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 Tout grandit en se changeant en souvenirs [PV Robin]

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MessageSujet: Tout grandit en se changeant en souvenirs [PV Robin]   Dim 31 Déc - 17:26


Tout grandit en se changeant

en souvenirs


Ft Robin Myers & Sveinn Magnússon


Redwood River
Lundi 06 Novembre 2017 - 14h09
Température extérieure : 3°C


Cible verrouillée. Tentative d’approche engagée. Il ne m’échappera pas ! Toute l’équipe compte sur moi, je suis leur dernier espoir. Leur avenir pèse sur mes épaules. La pression gonfle au fil des minutes qui s’égrènent. Le sol est instable, la progression complexe, mais il en faudra plus pour m’arrêter. J’y suis presque. Encore quelques mètres… Et ?... Je plisse les yeux, réajuste la cible. C’est quoi ce machin au juste ??? J’approche lentement, en veillant à ne pas me vautrer comme un vieux flan, manquerait plus que ça. Une sorte de bâche en plastique ??? Je soupire. Et merde… Bon, même si j’ai pas retrouvé le sac de mémé, j’aurai au moins nettoyé la rivière et ses berges d’un sacré paquet de détritus ! Si ça tenait qu’à moi, je casserais volontiers les doigts des pollueurs pour leur faire passer l’envie de recommencer ! Une botte dans l’eau, et l’autre sur la pente boueuse et glissante, mon équilibre reste précaire, mais ça ne m’empêche pas de sortir mon couteau pour démêler le plastique des branchages. Advienne que pourra.

J’ai jeté mes trouvailles dans l’une des poubelles qui jalonne le chemin, puis continue mon exploration des berges de la rivière, avançant toujours vers l’aval. J’ai la très désagréable sensation de chercher une aiguille dans une botte de foin, et ça a tendance à sévèrement m’agacer. La patience n’a jamais été mon fort, à vrai dire. Et pour quelle gloire, au juste ? Pour un baiser de la dame ? Ah bah putain, ça a de quoi laisser rêveur… Alors que je m’apprêtais à rebrousser chemin, j’aperçois une femme, une cinquantaine de mètres plus loin. Bon, allez. Je ne risque rien d’aller lui demander si elle n’a pas trouvé le précieux sésame ! J’aime à croire aux miracles, c’est mon côté grand-enfant…

Instinctivement, je la reconnais tout de suite, même après vingt-trois ans sans la voir... Il y a quelque chose, dans son profil, ou dans sa posture, qui m’a fait immédiatement penser à la petite fille d’autrefois. C’est assez incroyable. D’autant plus que je ne suis pas particulièrement physionomiste, habituellement. Par contre, ça pique un peu… je viens de prendre un sacré coup de vieux ! Je m’approche doucement, pour ne pas l’effrayer. Elle semble perdue dans ses pensées, et je m’en voudrais de briser cet instant méditatif. Tout est si calme autour d’elle... Au loin, trois cygnes glissent paisiblement sur l’eau, indifférents à la température ambiante, pourtant proche de zéro. Quelques vaguelettes ondulent et clapotent inlassablement contre la berge, et les hautes herbes virevoltent au gré du vent.

A y regarder de plus près, son retrait spirituel n’a rien de méditatif, je peux lire une profonde tristesse dans son regard. Je ne sais pas dans quelle zone trouble elle se trouve en ce moment, mais il va bien falloir l’y déloger. Bon, je me jette à l’eau – pas littéralement, vous comprendrez bien. Je glisse mes gants humides dans ma poche, puis m’approche discrètement, enfin, aussi discrètement que possible. Parce que quand on porte une grosse parka orange fluo, avec bandes réfléchissantes, histoire de ne pas prendre le risque de se faire renverser par un pédalo furieux, la notion de discrétion est un concept abstrait.  Pourtant, elle se laisse surprendre, et sursaute quand je réajuste délicatement les pans de son manteau pour mieux lui couvrir le cou, comme je le faisais autrefois. « - Il ne faudrait pas prendre froid, princesse.» J’arbore un léger sourire, parce que je sais pertinemment qu’elle détestait qu’on l’appelle "princesse". Je me souviens même qu’elle parvenait à me faire mal avec ses petits poings, quand elle était décidée à se venger d’un tel outrage. J’aimais la titiller, et elle réagissait toujours au quart de tour...




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MessageSujet: Re: Tout grandit en se changeant en souvenirs [PV Robin]   Jeu 4 Jan - 10:35

Tout grandit en se changeant en souvenirs.
Sveinn et Robin
••• Il y a les mots que l’on dit et ceux que l’on ne dit pas, que l’on cache tout au fond de soi en espérant un jour les oublier. Par fierté, par honte, par culpabilité, elle n’en savait rien, mais ces mots-là, elle les taisait pour ne pas avoir à se rappeler de l’horreur et de la douleur, ce jour où elle avait oublié qu’elle était un être humain et qu’en face, il y avait un gosse, un gosse pas tout à fait innocent puisque c’était lui ou elle mais un gosse quand même. Elle avait oublié ! Elle avait fait le deuil de cette vie-là, elle s’était faite à l’idée que c’était l’armée, c’était la guerre, c’était cette saloperie d’univers qui ne tournait pas rond, elle avait accepté. Et voilà que, depuis la soirée d’Halloween, elle ressassait en boucle ce qui était arrivé, pas l’incendie, mais avant. Quand on lui avait balancé à la figure ces paroles terribles, elle était une meurtrière, meurtrière d’enfant, meurtrière de Rae, sa meilleure amie qu’elle n’avait pas pu sauver, et elle se sabotait elle-même, elle était incapable de mener quelque chose à bien. les gens meurent à ton contact. Elle ne semait que le mal, elle avait laissé mourir Rae et Ulysse, son grand frère, était parti, Reagan était partie, Adam finirait par partir aussi – ce n’était qu’une question de temps. Elle s’effaçait peu à peu, se transformait en fantôme, une anonyme parmi les anonymes. Le corps ici, le cœur là-bas. Elle était sortie en début d’après-midi, ne supportant plus de rester enfermée chez elle, elle étouffait et il lui fallait de l’air. Elle n’avait pas de but précis, seulement marcher, essayer de penser à autre chose ou justement, de ne penser à rien, de laisser son esprit divaguer et ses pas la mener au gré des vents.

Il y avait peu de monde dans les rues et aux alentours, sans doute à cause de la température, d’un hiver particulièrement rude dans le nord du Vermont. Quand elle fut à une distance raisonnable de la ville, elle s’élança sur le chemin qui serpentait à travers la campagne, longeant la rivière en direction de son endroit favori quand elle était jeune, elle voulait retrouver ce petit pont qui surplombait l’eau désormais glacée, sur lequel elle aimait s’asseoir en tailleur et regarder les poissons, à l’époque. Elle courut à en perdre haleine, accélérant toujours plus, manquant à plusieurs reprises de déraper sur le sol verglacé, mais qu’importe. Elle pouvait bien se tordre la cheville, ce serait bien le cadet de ses soucis ! Robin avait appris à surmonter la douleur physique, à vivre avec, elle était devenue une experte en la matière. Mais la douleur psychique était toujours plus difficile à supporter. Elle s’arrêta bientôt, à bout de souffle, et resta là de longues minutes pour se reprendre, retrouver un rythme cardiaque honorable. Il n’y avait personne et l’immensité de l’univers s’offrait à elle, l’apaisant peu à peu. Son regard se perdit dans le vague, elle s’enferma dans sa bulle comme si elle méditait, bien qu’elle en soit incapable. Plus rien ne pouvait l’atteindre, elle ferait en sorte que ce soit le cas. Redeviendrait Robin, celle de l’armée, celle qui était forte, qui ne se laissait pas aller à des futilités. Robin, celle qui allait toujours droit au but. Et soudain, elle sursauta alors qu’on l’effleurait et esquissa un pas en arrière, prête à frapper, anticipant une quelconque agression. Rapidement, elle reconnut l’homme qui venait de l’appeler princesse et elle siffla du tac-au-tac « Toi, tu aimes vivre dangereusement » c’était Sveinn, forcément Sveinn. Alors, malgré tout, son visage se dérida, ses lèvres laissèrent même entrapercevoir un maigre sourire. « Sveinn ! Qu’est-ce que... qu’est-ce que tu fais là ? Je ne m’attendais pas à... » Elle ne finit pas sa phrase, soulagée, heureuse, tout à coup, qu’il soit là. Une autre figure paternelle, ou presque, un mentor, un héros.
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MessageSujet: Re: Tout grandit en se changeant en souvenirs [PV Robin]   Dim 7 Jan - 2:53

Tout grandit en se changeant

en souvenirs


Ft Robin Myers & Sveinn Magnússon



Robin… Je m’étais préparé à esquiver un éventuel coup-réflexe, mais son analyse rapide de la situation aura suffi à désamorcer toute violence inutile. Sans conteste, elle était prête à frapper, et je l’ai peut-être échappé belle, finalement. Tant mieux, le nez cassé ne me va pas au teint... Bien sûr, nos rapports de force ne semblent pas s’être réellement inversés. Je fais une bonne tête de plus qu’elle, et mon gabarit est autrement plus imposant que le sien. Pourtant, je sais qu’il ne faut surtout pas s’y fier… Elle pourrait encore me surprendre, comme à l’époque ! Elle est frêle, mais pas fragile… Une vraie dure à cuire.

Soudain, son visage se détend, ses traits se décrispent. Un peu comme une fleur qui s’ouvre aux premières lueurs de l’aube. Je ne m’étais pas immédiatement rendu compte de sa beauté, ni même de sa féminité. Indéniablement, ses traits enfantins ont laissé place à ceux d’une femme. D’une très belle femme, qui plus est… Je lui souris, un peu trop niaisement, peut-être. Sa présence me déstabilise, et son léger sourire me désarme. Je suis ému. J’ai toujours l’air un peu con, quand je suis ému. Et Dieu sait que ça n’arrive pas souvent ! Par pitié, j’espère juste que je n’ai pas rougi, ou pire, qu’une larme ne me danse pas au coin de l’œil, parce que ça en deviendrait totalement affligeant ! Putain… Reprends-toi, Sveinn ! Je baisse la tête pour me mieux me contenir. C’est vraiment étrange, elle réveille une sensation indescriptible au fond de moi, une sensation endormie depuis si longtemps, que j’en avais oublié la simple présence. Ce n’est pas désagréable, non, mais je m’étonne d’être encore capable de ressentir de tels élans affectifs. Puisqu’il semblerait qu’il s’agisse d’affection, ou au moins d’une certaine forme de tendresse… Ou encore d’une sorte d’amour filial… Oui, si Adaline m’avait offert la chance d’avoir une fille, j’aurais aimé qu’elle ressemble à Robin… J’ai toujours voulu avoir une fille comme Robin…

Sa question me permet de continuer avec plus de légèreté. « - Ce que je fais là ? Ça ne se voit pas ?». J’écarte les bras, tout en tournant lentement sur moi-même, pour qu’elle puisse constater par elle-même mon étrange accoutrement. A son regard perdu, je devine qu’elle aimerait une réponse plus explicite. « - Qu’obtient-on quand on mélange un marin d’eau douce…» Je lève une jambe pour exposer fièrement mes bottes en caoutchouc. « - … et un agent de sécurité autoroutière ?» Je passe une main sur ma parka fluo. D’ailleurs, je n’aurais pas dû, elle est trempée et sale par endroits. Bon, je ne laisse pas réellement durer ce suspens intenable. Elle ne le supporterait pas ! Son haussement d’épaules me suffit. Et puis je pense surtout que je suis le seul à pouvoir faire un lien rationnel entre ces deux informations. « - Un agent de la circulation fluviale…». Je souris légèrement. Cette devinette un peu bête n’avait pas vocation à être drôle, de toute façon. Mais elle me plaît.

« - Et il semblerait que le sac de Madame Chadwick ait emprunté la rivière sans autorisation écrite préalable. Je suis donc à la recherche active du contrevenant. Tu ne l’aurais pas vu par hasard ?»  Je vois bien à son visage que la pêche est infructueuse. Pourtant, elle aurait aimé pouvoir m’aider, j’en suis certain. Tant pis. Bien essayé. Repasse en prochaine semaine, blondinet. « - Sauf si tu as d’autres plans, évidemment, que dirais-tu de m’aider à le retrouver ?» Je ne veux pas m’imposer. Même si j’aurais la sensation de retrouvailles avortées, avec une sérieux coup à mon amour-propre, je lui laisse la possibilité de clore prématurément l’entrevue. Elle a peut-être besoin de se plonger dans ses pensées, de faire le point, ou que sais-je d’autre ? Mieux à faire? Pas envie de traîner avec un vieux ?

Visiblement amusée, elle décide toutefois de participer aux recherches. Ouf. L’honneur est sauf. Je la remercie d’un hochement de tête, un sourire aux lèvres. J’espère juste que c’est pas le même sourire niais que tout à l’heure. Je veux faire bonne impression, j’ai une réputation à tenir! Je me retourne vers elle, alors que nous longeons tranquillement les berges de la rivière. « - Tu connais Madame Chadwick ?» Sa réponse négative me surprend un court instant. Tout le monde connait madame Chadwick à la mairie… « - Elle a quatre-vingt-seize ans, et pourtant, elle dispose encore de l’énergie d’une jeunette ! » Bien sûr, j’exagère, mais s’en est pas moins surprenant. Elle devrait postuler à super-mamie, tout le monde le lui répète continuellement. « - Elle est vraiment extraordinaire. Par contre, elle peut raconter des centaines de fois la même histoire. C’est… Disons… Un peu usant, à la longue… Privée de ses clés de maison, elle squatte la mairie. Alors tu comprends l’importance capitale que revêt notre mission ? » J’en fait des tonnes, et ça m’amuse. Mais c’est vrai que les collègues seraient soulagés que je les en débarrasse… Et la vieille dame serait certainement mieux chez elle.

« - Pour la petite histoire, elle a croisé, je cite, "une bande de jeunes loubards, avec des pantalons en jean troués", elle a pris peur, et a balancé son sac à la flotte dans un mouvement de panique, pensant qu’ils en voudraient à son argent - ou à son corps. Bon, verdict, le sac est parti avec le courant, et les jeunes l’ont même pas calculée…» Bon OK, le passage où ils en veulent à son corps, c’est moi qui l’ai rajouté. Mais la situation n’en reste pas moins loufoque. Robin rit de bon cœur, et ça fait plaisir à voir. Je l’observe quelques instants, avec attention. Ma voix se fait beaucoup plus sérieuse, tout comme mon attitude générale. « - Tu es vraiment devenue une belle femme, Robin…» Je regrette aussitôt ces quelques mots qui m’ont échappé. Ils pourraient la mettre mal à l’aise, ou pire, être mal interprétés. Je ne voudrais pas qu’elle croie à une vulgaire drague lourdingue. C’est une simple constatation. Rien de plus. Elle est rayonnante, et j’aimerais qu’elle le sache.


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MessageSujet: Re: Tout grandit en se changeant en souvenirs [PV Robin]   Jeu 11 Jan - 9:45

Tout grandit en se changeant en souvenirs.
Sveinn et Robin
••• Heureusement pour Sveinn, Robin le reconnut immédiatement et se contenta d’un bref mouvement d’esquive, plutôt que de se jeter sur lui pour se défendre. Au niveau de la force, bien sûr, elle ne se leurrait pas, elle savait bien qu’il aurait le dessus – elle avait suffisamment d’expérience pour réussir à le reconnaître. Mais elle pouvait compter sur ses réflexes, sur sa rapidité et son agilité, car lui était sûrement plus lent. Mais la question ne se posa pas et un sourire éclaira le visage souvent fermé de la jeune femme, même si elle se rembrunit un peu en entendant son surnom. Il ne voulut pas lui répondre sur ce qu’il faisait ici, certainement qu’il se promenait, comme elle, même s’il n’avait certainement pas pour but de la croiser et Robin se doutait qu’il ne la suivait ou ne l’espionnait pas. Elle ignorait même quand il était revenu à Redwood Hills, ignorait qu’elle le reverrait. Comme tout ce qui était éphémère dans sa vie, elle était persuadée qu’elle ne le reverrait jamais plus, n’entendrait jamais plus parler de lui. Comme la plupart de ses anciens frères d’armes, même si Sveinn n’en était pas vraiment un, puisqu’ils n’avaient pas servi ensemble. Toutefois, le lien qui les unissait était tout aussi profond, tout aussi important aux yeux de l’ancienne militaire. « J’avais oublié ton humour... particulier » répondit-elle seulement en faisant mine de lui donner un coup dans l’épaule. Et pourtant, elle éclata de rire, c’était la première fois qu’elle riait depuis des semaines et elle en ressentit presque un lancinement dans la mâchoire, comme si elle ne se rappelait plus comment on riait, quel effet cela produisait. Elle avait tout oublié. Finalement, Sveinn lui expliqua la raison de sa présence ici, mentionnant un sac qui dérivait dans la rivière, puis il lui demanda si elle ne l’avait pas vu.  « Non, ça ne me dit rien. Mais... Je n’ai pas grand-chose à faire, alors je peux te donner un coup de main » non pas qu’elle se souciait réellement de la perte de ce sac, bien sûr, c’était au contraire le cadet de ses soucis. Mais ce serait l’occasion de marcher un peu avec Sveinn et de renouer, comme au bon vieux temps.

Elle l’écouta ensuite lui parler de cette Mrs Chadwick, un nom qui ne disait pas grand-chose à Robin, mais elle ne s’intéressait pas à ce qui se passait au sein de la mairie, détestant le maire et toute forme d’autorité qui pouvait régner dans ce monde – sauf à l’armée, bien sûr, elle l’avait bien acceptée. « Extraordinaire, hein ? Merde, elle a l’air de te plaire, c’est dingue » ironisa-t-il en lui lançant un regard entendu. Ainsi, Sveinn bossait à la mairie. Encore une info qui avait échappé à Robin, mais elle ne releva pas, elle n’était pas dans son état normal. Elle ne voulait pas faire la conversation comme si de rien n’était, ne pouvait faire semblant, alors elle se contenta d’écouter sa petite histoire qui lui plaisait, avant de hocher la tête et de continuer à déambuler le long de la berge, le regard perdu dans le vague. Il faisait froid, maintenant que les effets de sa course effrenée diminuaient, elle commençait à s’en rendre compte ; elle aurait peut-être dû s’habiller un peu plus chaudement et elle frissonna légèrement. « J’admire ton sens de l’héroïsme, tu es un sacré bon samaritain » reprit-elle quand il eut fini de parler. Enfin, tout dépendait du point de vue, car à l’entendre, cette vieille dame l’agaçait prodigieusement et c’était pour cette raison qu’il se lançait sur les traces du sac disparu. Et soudain, il lâcha quelques mots qui laissèrent Robin perplexe. Elle s’arrêta, stupéfaite, n’attendant pas un tel compliment de Sveinn, un compliment qui la laissait un peu indifférente. Elle n’était pas en état pour se sentir belle ou admirée. « Quoi ? Pour...Pourquoi tu me dis un truc pareil ? » venant d’un autre, elle aurait pu penser que c’était une tentative de flirt, il essayait de la séduire, mais non, elle connaissait Sveinn, ce n’était pas ça. Pas seulement ça. Et au lieu de rougir, de le remercier, elle se sentit presque piquée au vif, blessée par des mots qui n’avaient pas leur place ici. Ce n’était pas le moment, pas le lieu.

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MessageSujet: Re: Tout grandit en se changeant en souvenirs [PV Robin]   Sam 20 Jan - 1:49

Tout grandit en se changeant

en souvenirs


Ft Robin Myers & Sveinn Magnússon


C’est un peu comme si le temps ne s’était jamais arrêté, et que notre complicité d’antan n’avait pas croulé sous le poids des années. Ce réveil d’affectivité en moi continue de me surprendre. A croire que sous les blessures vit encore le garçon que j’étais avant la guerre… Inconsciemment, je baisse la garde, et la laisse franchir mes barrières. Je lui préfère ce visage souriant plutôt que celui, triste, qu’elle arborait quelques minutes plus tôt. Elle me charrie en sous-entendant que j’en pince pour Madame Chadwick. Je ris de bon cœur, et ça fait un bien fou. « - Ouais, carrément. Tu penses que j’ai mes chances ?»

Quand je lâche spontanément qu’elle est devenue une belle femme, elle s’arrête net. Je vois à son air pincé que le compliment n’a pas fait mouche. Bien au contraire. A son visage, l’on pourrait presque croire que je lui ai balancé une vilaine insulte, bien blessante. Peut-être n’a-t-elle toujours pas accepté sa part de féminité ? Quand elle était petite, je me souviens qu’elle détestait que je l’assimile à tout ce qui a généralement trait aux filles, comme la beauté ou la douceur, leur préférant des qualités comme la force, l’intelligence, le courage ou l’audace. Elle avait un peu de tout ça, ma petite Robin…

Elle veut comprendre pourquoi j’ai lancé une telle allégation. Honnêtement, je ne vois pas bien l’intérêt de me justifier sur un compliment, mais je m’exécute toutefois, pour la rassurer, sans vraiment trouver les mots qui retranscrivent réellement ma pensée. « - Tu sais, Robin, dans mon esprit, tu es encore une enfant de sept ans…» Je lui souris brièvement, avant de reprendre un visage plus sérieux. « - Laisse-moi juste le temps de me faire à l’idée que tu es une femme, maintenant…» Le temps de réorganiser mes idées, mon regard se perd quelques secondes sur les berges de la rivière, pour se retourner à nouveau vers elle. « - Ton apparence physique est mon premier contact avec le nouveau toi… Et j’aime ce que je vois, tout simplement…» Etrangement, j’ai une sorte fierté paternelle à constater qu’elle a si bien grandi, malgré le fait que sa génétique soit totalement étrangère à la mienne. Ce qui est fort dommage, d’ailleurs. Je n’ai pas envie de lui faire une tirade pour lui expliquer à quel point la beauté peut ouvrir des portes, ni à quel point je suis ravi qu’elle possède cet atout dans son jeu. Je me contente de soupirer. Franchement, ça me gave de devoir m’expliquer pour un truc comme ça ! Maintenant que c’est une femme, n’importe quel geste ou parole pourrait être mal interprétée. Surtout si c’est devenu une chieuse. Je me renfrogne légèrement. « - Et puis quoi ? Je n’ai pas le droit de te trouver belle ? »

Finalement, je me rends compte que le temps a bel et bien laissé ses marques, contrairement à ce que j’ai cru, l’espace d’un instant. Elle n’a manifestement plus confiance en moi, et je ne peux l’en blâmer. Jolie comme elle est, elle doit susciter bien des convoitises, et il est certainement normal qu’elle reste méfiante, pour ne pas tomber sur un détraqué dans mon genre, ou pire encore. Je suis un prédateur potentiel. Honnêtement, je ne fais aucune projection obscène sur elle. Surtout pas sur elle. Pas encore, en tout cas… Mais quelle preuve de bonne foi pourrais-je lui donner ?

Mon visage s’est fermé. J’avance vers la berge pour fouiller les hautes herbes roussies par le gel, en quête du sac de mémé. Rien par là non plus… Je respire profondément pour masquer mon soudain agacement, avant de m’en retourner vers Robin, un peu penaud. Une bourrasque de vent glacial s’engouffre dans ses cheveux, et dans le col de son manteau. Elle frissonne. Je secoue la tête, puis retire mon écharpe, pour venir délicatement lui couvrir le cou. Je veille précautionneusement à ne pas effleurer sa peau. On ne sait jamais… « - Bon, je t’invite à boire un café ou un chocolat bien chaud, ça te tente ? Tant pis pour le sac, j’enverrai un serrurier chez Madame Chadwick…» Je laisse se dessiner un sourire un peu figé sur mon visage, faute de mieux. « - Et puis ce sera l’occasion de me parler un peu de toi…»

Mon regard se laisse happer par une masse grisâtre. Un mur en ruine, à moitié effondré, ce qui en rend l’ascension possible par l’arête. Il fait bien deux mètres de haut sur la fin. A l’époque, ce mur faisait partie du « parcours du combattant » que j’avais conçu pour Robin. Une fois en haut, elle se jetait dans mes bras. Bordel, j’étais totalement inconscient de laisser jouer une gamine là-dessus ! Aujourd’hui, je ne laisserais même pas un gosse s’en approcher. Je devrais même proposer au conseil municipal de le faire abattre…  Je me retourne aussitôt vers Robin, un sourire amusé aux lèvres. « - Mais avant, tu n’échapperas pas …» Mes yeux s’écarquillent, et ma voix se transforme, pour se faire terrifiante, comme pour une annonce de film d’horreur. « - … au mur de l’effroi !». Bon, je l’admets, ma prestation ne pourrait même pas effrayer une gamine de six ans, mais je compte surtout raviver ses souvenirs…


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MessageSujet: Re: Tout grandit en se changeant en souvenirs [PV Robin]   Mer 24 Jan - 12:07

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Sveinn et Robin
••• La présence de Sveinn ici avait beau surprendre énormément Robin, elle n’en était pas moins folle de joie de le voir. Elle qui n’allait pas très bien en ce moment, qui traversait une période compliquée depuis l’incendie dont elle avait réchappé – fort heureusement – devait faire face à la résurgence de souvenirs douloureux, des souvenirs qu’elle croyait enfouie depuis longtemps. Elle avait envie de pleurer et pourtant, elle ne pleurait pas, elle ne savait plus comment faire. Ainsi, voir Sveinn la détendait un peu, lui permettait d’oublier provisoirement ses soucis, même si elle se doutait que ce ne serait qu’éphémère. Bientôt, elle serait à nouveau assaillie, elle devrait faire face à la cruauté de la vérité. Elle devait accepter ce qui s’était passé, elle devait accepter ce qu’elle avait fait et surtout, qui elle était. « Mmh, je ne sais pas. Si cette vieille dame est quasiment aveugle, il y a moyen » plaisanta-t-elle, le charriant allègrement comme pour se venger de son compliment. Il la trouvait belle, elle aurait dû être flattée, mais elle ne l’était pas. Sans savoir pourquoi, qui plus est, mais elle se sentit soudain mal à l’aise, comme si elle n’avait pas le droit d’être belle, comme si elle ne méritait pas un tel qualificatif. Belle à l’extérieur, mais si laide à l’intérieur. C’était ce qu’elle se répétait, ce qu’elle savait. Elle esquissa un nouveau sourire quand Sveinn fit remarquer qu’elle était encore une enfant de sept ans dans son esprit, ce à quoi elle répondit « Je n’ai plus rien de la môme de l’époque, je crois. Je suis même plutôt l’inverse » elle était un peu mélancolique, malgré elle. Robin ne voulait pas paraître heureuse, elle n’avait pas le droit de l’être. Néanmoins, après un silence de réflexion, elle finit par accepter les propos de Sveinn, par les approuver d’un hochement de la tête. « Très bien, tu as le droit. Merci. Et profite bien de ce que tu vois » car ça ne durerait peut-être pas. Quand il saurait tout ce qu’elle avait fait, ce qu’elle était vraiment, dans le fond, il risquait de ne plus avoir le même avis.

Néanmoins, elle ne voulait pas lui laisser entendre qu’elle n’était pas heureuse de le voir ou qu’elle ne le reconnaissait plus, qu’ils ne pouvaient plus être amis. Au contraire ! Sveinn avait été l’une de ses plus importantes figures d’attachement quand elle était jeune, et elle ne l’oubliait pas. Si aujourd’hui le contact était un peu rompu, à cause de toutes ces années d’éloignement, Robin espérait qu’au fil des mois, leur relation redeviendrait aussi complice qu’autrefois. Elle ne pouvait pas le savoir, mais elle l’espérait. « T’es sûr, pour le sac ? Elle risque de t’en vouloir, non ? Je veux dire, tu étais investi d’une mission suprême, quand même » ce n’était pas le problème de Robin, bien sûr, et elle le dit sur un ton amusé, presque sarcastique. « Mais j’dirai pas non à un café » même si l’idée de parler d’elle n’était guère réjouissante, au moins, elle pourrait savourer le café. Ils se mirent en route, mais quelques secondes plus tard, Robin vit bien le regard de Sveinn se tourner dans une direction singulière, un mur en ruine que l’ancienne militaire connaissait bien. Elle n’était pas montée dessus depuis des années, la dernière fois elle n’était qu’une gamine et, tandis que Sveinn prenait un ton sans doute destiné à l’effrayer, elle s’avança vers le mur, les yeux écarquillés. D’une main, elle effleura doucement la pierre et les souvenirs l’assaillirent. « Oh bon sang... J’avais oublié » elle avait quasiment tout oublié, de cette période pleine de candeur. Elle se retourna vers Sveinn, nullement apeurée, et souffla « C’était une belle époque, tu trouves pas ? Avant qu’on s’retrouve à affronter les saloperies de la vie. Quand on était mômes, on était invincible » elle reporta son attention sur le mur. Invincible, c’était bien le mot. Et aujourd’hui, que restait-il de cette période ?

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MessageSujet: Re: Tout grandit en se changeant en souvenirs [PV Robin]   Sam 3 Fév - 20:58

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Une part de moi aurait voulu que Robin ne grandisse jamais. Qu’elle reste cette petite fille si vive et passionnée que j’ai connu autrefois. L’amour que vous porte un enfant est fort, sans fard, riche d’une pureté et d’une naïveté qui s’efface inéluctablement au fil des années. Elle avait su me toucher, si profondément que j’en ressens encore les effets aujourd’hui. Mais ce n’est plus pareil, évidemment. La donne a changé. Et elle n’a plus besoin de moi… Je jette un coup d’œil vers Robin, avec cette sensation étrange d’avoir affaire à une parfaite inconnue, finalement. Mais une parfaite inconnue à qui je tiens, malgré tout. Et que j’ai toujours envie de protéger. Qui est-elle devenue, après toutes ces années ? Quelles sont ses aspirations ? Et ses rêves ? Elle me confirme qu’elle a radicalement changé, qu’elle n’est plus l’enfant d’autrefois, qu’elle est même « l’inverse ». Je me demande ce qu’elle entend par là, mais surtout, je regrette d’apprendre que certains traits de ma petite Robin ont définitivement disparu. Je déteste qu’on touche à ce que j’aime, ça a tendance à me mettre en rogne…

L’éclat de ses sourires laisse régulièrement place à un visage empreint de mélancolie. Je ne sais pas ce qu’il a pu se passer dans sa vie, ni même si cette tristesse est passagère ou pas. Guérir les états d’âme n’a jamais été mon truc, même si je serais prêt à faire des efforts pour elle. Par facilité, je fais semblant de ne rien remarquer, et garde mon sourire, en espérant simplement qu’il sera communicatif. Les choses simples sont parfois les plus efficaces… Avec elle, je n’ai pas besoin de le forcer, surtout après sa remarque sur ma « mission suprême ». Je laisse échapper un éclat de rire franc et entier. J’apprécie son humour. « - Même les super-héros échouent parfois… Mais du coup, adieu le baiser torride à la fin du film…». Petit clin d’œil. J’observe quelques instants les flots bleu-vert de la rivière, puis me retourne à nouveau vers Robin. « - De toute façon, avec le courant, le sac a probablement déjà parcouru plusieurs kilomètres, s’il n’a pas coulé, tout simplement…» Je hausse les épaules. C’est vrai que j’aurais aimé rentrer victorieux de cette mission. Par fierté, plus que par altruisme, pour être tout à fait honnête. Admettre un échec n’est jamais évident, même dans le cas d’un combat perdu d’avance.

Les rafales de vent semblent encore s’intensifier. Je commence à craindre que ma petite Robin ne se transforme en statue de glace. Ses doigts semblent frigorifiés. J’aurais bien réchauffé ses mains contre les miennes, mais elle l’aurait probablement mal vécu… « - Allons pour un café, ça nous fera du bien à tous les deux… Mon 4x4 est par là-bas…». Je désigne la direction à prendre d’un geste de la main, puis sort le téléphone de la poche intérieure de ma veste. « - J’passe juste un p’tit coup de fil, si ça te dérange pas…». Je compose le numéro, enregistré dans mes contacts. Mon correspondant décroche assez rapidement. « - Salut Alden… Madame Chadwick est toujours dans ton bureau ?» J’entends un léger agacement dans le son de sa voix, et j’en déduit que ça fait trois plombes qu’elle lui tient la jambe. La famille Chadwick est assez influente dans la région, alors difficile de s’en défaire…Et puis on ne crache pas sur leurs donations, alors on fait des efforts… « - La rançon du succès, beau gosse… C’est ça de plaire aux dames…».   Je pose ma main sur le micro du téléphone pour m’adresser à Robin. « - J’viens d’apprendre qu’elle me fait des infidélités avec un homme plus jeune. C’est honteux ! Hon-teux !». Je lui souris avant de glisser à nouveau le téléphone à mon oreille. D’une voix plus sérieuse, je continue la conversation. « - Ecoutes, j’ai pas retrouvé le sac… Est-ce que tu pourrais envoyer un serrurier chez elle, et lui dire que je passerai ce soir pour lui apporter tous les formulaires pour refaire ses papiers ? Ma femme pourra l’aider à les remplir quand elle viendra lui faire sa piqure.» Ouais, Adaline a plus de patience que moi pour ces choses-là… Et puis je bosse les relations publiques, je suis pas dans le social non plus ! J’ai mes limites… Au bout du fil, Alden accepte de reprendre la patate chaude en cours de route. Tant mieux, ça m’arrange. « - OK, super… On se voit demain... Bye.». Je raccroche puis me tourne vers Robin, sans me départir de mon sourire. « - Voilà, je suis tout à toi…».

Au bout de quelques pas, nous apercevons le « mur de l’effroi ». Aussitôt, je revois les images de Robin, à cinq ou six ans, qui escalade un peu maladroitement le mur en ruines. Equilibriste en herbe, elle ne marque que très peu d’hésitations, malgré la complexité et la dangerosité de certains pas. Un véritable casse-cou. A la fin du périple, à plus de deux mètres de haut, elle saute dans mes bras, avec élan, en poussant son cri de guerre strident. A ce moment, sa confiance en moi est totale : elle sait que je ne la laisserai jamais tomber… J’en étais moins sûr. Je souris devant ce fragment du passé. La main posée sur la pierre froide, la version 2.0 de Robin semble se remémorer ces mêmes souvenirs. Elle me parle de l’enfance d’une manière plus générale, avec une nostalgie presque palpable. De cette période privilégiée, avant que tout ne parte en vrille. Je me demande par quelles « saloperies de la vie » elle est passée, pour en parler en ces termes. Par l’armée, probablement… « - Avant l’armée, tu veux dire ?»Contrairement à elle, je ne regrette pas mes années d’enfance. Ce furent certainement les pires de mon existence. Entre la violence gratuite de mon père, et le suicide de ma mère, qui a quand-même préféré ses convictions à son propre fils, j’ai appris à côtoyer la souffrance. Je ne me suis pas engagé dans l’armée par vocation, oh que non, mais juste pour fuir. J’ai appris qu’on pouvait se barrer à 17 ans, alors j’ai sauté sur l’occasion. Me battre pour la patrie, j’en n’avais rien à foutre, tout ce que je voulais, moi, c’était construire des automates, ou des robots. C’était mon truc, ma passion secrète. Mon père ne m’a jamais encouragé dans cette voie de « loser », comme il disait. Il fallait faire du commerce, de la politique, ou gérer une entreprise, pour coller à son image. Pour briller en société, en quelque sorte. Ce qui m’écœure aujourd’hui, c’est que je commence à lui ressembler…

Honnêtement, je n’ai pas trop envie d’aborder le sujet de l’enfance, encore mal cicatrisé malgré les années. Je ne veux pas me mettre en colère. C’est pas le bon moment. Alors je choisis de détourner la conversation sur elle. Je penche la tête sur la droite puis l’observe avec une certaine tendresse. « - C’est quoi ces saloperies de la vie, dont tu parles ?». Le sourire sur mon visage s’est envolé. Le sujet est sérieux. Je me remets en marche, l’invitant d’un geste de la tête à me suivre, tout en attendant ses révélations.

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MessageSujet: Re: Tout grandit en se changeant en souvenirs [PV Robin]   Mar 6 Fév - 8:57

Tout grandit en se changeant en souvenirs.
Sveinn et Robin
••• Longtemps, Robin avait considéré Sveinn comme plus qu’un grand frère, mais un mentor. Il était son héros, d’une manière encore différente de celle de son père, mais elle comptait énormément pour elle, tel un membre de la famille à part entière. Il méritait toute l’admiration du monde pour avoir su supporter et se faire accepter de la petite fille de l’époque, enragée et têtue ! Etrangement, il avait réussi à dompter cette fougueuse enfant et aujourd’hui, Robin avait toujours autant d’estime pour lui, même si ce n’était plus pareil. Même si, après toutes ces années, ils se connaissaient plus. Peut-être parviendraient-ils un jour à se retrouver, à se faire confiance à nouveau, mais l’ancienne militaire redoutait que cela mette trop de temps. Sveinn décida finalement d’abandonner la chasse du sac, certainement emporté à des kilomètres de là par le courant ou peut-être même avait-il coulé à pic, on ne le saura jamais. Il semblait prendre cela sur le ton de la plaisanterie, ce qui l’amena à répondre « Ok, mission abandonnée. Promis, je raconterai à tout le monde que tu t’es battu comme un valeureux guerrier pour sauver ce précieux sac, que tu as parcouru des monts enneigés, affronté des tempêtes, que tu as fait face à des ours sanguinaires, et que tu as survécu » résuma-t-elle, amusée. Elle le suivrait, de toute façon. Qu’il continue de chercher ce sac ou qu’il lui propose d’aller boire quelque chose, elle le suivrait, comme la gosse espiègle qu’elle était à l’époque et qui ne voulait pas le lâcher. Ils convinrent de boire un café et Sveinn désigna la direction dans laquelle se trouvait son véhicule. Robin avait froid, elle ne pouvait refuser une telle proposition. Tandis qu’elle marchait, son interlocuteur annonça devoir passer un petit coup de fil et Robin le laissa donc téléphoner, en tendant néanmoins l’oreille par curiosité. C’était seulement pour régler cette histoire de sac disparu.

Sveinn s’intéressa à nouveau à elle pendant quelques instants pour lui signifier que la dame au sac le trompait avec un type beaucoup plus jeune et elle répondit en articulant bien pour qu’il comprenne « C’est pas très étonnant, elle avait tout l’air d’être une cougar » elle attendit ensuite qu’il eut raccroché pour se remettre en route, bien décidée à braver le froid pour parvenir au 4x4. Elle ne put s’empêcher de remarquer que cette lointaine époque, quand elle était enfant, était belle, insouciante, et quand Sveinn lui demanda si elle parlait de la période avant l’armée, elle haussa d’abord les épaules. « Ouais, je suppose. Et avant l’adolescence. Je crois que ça a foiré à partir de là, même si je n’arrive toujours pas à comprendre ce qui a foiré » elle en parlait avec désinvolture, comme si cela ne la concernait pas. Après tout, c’était il y a longtemps, une quinzaine d’années, elle avait évolué depuis le temps. Et peut-être pas dans le bon sens du terme. « Mais l’armée, oui, ça a changé pas mal de choses. Ça a tout changé, en fait » elle voulait trouver un sens à sa vie, elle voulait  que son père soit fier d’elle comme il ne pouvait être fier des autres de la fratrie, elle voulait être aimée, elle voulait être utile, alors elle s’était engagée. Par honneur ou par désespoir, elle ne savait pas bien, et si elle en était revenue vivante physiquement, elle avait laissé une part d’elle là-bas, sur le champ de la mort. Son âme avait morflé, drôlement. Sveinn était curieux de savoir de quoi elle parlait, il voulait en savoir plus et au même moment, Robin discerna la silhouette de la voiture. « Ah, on arrive » fit-elle mine de s’enthousiasmer. Puis, après de longues secondes d’hésitation, elle releva les yeux vers Sveinn, croisa son regard. « C’est pas important, tout ça. On est pas là pour me faire une thérapie, t’es pas mon psy » elle laissa échapper un léger rire. Elle était pudique, Robin, elle ne se confiait pas facilement. Même jamais, à dire vrai. C’était beaucoup trop compliqué pour elle de parler, beaucoup trop coûteux en énergie. Commencer à parler, c’était courir le risque que le barrage dans son cœur cède et qu’elle soit obligée de faire face à ses émotions, ce dont elle ne se sentait pas prête. « Tu sais bien de quoi je parles, pas besoin de te faire un dessin » elle grimaça. Tu as vécu la même chose, tu as souffert, toi aussi. Sveinn était le mieux placé pour comprendre.    

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MessageSujet: Re: Tout grandit en se changeant en souvenirs [PV Robin]   Dim 18 Fév - 14:43

Tout grandit en se changeant

en souvenirs


Ft Robin Myers & Sveinn Magnússon


Elle élude soigneusement ma question, en se focalisant plutôt sur la voiture. Je ne la blâme pas, je comprends tout à fait son choix. J’aurais probablement fait la même chose à sa place. Il n’est jamais évident d’évoquer son passé militaire, surtout quand la blessure est mal cicatrisée. Il est tellement plus simple de fermer les yeux et refuser de voir la vérité. Je ne suis pas son psy, effectivement, mais comme elle l’a si justement signalé, je peux comprendre. Et ça change carrément la donne. Ceux qui n’ont pas fait la guerre ne peuvent même pas imaginer ce qu’on a vécu là-bas. Ce que ça fait d’entendre siffler les balles à quelques centimètres de notre visage. Ce que ça fait de voir un de ses hommes tomber au combat. Ce que c’est que de subir ce lavage de cerveau quotidien pour nous pousser à une haine raciste. Et je ne parle même pas des atrocités qu’on a pu voir ou commettre là-bas. Il existe une réelle fracture entre le monde militaire, et le monde civil, une rupture des codes, d’où la difficulté à se réinsérer socialement après l’armée.

Depuis deux semaines, je participe à un groupe de parole organisé pour les vétérans de l’Irak, à raison d’une fois par semaine. A chaque fois, je me dis que le vieux Davenport doit sacrément m’en vouloir pour m’avoir inscrit à de telles conneries. Mais peut-être aussi que je suis trop fier pour reconnaître que j’ai besoin d’aide. Selon lui, la parole permet de mettre des mots sur notre mal-être, et en le verbalisant, il semble moins effrayant. Moins insurmontable. C’est un formidable moyen pour exorciser ses démons, parait-il. Même si pour l’instant, je ne me reconnais pas totalement en ces hommes, certaines de leurs histoires sont étonnantes de similitudes. Au final, nous sommes tous sur le même bateau, à chercher la lumière au fond du tunnel, après avoir connu les affres de la guerre. «-Tu sais, la parole est parfois libératrice. Je serai là, si un jour tu as envie de parler. Et c’est justement parce que j’ai vécu la même chose, que ton récit ne sera pas dénué de sens…» Je n’insiste pas davantage. Par certains côtés, je préfère ne rien savoir. Je supporterais mal d’apprendre qu’on lui a fait du mal, quelque soit la manière dont c’est arrivé. J’ai encore du mal à imaginer qu’elle ait pu vivre les mêmes choses que moi. J’aurais voulu la protéger de tout ça. Autrefois, j’aurais dû la pousser à chercher une autre voie, plutôt que de l’y encourager… J’ai été con…

J’ouvre le 4x4 puis monte le chauffage à l’intérieur de l’habitacle. « - Allez, viens te mettre au chaud...» Pendant qu’elle s’installe, j’ouvre le coffre puis ôte mes bottes et ma parka fluo. Il peut paraître étonnant que j’ai conservé un costume-cravate en dessous, mais pour ma défense, la mission de recherche sur les berges de la rivière n’était initialement pas prévue au programme. Heureusement que je ne porte que des matières infroissables, car je déteste les faux plis, et ça aurait tendance à vite m’irriter. Je chausse mes mocassins puis enfile finalement ma veste, que j’avais laissée sur la plage arrière. Je ferme le coffre puis m’installe au volant, avant de me tourner vers Robin, le sourire aux lèvres. «-Ca va, tu me reconnais, sans ma tenue de super héros ?» Instantanément, je repense avec amusement à sa promesse de me faire passer pour un valeureux guerrier dans la quête improbable du sac perdu. Y’a pas à dire, j’adore son humour…

Il ne faudra que quelques minutes pour nous rendre au « drop of milk », le fameux salon de thé de Redwood Hills. J’espère que l’endroit convient à Robin. C’est suffisamment calme pour discuter, et leur tarte aux pommes est à tomber ! A cette heure-ci, il n’y a pas grand monde, et ce n’est pas plus mal. Nous nous installons à une table, près de la grande baie vitrée. L’air embaume la pâtisserie encore chaude, mêlée à quelques fragrances que je ne saurais reconnaitre. Sans préambule, je reprends notre conversation, tout en plongeant mon regard dans le sien. « - En fait, tout ce qui compte, c’est l’ici et maintenant.» Plus facile à dire qu’à faire… Pas simple de faire abstraction du passé, quand il s’immisce régulièrement dans le quotidien. Que ce soit sous forme de cauchemars, d’angoisses, ou d’hypervigilence constante. Alors on fait des choses étranges, qui continuent de nous isoler un peu plus dans la violence de notre monde intérieur. Un des psy qui me suit dit que l’on ne guérit pas des blessures psychologiques engendrées par la guerre, mais qu’on doit "seulement" apprendre à vivre avec la personne que l’on est devenu, et s’accepter comme telle.

«-Et aujourd’hui,  je suis ravi de passer ce moment avec toi...» Je lui souris tendrement. «-Déjà parce que tu es jolie...» Oui, j’ai bien compris qu’elle n’aimait pas qu’on le lui dise, mais quelque part, ça m’amuse de la taquiner. Surtout que je ne veux pas vraiment croire qu’une femme puisse ne pas apprécier recevoir un tel compliment. «-Et aussi parce que tu m’as manqué, même si, en vrai, tu ne m’as jamais vraiment quitté pendant tout ce temps...» Je fouille dans la poche intérieure de ma veste, puis en extraie mon portefeuille. J’en retire une photo usée, et légèrement abimée. C’est ma petite Robin, qui devait avoir sept ans, en train de bouder, de cette manière un peu théâtrale qu’ont les enfants pour marquer leur mécontentement. C’était un peu avant de m’engager pour l’armée, et elle m’en voulait de l’abandonner. Ce jour-là, je n’ai pas réussi à obtenir de sourire de sa part. «-Regarde comme t’es mignonne...» Je tends la photo à Robin, avec un sourire amusé.

La serveuse vient prendre notre commande. Je laisse Robin faire son choix puis enchaîne aussitôt. «-Un morceau de votre tarte aux pommes. Et je vous laisse choisir le thé qui s’associerait le mieux avec...». Je lance un sourire charmeur à la jolie blonde. C’est plus fort que moi, j’ai toujours besoin de plaire, sans pour autant entrer dans une véritable phase de séduction…

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MessageSujet: Re: Tout grandit en se changeant en souvenirs [PV Robin]   Hier à 17:15

Tout grandit en se changeant en souvenirs.
Sveinn et Robin
••• Robin écoutait d’une oreille distraite Sveinn lui expliquer que la parole pouvait, parfois, être libératrice. Elle n’en doutait pas, mais ce discours, elle l’avait entendu un nombre incalculable de fois, dès qu’elle était entrée à l’armée, et plus encore quand elle en était sortie. Elle avait participé à une ou deux réunions de vétérans, elle avait reçu un grand nombre de brochures, de cartes de visite, toutes scrupuleusement jetées à la poubelle. On lui avait dit qu’il fallait se confier, sinon elle ne s’en remettrait pas. On lui avait parlé de stress post-traumatique, mais si elle en avait peut-être souffert à une lointaine époque, elle assurait que ce n’était plus le cas aujourd’hui. Elle était guérie, elle allait bien. Elle devait s’en convaincre. Elle hocha la tête quand Sveinn lui assura qu’il serait présent, si jamais elle avait besoin de parler. Elle n’irait sûrement jamais voir un psychologue, elle n’avait pas le temps et encore moins l’envie, mais peut-être pourrait-elle en parler à Sveinn, même s’il lui faudrait du temps avant de l’accepter – et une bonne préparation psychologique, car elle ne savait guère quoi dire. « Merci... Je m’en souviendrai » assura-t-elle d’une voix étranglée en osant à peine croiser son regard. « J’ai réussi à surmonter ça seule, la première fois, alors je veux juste essayer de le surmonter encore » c’était peut-être un raisonnement égoïste, voire un peu idiot, mais Robin en était profondément convaincue. Elle voulait d’abord tout essayer seule et, si elle sentait que ce n’était pas suffisant, qu’elle s’enfonçait à nouveau de plus en plus, elle passerait à l’étape supérieure. En attendant, elle prit place dans le véhicule de Sveinn et sourit quand il lui demanda si elle le reconnaissait encore sans sa tenue de super-héros. « Wow, alors tu ressembles à ça dans la vie de tous les jours ? » plaisanta-t-elle. Elle aimait bien, le voir tel un super-héros. Sans doute le connaissait-elle assez peu, elle devait avoir de lui une image très idéalisée, mais c’était le propre d’un super-héros – on connaissait sa face la plus admirable, mais pas sa face cachée, on ne le connaissait pas dans son quotidien.

Ils rentrèrent à Redwood Hills et s’engouffrèrent dans le Drop of Milk, le salon de thé de la ville. Robin n’avait pas l’habitude d’y mettre les pieds, elle adorait le café davantage que le thé et se plaisait donc plutôt au Snow Rose Cafe, qui proposait un café délicieux. Mais, n’étant pas la plus sociable, elle le prenait généralement à emporter pour ne pas devoir s’éterniser dans les lieux publics. Ils s’installèrent à une table, profitant de peu de monde présent ce jour-là. « L’ici et maintenant... Ouais, c’est aussi ce que je me dis, ce à quoi je me raccroche tous les jours, mais tu crois pas que l’ici et maintenant, ça a ses limites ? Je veux dire, il faut pouvoir se projeter quand même un minimum, il faut pouvoir regarder plus loin que seulement le moment présent » soupira-t-elle. Elle avait maintenant trente ans, bientôt trente-et-un, elle n’était plus une adolescente et même si elle n’y prêtait pas vraiment attention, n’avait aucune envie de suivre les conseils douteux de sa mère et de se poser enfin pour fonder une famille – plutôt mourir – mais elle reconnaissait quand même qu’il lui faudrait arrêter de seulement vivre dans le moment présent. Au moins faire un effort là-dessus, elle verrait le reste plus tard. La conversation prit néanmoins un tournant plus joyeux quand Sveinn lui avoua être très heureux d’être ici, avec elle. Elle fit semblant de le fusiller du regard à son nouveau compliment, mais savait bien qu’il la cherchait, encore et toujours. Et quand bien même, elle n’était pas insensible au compliment, bien au contraire. Quand il sortit une photo de son portefeuille, une photo qui semblait avoir traversé plusieurs guerres (ce qui devait être le cas, finalement), elle le dévisagea avec surprise. « Tu gardes cette vieille photo sur toi depuis tout ce temps ? J’te savais pas aussi sentimental » lâcha-t-elle pour masquer sa gêne. Robin, elle, n’avait rien de sentimental. Elle n’eut pas le temps de l’enfoncer un peu plus car, au même moment, la serveuse surgit pour prendre leurs commandes. « Une part de cheesecake pour moi, avec une tasse de thé vert » ne connaissant pas grand-chose en thé, elle préférait opter pour quelque chose de classique, qu’elle savait aimer, plutôt que de s’aventurer ailleurs. Tandis que la serveuse repartait avec les commandes, Robin leva les yeux vers Sveinn et, après un silence, dit « Et toi, alors ? On parle de moi, depuis tout à l’heure, mais qu’est-ce que tu deviens, qu’est-ce que tu fais de ta vie ? »   

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