, la garce. Je ne peux m’empêcher de pester intérieurement. Et puis merde ! J’ai pas besoin d’elle !!! Je respire profondément, en tentant de ravaler mes derniers relents de colère. Ma montre affiche 14h15. Il me reste à peine une dizaine de minutes pour me dégourdir les jambes. J’ai juste de quoi faire un aller-retour jusqu’au centre de recherche sur les troubles de stress post-traumatiques. Oui, ici, même les balades pour se détendre sont chiantes…

Le Dr Ernst Davenport, chef de service, me scrute par-dessus ses lunettes cerclées de bleu. Je ne supporte pas ce type, il a l’art et la manière de me déstabiliser… et de fouiller mon esprit de manière inconvenante. Je le hais d’entrer ainsi dans ma tête ! Vade retro satanas!!! Anita Oates, la psychiatre qui me suit régulièrement à Burlington, se tient à ses côtés. Elle m’adresse un sourire qui se veut rassurant. C’est sans effet. Et je n’aime pas le chemisier qu’elle a choisi de porter pour l’occasion. Je sais déjà que Davenport a eu accès à tous nos échanges, et j’appréhende son analyse. Il est à la fois juge et partie, et peut me condamner sur une simple intuition. C’est carrément flippant. Enfoncé sur ma chaise, je tente de masquer ma nervosité derrière une décontraction feinte. Il pose les coudes sur son bureau et s’avance légèrement vers moi. Pour créer un lien ? Pffff.  Essaie toujours, mon vieux. « - Je vais être très honnête avec vous, monsieur Magnússon…» Cette entrée en matière ne présage rien de bon. Par réflexe, je tourne la tête vers la porte d’entrée du cabinet, gardée par Cerbère, un infirmier aux allures de garde du corps maléfique. Je lâche un soupir de contrariété, puis croise les bras. « - Voilà trois ans que j’ai récupéré votre dossier. Si les deux premières années furent encourageantes, nous avons noté une étonnante stagnation de vos progrès depuis lors, voire une légère régression. Un peu comme si, plus ou moins consciemment, vous refusiez nos méthodes thérapeutiques. Toute l’équipe soignante est là pour vous aider, mais nous n’arriverons à rien sans votre coopération.» Passsss biieeeennnnn. Vilain Sveinn. Je mérite un coup de règle sur les doigts, c’est ça ? Bon, il me fout un zéro pointé pour la participation, et après ? Il abandonne ? Il ne va pas aller chercher au-delà de mes mots ? J’ai vraiment réussi à les mettre en déroute ? On arrête la thérapie ? C’est vrai que je fais ce que je veux avec Anita. Je vois bien qu’elle en pince pour moi, et j’en abuse à outrance. Mais lui, il a plus d’expérience, et je l’imaginais bien plus pugnace. Il me déçoit finalement. Il n’est pas aussi bon que je ne l’avais cru…

« - Pourtant, nous sommes tenus à des résultats. Alors, avant de renvoyer votre dossier à Jacksonville, j’aim…..».   Je me lève brutalement, renversant ma chaise dans un fracas assourdissant. Je vois rouge. J’irradie. Je perds complétement le contrôle. Ce n’est plus moi. Je crie, j’exulte. « - Jamais je ne retournerai là-bas. JAMAIS !!! Vous entendez ? JAMAIS !!!» Les deux psys se sont écartés du bureau, le visage transi de peur, ou de surprise. Anita a même lancé un petit cri suraiguë proche des ultra-sons. Je renverse tout. J’arrive plus à respirer. Je panique. J’ai mal. L’infirmier m’attrape par derrière et m’injecte le contenu d’une seringue dans le bras. Il n’a pas le temps de terminer, que, d’un coup d’épaule, je le propulse contre un des meubles de rangement. Une plante en pot s’écrase bruyamment contre le sol. Je cherche à reprendre mon souffle, en les dévisageant. Tous. Je suis empli de haine pure. Bien qu’hésitant, le Dr Davenport s’approche de moi, à pas lents, et la main levée en signe de non agressivité. « - Calmez-vous. Vous ne m’avez pas laissé terminer ma phrase… Ecoutez-moi…». Je suis comme un fauve. J’ai soif de sang et de vengeance. Mais je sens que le produit commence déjà à faire effet… Mon corps devient mou, ma tête s’embrouille. Je tremble excessivement. Je perds l’équilibre. L’infirmier s’est relevé, et me force à m’assoir sur ma chaise. Bordel ! Il est fort, l’animal ! « - LÂCHEZ-MOI !!!». Je me débats quelques secondes puis fixe méchamment le Dr Davenport. « - Putain ! J’vais vous saigner, vous et vos bouclettes!!!» J’ai l’impression d’étouffer. Je suis terrifié.

Il me faudra un bon quart d’heure pour retrouver mes esprits. Avec la dose de calmant, je me sentirais presque détendu. Anita éponge mon front avec une serviette humide. Je la remercie avec un timide sourire. Je me sens un peu con, maintenant. Le Dr Davenport s’est installé sur une chaise à côté de moi. Je le trouve étonnement calme. « - Soyons clairs. Je ne vous renverrai pas à Jacksonville tant que nous n’aurons pas tout essayé. J’allais simplement vous proposer un nouveau type de thérapie…». Je hoche la tête, à la manière d’un gamin qui se prend une réprimande par son père. « - Est-ce qu’on pourrait discuter de ce qu’il vient de se passer ?». J’ai beau fouiller dans mes souvenirs, mais rien ne justifie ma réaction. Rien du tout. C’est absolument disproportionné. « - Je n’y comprends rien… Je sais juste que je ne dois pas y retourner. C’est tout. Je le sens au fond de moi…». Il m’observe attentivement. Ma réponse ne doit pas lui suffire, mais je ne sais vraiment pas quoi répondre d’autre. « - Et comment le sentez-vous, exactement ?». C’est moi, ou elle est bête sa question ?! Je jette un regard vers Anita, visiblement inquiète, et trop occupée à prendre quelques notes à la hâte sur un calepin à spirales pour m’aider. « - Ça fait mal. C’est comme si on me brulait à l’acide de l’intérieur…». Il hausse les sourcils. Sa réaction me contrarie. « - Vous savez, je ne suis pas fou !». « - Je n’ai jamais pensé que vous l’étiez...». Je marque une légère pause, en me rendant compte que la conversation me mettait passablement mal à l’aise. « - Au final, il n’est jamais bon de réouvrir d’anciennes blessures. La cicatrice n’en sera que plus laide...». Il se retourne vers moi, appuyant son regard et ses mots comme s’il voulait qu’ils m’imprègnent. « - Sauf si la plaie s’est dangereusement infectée…».

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MessageSujet: Re: /+18/ Le repos est un rêve ; la vie est un orage [PV Adaline]   Dim 7 Jan - 13:07

Le repos est un rêve ; la vie est un orage.


Cette nuit, tout a basculé...
C'est fou comme ses paroles et actes doux m'ont paru douloureux, lourds à porter une fois la porte claquée sans la moindre marque d'affection comme à l’habituée. Étreintes, baisers, caresses en versant le café chaud, rien. En ce moment tout n'est que vide et absence. Je n'ai rien fait pour que l’on se câline lui et moi c'est certain mais… Je souffre bien trop pour réfléchir et agir normalement. Nous avons tout de même perdu un enfant et on devrait se soutenir. Non? Me plonger dans le travail était la meilleure solution à mes yeux pour ne pas trop y penser et tenter de mettre du stresse et des obligations sur ce trou béant dans l'espoir de le combler, de l'oublier. Après la terrible épreuve que m’a fait vivre mon époux, celle de vider seule la chambre, je sombre à nouveau, bouffée par la culpabilité et le remord. Je serais donc fautive de cette perte? J'ai pourtant tout fait pour que cette grossesse se passe au mieux; diminuer mes heures, modifier mon alimentation pour renforcer mes défenses et celles du bébé, zéro alcool, zéro stresse. Alors, pourquoi? Pourquoi nous infliger cette épreuve effroyable? Le bonheur semblait si proche et si simple. Maintenant, je touche le néant et la froideur mordante de ce manque d'attention et de tact de mon viking. Son coeur a-t-il été avorté en même temps que l'expulsion de ce foetus qui devait être notre bébé?

Je n'ai pas réussi avaler la moindre bouchée, le jus d'orange menaçait déjà de faire le chemin inverse que j'ai préféré laisser tomber l'idée d'un petit déjeuner équilibré. Le café encore chaud a fini dans une tasse thermos et j'ai emballé le reste du petit déjeuner dans un panier de pique nique pour les collègues. J’allais devoir arborer mon masque de sérénité rayonnante pour ne pas faire naître les questionnements, personne ne sait rien de mon état actuel et passé, personne ne doit rien savoir. Sveinn a été catégorique là-dessus. Je l'aime mais ne le reconnais plus. Le deuil prend-il cette forme chez lui? Je suis perdue et il ne m'aide en rien en se référant dans son mutisme à la con. Je range toute la table, fais la vaisselle, je prends de l'avance sur mon retour du boulot, j'ai le temps, l'odeur du café m'a levée suffisamment tôt pour ça. Sans doute qu'il n'a pas été très judicieux de ma part de lui cacher ma prise de somnifère, très mauvaise idée quand on a un mari qui est sujet à des réveils qui font trembler les murs. Comment j'aurai pu imaginer qu'il voudrait que l'on fasse l'amour ? Je me disais avoir du temps encore avant que… qu'il soit en manque. Je me sens fautive dans toute cette histoire et c'est douloureux.

Je soupire en passant dans la chambre, en voyant le lit. Revenir en arrière ne changerait absolument rien parce que je me refuserais encore. Il me faut bien plus que quelques jours pour m'en remettre et bien plus que l'une de ses terreurs nocturnes pour que j'accepte de lui ouvrir à nouveau mes cuisses. Je suis en colère autant que perturbée par ce matin, par cette nuit. Je me fais couler une douche brûlante qui diffuse dans la pièce une buée presque étouffante, bon moyen de ne pas avoir à affronter mon reflet nu dans le grand miroir en pied. Une fois habillée, j’enfile mon manteau et mes bottes fourrées avant de quitter la maison comme si je n'y reviendrais plus jamais, le coeur lourd.

♡♡♡♡

~ Pause de midi ~

J'ai fait sensation avec mon petit panier garni. Les premiers patients ont même pu en profiter en complimentant au passage le sourire radieux que j’affichais depuis mon arrivée au cabinet. Personne ne se doutait de rien et ils se permettaient même, pour certains, de supposer que j'avais passé une bonne soirée en compagnie du “charmant Sveinn”. *Non pas du tout. J'ai du avorter de mon bébé mort en moi. Mon “charmant Sveinn” est devenu froid comme son pays d'origine et s'est emporté quand je me suis refusée à lui la nuit dernière. Oh et il a sans doute fait une terreur nocturne d'où le désir de s'unir à moi pour retrouver le sommeil. Et j'ai été incapable d'honorer mon rôle déposé modèle.* Mais non, je glousse, mes joues se teintent d'un rose embarrassé et je termine de remplir les dossiers avant de les classer. Je ne suis pas d'un naturel bavarde et aujourd'hui, je le suis encore moins. Je ne cherche pas à savoir plus que ce que je n'ai besoin, cela ne dérange pas les patients ou mes collègues. On a tous des jours avec et des jours sans, disons qu'à leurs yeux c'est un jour avec moins, mettant ça sur le fait que je n'ai pas eu de jours de repos avec ma garde à St Alban, donc moins de temps avec mon époux. C'est fou ce que les gens peuvent imaginer si on ne leur donne que des miettes de pain à grignoter. Les ragots, les rumeurs se contentent du minimum…

À table, je retrouve un peu d'appétit, profite d'un verre de vin entre collègues pour fêter l'anniversaire de l'un de nos médecins. Ce verre me coûte. Il me renvoie à ma nouvelle  condition, à cet être disparu. Et ma main se pose sur mon ventre vide. Je me crispe, baisse le visage sur mon assiette de poisson sauce au beurre blanc, riz et petits légumes vapeur. J'ai envie de fondre en larmes alors qu'une bonne blague vient d'être racontée. Une bulle de mélancolie et d'angoisse m'entoure et je me sens horriblement seule. Sveinn n'a pas répondu à mes sms, encore, après le déjeuner je téléphonerai à la mairie pour savoir à quelle heure il termine. Pas de dessert, mon estomac ne supportera pas un aliment de plus et je dois tenir toute l'après-midi encore. En plus de la grippe qui approche, on a déjà sur les bras une épidémie de gastro entérite, c'est bien notre veine.

♡♡♡♡

~ 16 heures ~

C'est plus une boule d'angoisse que j'ai dans l'estomac c'est bien pire, un ouragan, un tsunami qui pointe à l'horizon. J'ai les mains qui tremblent et je ne parviens pas à  me concentrer sur ce que je fais. Alice m'a convaincue de partir ou plutôt m’a chassée de mon poste parce qu'elle craint que je sois en train de couver quelque chose. J'ai accepté, j'ai fuis le cabinet les larmes aux yeux, une violente nausée dans le fond de la gorge. Dans le bus, j'ai retenu mes larmes, accentuant cette boule dans mon être tout entier, masqué mon visage derrière un rideau de cheveux sombres en faisant mine d'être très intéressée par mon téléphone sur une page d'un article que je ne lis pas. Sveinn avait quitté le travail à midi. Que je me suis sentie débile quand la secrétaire de la mairie me la annoncé presque étonnée que je ne le sache pas. J'ai dû feindre d'avoir oublié que c'était ce jour qu'il terminait plus tôt. Impossible de le joindre alors. Incompréhensible qu'il soit partit si tôt alors qu'il m'avait dit qu'on parlerait ce soir. L'angoisse et les scénarii qui se bousculent dans mon crâne douloureux. Je ne le reconnais plus. Je ne nous reconnais plus. Je tente de ne pas trop y penser pour ne pas m’écrouler, m’effondrer devant tous les passagers du bus. Je n’aime pas qu'on me remarque, encore moins dans un tel état de détresse psychologique.

Lilac Road. Je descends du bus et me réfugie dans notre maison, la porte close, je me laisse tomber contre cette dernière dans un flot de larmes silencieuses. Mon sac tombe, se renverse, mes clefs rejoignent ce fatras qui accompagne mon lâcher prise. J'ai retenu ces émotions toute la journée et le vase déborde, explose dans l'intimité glaciale de notre foyer. Une demi heure? Une heure? Le temps passe et je continue de pleurer sans parvenir à apaiser cette tempête émotionnelle. Les scénarii vont du plus terre à terre au plus fou et irréaliste. De l'adultère à la désertion dans les montagnes voir même l'accident de voiture. Je suis désemparée, je ne parviens plus à avoir les idées claires tant elles sont parasitées par des touches de noirceurs insondables. Je tente de reprendre pieds, pestant contre moi-même en posant mes yeux bouffis et embrumés sur le bordel sur le sol. Les mains tremblantes, me voilà à quatre pattes à rassembler mon fatras dans mon sac à main, je tombe sur une échographie oubliée dans une des pochettes. Mon estomac ne supporte pas cette vision, ce fantôme aux joues rondes. Je me redresse à la hâte, trébuche sur mon rouge à lèvres et me rue dans la salle de bain pour vomir. Adieu le maigre repas avalé.  

J'avais planifié un repas à deux, un peu de vin et surtout beaucoup de discussion pour tenter de de faire le noeud de notre relation en souffrance. Mais maintenant que je n'ai aucune certitude sur son retour? Je quitte la cuvette, tire la chasse et vais me passer un peu d'eau fraîche sur le visage. Le miroir est un enfoiré de me renvoyer mon reflet. Les yeux gonflés et rouges, le visage marqué par les larmes et l'effort fourni d'avoir rendu mon déjeuner. Je suis méconnaissable. Je me traîne jusqu'à la chambre après avoir avalé une gorgée d'eau et un cachet contre le mal de crâne. Je me laisse tomber sur le lit, j'ai encore aux pieds mes bottes et mon manteau sur les épaules, j'en retire mon téléphone et tente un dernier appel à Sveinn avant d'abandonner pour aujourd'hui. La vibration de son mobile fait écho à la tonalité. La lumière vive de son écran éclaire la chambre que j’avais laissée dans la pénombre. Des larmes roulent sur mes joues. Il n'a même pas ressenti le besoin de prendre son téléphone. Je sens si seule, perdue dans cette incompréhension de son changement si brutal d'attitude envers moi. Répondeur. Je raccroche. 17h45. L'écran s’éteint, le selfie de nous deux avec le filtre oreilles de lapin disparaît.

18h. J'ouvre les yeux. J'ai chaud. Je passe une main sur mon visage. Merde, je porte encore mon manteau et mes bottes. Avec difficultés, je quitte le lit et retourne dans l'entrée pour me déchausser et ranger mes affaires encore en désordre. J'ai le coeur en miettes. Sveinn devrait normalement rentrer dans une heure voir deux grand max. Deux choix s'offrent à moi; me morfondre en allant me terrer sous la couette dans l'espoir d'un lendemain rayonnant aux oiseaux qui chantent ou rester sur ma première idée et lui offrir, nous offrir, un dîner romantique. Je fais le tour de la question une bonne demi heure avant de me décider et de me dépêcher d'aller me doucher, m'apprêter et enfiler une tenue plus chaleureuse. Dans la cheminée un bon feu accueillant, vin débouché et mis en carafe, assortiments de petites choses à grignoter avant de savoir si oui ou non il faudrait un plat plus consistant par la suite. Préparer tout ça parvient à m'arracher un léger sourire de satisfaction, à  alléger mon coeur lourd. La maison est terriblement cocooning, le délicieux parfum de cheminée et des bougies respirent le bien être et le zen, ça change. Ça me fait du bien.

20h. Je nourris l'espoir de l'entendre arriver, d'entendre la voiture rentrer dans le garage. Rien. Tout est prêt et je l'attends. Je n'ai pas moyen de le joindre, je n'ose pas non plus appeler Isiah pour savoir s'il a parlé à Sveinn. Si je passais ce coup de téléphone, je devrais expliquer la situation et ça serait ridicule de l'inquiéter s'il rentre. Je me fais des films, la boule d'angoisse revient se loger dans mes entrailles et le fond de ma gorge. Je suis là, debout dans le salon, mon regard se pose sur tout ce que je viens de préparer pour mon époux qui ne vient pas. Pour mon époux qui me laisse terriblement seule avec ma douleur, ma détresse psychologique. Pour mon époux qui n'a pas eu la moindre compassion et m'a forcée à vider la chambre tel un fardeau pour espérer une éventuelle rédemption. Il n'est pas là. Je suis seule avec mon désespoir. Je me traîne vers le bar avec mon chagrin au bord des lèvres, j'ai besoin d'un verre sinon je vais devenir folle.

Attention, je ne compte pas me servir un petit rosé pour me sentir légèrement pompette, non je me saisis d'une des bouteilles d’aquavit de Sveinn. Alcool en main, je retourne à la table si bien dressée pour une soirée en solo. Pour ne pas me sentir trop seule, j'allume la télé et trouve un “reportage” sur des chasseurs de fantômes. Le premier verre est rude à passer, alcool fort quand tu nous tiens. Je veux noyer mon chagrin et annihiler mon esprit qui tourne à plein régime à en devenir assourdissant. Je me suis faite belle pour lui, ai fait des efforts pour ne pas me morfondre et il ne vient pas. Je ravale mes larmes, j'ai assez pleuré pour aujourd'hui. Second verre. Le noeud est remplacé par la chaleur apaisante et anesthésiant de l'aquavit, voilà ce dont j'avais besoin. Je prends jamais ses bouteilles mais là, il me fallait au moins ça pour ne pas trop dépérir.

21h30. Mon troisième verre descend moins vite, je le savoure presque, je suis prise dans l'enquête des chasseurs de fantômes dans un vieux saloon rénové en chambre d'hôtes où les clients et les propriétaires disent avoir vu, entendu et senti des présences. Il y avait eu un carnage dans ce saloon, la ruée vers l'or, des putains intéressées avaient joué de leurs charmes pour s'en prendre aux ivrognes aux poches garnies. C'est prenant, c'est bien tourné et je me laisse happer par les images et les sons dont le volume est augmenté pour que l'on puisse se faire une idée de ce qui est dit. Je suis dans un état second où les émotions nocives se sont envolées pour le moment. Elles reviendront, plus violentes et douloureuses de les avoir occultées un laps de temps mais je m'en moque bien, je me sentirais presque bien. Je ne regarde même plus l'heure, je l'espère plus vraiment un retour, il m'en veut, il a besoin de temps, soit. Le sommeil, l'alcool à dû me cueillir quelques minutes avant la fin de l'épisode. Verre numéro quatre plein, la bouteille sérieusement entamée, les bougies à demi-consumées, les petits four froids depuis longtemps, le feu crépitant. Bras croisés, ma tête reposant dessus, je dors sans moindre songe. Merci Aquavit. Merci pour cette pause salvatrice.

_________________

So, I lost my head a while ago
But you've seem to done no better
We set fire in the snow
It ain't over, I'm not done

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MessageSujet: Re: /+18/ Le repos est un rêve ; la vie est un orage [PV Adaline]   Dim 14 Jan - 2:10

Le repos est un rêve ;

la vie est un orage


Ft Adaline & Sveinn Magnússon

Légèrement haletant, je me laisse échoir mollement sur un des bancs disponible, tout en massant mon épaule droite, qui vient de recevoir un mauvais coup. J’ai clairement du mal à me concentrer. Quelques idées stagnantes tournent en boucle dans ma tête, et m’empêchent d’être à ce que je fais. Et impossible de me dépêtrer de cette angoisse latente, qui m’englue le cœur et l’esprit !

J’ai la désagréable sensation d’avoir joué au rat de laboratoire tout l’après-midi. J’ai rencontré plusieurs spécialistes, avec leurs belles blouses blanches immaculées, qui m’ont soumis à tout un tas de tests aussi éprouvants qu’absurdes. Surtout absurdes, en fait. Ça s’est éternisé beaucoup plus que de raison. Bien au-delà de ce que j’ai connu jusque-là... Et, une chose est certaine : ce n’est pas bon signe ! J’ai bien vu qu’ils étaient contrariés, et que leurs concertations suscitaient pas mal de tensions et de questionnements. Je suppose que ma crise du début d’après-midi à clairement joué en ma défaveur. Pourquoi est-ce que j’ai perdu le contrôle comme ça ?! Je me foutrais des claques, franchement ! Je les revois encore me proposer de manière insistante leurs « stages sur plusieurs jours ». Ai-je vraiment l’air d’être si naïf ?! Ils veulent m’enfermer, je le sens bien, et cette perspective désastreuse me tords les boyaux. Mais hors de question de les laisser faire ! Nous sommes finalement parvenus à un compromis. Après m’avoir suggéré l’idée saugrenue d’« associer Adaline au processus de soins », idée que j’ai évidemment refusé en bloc, ils m’ont incité à rejoindre un groupe de parole et d’entraide. Pour prouver ma bonne volonté, j’ai accepté cette proposition idiote. Et puis ça ressemble à quoi ces groupes ? C’est comme les alcooliques anonymes ? Je m’appelle Sveinn Magnússon, voilà trente jours que je n’ai pas cédé à mes pulsions destructrices. Applaudissements et remise de médaille pour abstinence à la folie ? Putain, quelle belle connerie !!! S’ils savaient… Je dispose d’exutoires terriblement plus efficaces, bien que moins avouables…

« - Eh Sveinn, t’es avec nous ?». Je cligne plusieurs fois des yeux pour enfin sortir de mes pensées. Terry me fixe avec sa bonhommie habituelle. Je réponds par un sourire légèrement crispé. Physiquement, cet homme ne paie pas de mines, mais il est incroyablement efficace en combat. C’est d’ailleurs parce que c’est le meilleur d’entres nous, qu’il dirige généralement chacune de nos séances. Sans se disperser, il me rappelle sommairement le programme. « - Ushiro-Mawashi-Geri.». J’acquiesce d’un signe de tête, puis me lève pour reprendre l’entraînement. Répéter inlassablement les mouvements, des centaines, voire des milliers de fois, jusqu’à obtenir le geste parfait. La discipline poussée à son paroxysme. Etonnamment, j’adore ça. Depuis mes quinze ans, le Jujitsu a été une véritable révélation, et m’a bien souvent permis de canaliser mes énergies négatives. Mais c’est bien plus grand que ça, encore… C’est un système de pensées, une connexion au monde, jusqu’à l’infini…

♡ ♡ ♡ ♡


Je jette un rapide coup d’œil vers ma montre. 23h36. Honnêtement, je ne pensais pas rentrer si tard. Mais pour évacuer toute mon angoisse et ma colère, j’ai dû enchaîner avec une longue séance à la salle de sport. L’entrainement de Jujitsu n’aura pas suffi à calmer mes nerfs, qui ont bien trop encaissé ces derniers temps. Journée de merde. Heureusement, à force d’exercices, j’ai enfin retrouvé mon calme… Posté devant la porte d’entrée, je me mors légèrement la lèvre inférieure, hésitant une seconde à entrer. J’ai préparé minutieusement ma stratégie mais crains d’y aller trop fort, ou trop vite. Il se peut qu’elle ne soit pas encore prête pour ça… Un mauvais dosage pourrait nous coûter cher, à tous les deux, et je n’ai surtout pas envie de la perdre prématurément. Mais c’est justement pour ne pas la perdre que je fais tout ça ! Adaline, c’est un ange. Elle a illuminé ma vie, depuis qu’elle y est entrée, et je n’imagine plus ma vie sans elle. Cependant, si je dois lui briser les ailes pour qu’elle reste à mes côtés, je le ferai sans aucune hésitation. Depuis notre mariage, elle m’appartient. Et concrètement, ses récentes dérives méritent une correction… Je ne peux décemment pas laisser passer ça !

En entrant, je suis accueilli par un mélange de senteurs agréables. Je peux distinguer celle des bougies parfumées ainsi que celle, plus discrète, du feu de cheminée. J’esquisse immédiatement un sourire de satisfaction. Je savais que mon soudain éloignement la pousserait à faire des efforts à mon égard. C’est visiblement chose faite ! Je lance mes clés sur le meuble d’entrée puis ôte mon manteau, avant de le ranger dans le placard prévu à cet effet. Je reste figé quelques secondes devant la vision qui s’offre à moi, quand j’entre dans le salon. Les yeux encore écarquillés sous le coup de la surprise, je découvre ma femme assise à table, endormie, la tête posée sur ses bras croisés. Une bouteille d’Aquavit bien entamée et un verre encore plein à portée de main. Elle a dû se rincer la tronche en m’attendant. Vraiment classe. Terriblement élégant. Bravo, ma chérie ! Je secoue la tête, dépité. Ce spectacle est absolument affligeant. Dégradant, même. Je m’étais préparé à tout, sauf à cela. Elle me déçoit une nouvelle fois. Finalement, il ne manque plus que le filet de bave au coin des lèvres, pour compléter ce triste tableau... Je soupire puis avale quelques-uns des petits fours laissées sur la table, froids, malheureusement, tout en l’observant, l’œil mauvais... Elle ne se réveillera donc pas ? Je sers les poings, ma mâchoire se crispe. Une colère sombre commence à embraser mes sens. Je m’étais promis de ne pas user de violence avec elle, mais cette scène pathétique me donne des envies de meurtre. Elle ne se montre pas digne de moi, et c’en est insultant. Décidément, elle cumule les mauvais points !!! Est-ce qu’elle le fait exprès ? Joue-t-elle sciemment à me provoquer? Elle doit absolument comprendre que son rôle est d’obéir à certaines règles immuables, dont celle de me témoigner du respect !

Soudain, je frappe bruyamment la table des deux mains, le claquement est suffisamment puissant pour que la bouteille tremble et que son verre manque de se renverser. Elle s’éveille en sursaut. Les yeux perdus et encore embrouillés, elle ne semble pas comprendre ce qu’il se passe, ni même où elle se trouve. C’est ça, de picoler, ma belle ! Un sourire aux lèvres, mais le regard glacial, je la fixe sans ciller, avant d’ajouter d’une voix douce : « - C’est tellement bon de rentrer chez soi ! Surtout après un tel accueil, mon amour…» J’ai pris le temps d’appuyer lentement sur chaque mot. Si son état d’ébriété n’est pas trop avancé, elle aura bien évidemment noté cette touche de sarcasme, à peine voilée.... D’un pas rapide, je fais le tour de la table, pour finalement me poster juste devant elle. Je l’observe de haut en bas sans réelle discrétion, comme on le ferait pour un animal. Tiens, je n’avais pas remarqué que ma petite alcoolique avait fait des efforts de présentation… Sa robe lui va à ravir, et soulignent délicieusement ses courbes affolantes. Sexy, sans être vulgaire. Tout ce que j’aime ! Malheureusement, elle n’a absolument aucune prestance ce soir… J’esquisse un sourire en coin, tout en posant l’une de mes mains sur son genoux gauche. Mes doigts remontent doucement vers son mont de Vénus, sans pourtant l’atteindre, soulevant au passage le tissu léger de sa robe, tandis que mon autre main lui écarte brutalement les cuisses, qu’elle referme aussitôt dans un geste réflexe. Mon regard, devenu cruellement sombre, plonge dans le sien. Toute mon attitude se fait menaçante, malgré la douceur dans ma voix. « - Je te conseille vivement de te laisser faire, Adaline…» La lueur de terreur que j’entrevois dans ses jolis yeux clairs ne fait qu’attiser un peu plus mon désir pour ce corps qui se refuse…


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/+18/ Le repos est un rêve ; la vie est un orage [PV Adaline]

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