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 This is only where it begins | Alarik

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MessageSujet: This is only where it begins | Alarik   Mer 10 Jan - 11:48


THIS IS ONLY WHERE IT BEGINS
Eilin & Alarik
Encore une journée imprévue, songea Eilin en soupirant, après être remontée dans sa voiture. Elle se trouvait à plus ou moins cinquante minutes de route de Redwood Hills, alors qu’elle aurait dû passer le déjeuner et l’après-midi avec Ana – une après-midi de congé salvatrice, songeait-elle, puisqu’elle aurait enfin profité d’un peu de temps avec sa fille. Eilin adorait jouer avec cette dernière, certainement car elle avait gardé Malheureusement pour elle, elle avait été appelée en urgence pour prêter main-forte à une poignée de professionnels dans un parc naturel de la région et bravement, malgré la neige, elle y était allée, car elle ne pouvait refuser d’aider. Elle avait le cœur sur la main, après tout, et même s’ils auraient certainement pu contacter un autre zoologiste de la région, ils avaient pensé à elle car ils avaient déjà eu l’occasion de travailler ensemble. Trop d’honneur, songea Eilin qui peinait souvent à dire non. Ainsi, abandonnant sa fille à contrecœur aux alentours de onze heures, elle s’était rendue à l’adresse indiquée, mais elle avait promis à sa fille que ça serait de l’ordre d’une ou deux heures de boulot. Une ou deux heures de travail certes, additionnées au temps de transport – deux heures – et voilà qu’elle avait gâché toute une après-midi de détente avec Ana. Heureusement, vu l’urgence de la situation, son frère avait accepté de la garder pendant son absence et Eilin en était sincèrement reconnaissante à Alarik, il lui sauvait littéralement la vie. Une raison supplémentaire pour apprécier son retour à Redwood Hills, pouvoir rendre visite et obtenir l’aide de son frère et de leur mère beaucoup plus souvent qu’avant ! Ces derniers mois avaient été perturbés par plusieurs allers/retours entre le Vermont et le Colorado, un déménagement ne se faisait pas comme ça, surtout pas pour Eilin qui était encore très attachée à la terre qui lui avait offert son diplôme et son premier emploi. Elle se rappelait encore de ses collègues, de leurs rires et de leurs verres partagés, c’était une sacrée époque. Une époque sans Ana, pas encore, mais une époque encore avec Derek. Toutefois, cela ne changeait guère car il était déjà très souvent absent, la laissant souvent seule dans leur gigantesque chalet offrant une vue extraordinaire sur les montagnes à l’horizon. Une vue qui lui manquait un peu, bien sûr, mais elle ne regrettait toujours pas son départ. Ici, elle avait tout. La famille, les souvenirs, la ville natale – elle ne pouvait considérer Copenhague comme étant sa véritable ville natale, puisqu’elle ne s’en rappelait pas.

Elle roulait prudemment pour ne pas risquer l’accident et, bien qu’elle n’ait pas brillé lors du passage de son permis de conduire, elle se rendait compte combien elle aimait conduire, désormais. Cela lui donnait une sensation étrange de liberté, une notion à laquelle elle était très attachée, elle avait l’impression que le monde entier était à sa portée. Et c’était peut-être le cas, car pour Eilin, rien d’impossible. Elle parvint à Redwood Hills en fin d’après-midi ; il faisait encore jour, mais celui-ci ne tarderait pas à décliner et en se garant devant chez Alarik et Ellie, elle espéra que sa fille ne lui en voudrait pas trop, même si déjà, elle culpabilisait. Eilin aimait Ana plus que tout au monde et elle s’efforçait d’être une mère acceptable, mais si on lui demandait de faire un choix, elle ne pourrait abandonner son métier, ses activités, impossible. Sinon, elle dépérirait forcément, elle n’était pas faite pour une vie ordinaire. Eilin voulait plus, elle méritait plus. D’un pas vif, peut-être un peu trop car elle manqua de s’étaler dans l’allée gelée en allant un peu trop vite, elle se dirigea vers la porte d’entrée pour sonner. Elle était épuisée, Eilin, autant par le boulot que par la route qui lui avait demandé de redoubler de vigilance, elle n’avait qu’une envie, s’endormir comme une marmotte et ne plus se réveiller jusqu’au moins le lendemain, mais la journée n’était pas encore terminée. Elle prendrait le relais d’Alarik et rentrerait chez elle avec Ana, pour lui préparer son repas et s’en occuper jusqu’à l’heure du coucher. Elle lui devait au moins ça. Elle leur devait ça, à tous les deux. N’obtenant aucune réponse, elle se résolut à contourner la demeure et depuis le jardin, entendait des cris et des rires. Elle reconnut sans mal le rire cristallin de sa fille et son cœur se gonfla d’un amour incommensurable et enfin, elle la vit. L’enfant était si chaudement emmitouflée qu’on la reconnaissait à peine sous toutes ses couches de vêtements et, du haut de ses quatre ans, elle était minuscule, si fragile, si vulnérable. Elle et Alarik se livraient apparemment à une mini-bataille de boules de neige, à en croire leurs vêtements recouverts de neige. « Je peux me joindre à vous ? » s’enquit Eilin en se manifestant enfin. Ana se tourna vers elle, maladroitement car gênée par tous ses vêtements, et s’exclama « Mamaaaan ! » elle courut du mieux possible pour se jeter dans les bras de sa mère et Eilin l’attrapa au vol pour la serrer contre elle avant de se redresser vers Alarik. « Tout s’est bien passé ? Ton vieux corps a survécu à l’énergie débordante de ma fille ? » plaisanta-t-elle, une lueur amusée dans le regard. Elle lui devait une fière chandelle, elle le savait bien, et elle n’avait pas l’intention de l’oublier.
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Dernière édition par Eilin Sørensen le Mar 16 Jan - 17:59, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: This is only where it begins | Alarik   Jeu 11 Jan - 12:45

This is only where it begins.
Eilin & Alarik
••• L’hiver. Noël et ses illuminations, cadeaux. Ce manteau neigeux. L’odeur des sablés dans le four. Tout un tas de souvenirs se rappelant à lui. Il adorait les fêtes de fin d’année, cela lui remémorait tellement de bons souvenirs. Des souvenirs d’un pays lointain, de la joie d’être tous réunis, des traditions – étranges – du Danemark. Toutes ces petites choses qu’il essayait de transmettre à sa famille et qui lui faisait aimer les fêtes de fin d’année. Préparant des kanelsnegls, juste pour faire plaisir à Mila - parce qu’il détestait la cannelle et qu’il ne faisait que d’éternuer à cause de cette saloperie d’épice – il fût interrompu par le téléphone. Les mains pleines de pâte et entre deux éternuements, il décrocha. Eilin au bout de la ligne catastrophée, n’ayant d’autre solution que de se rendre en urgence quelque part au fin fond d’il ne savait même pas où, pour son travail. Il accepta – non sans quelques grogneries au passage, de garder Ana. Alarik admirait sa sœur – même s’il ne le disait pas – parce qu’elle parvenait à combiner de front sa vie personnelle et professionnelle. Il était heureux qu’elle soit de retour dans le Vermont. Partager des instants en famille lui ayant cruellement manqué ces dernières années, alors qu’elle se trouvait dans le Colorado. Bien entendu, il y avait skype et le téléphone, mais cela ne remplaçait pas les moments comme cette journée qu’il passerait avec Ana. Ellie et Mila ayant prévu depuis pas mal de temps de se retrouver toutes les deux, pour une petite virée entre filles, elles les laisseraient donc tous les deux. Alarik feinta un air faussement détaché, il allait gérer la situation, tout seul comme un grand. Sans problèmes même ! Intérieurement, il se faisait littéralement dessus, rien qu’à l’idée de passer la journée seul avec Ana. Et s’il lui arrivait quelque chose ? Et s’il n’arrivait pas à l’occuper ? Gérer une gamine haute comme trois pommes et pleine d’énergie pendant toute une journée, n’était pas non plus insurmontable. Il avait vécu bien pire. Ou non en fait. Ce ne serait pas la première fois qu’il la gardait, mais d’ordinaire Ellie était là en renfort. Et du renfort il en avait bien besoin, vu le tempérament de la petite fille. Adorable, mais remuante et surtout collante. A l’image d’Eilin lorsqu’elle était petite. A peine Eilin eût-elle quitté la maison, presque aussitôt suivie par Ellie et Mila, Ana commença à s’agiter et à courir partout. La petite terreur fut donc mise à contribution pour terminer les roulés à la cannelle. En attendant la fin de la cuisson des pâtisseries, ils firent du dessin, puis Ana demanda une histoire et à nouveau une activité manuelle, puis une autre histoire. Malheureusement pour Alarik, la capacité de concentration de la petite fille ne dépassait pas 5 min. La journée allait être longue. Vint ensuite l’heure du repas. Étrangement, Ana l’observa préparer les assiettes, avec toute l’attention dont elle était capable. Et lorsqu’elle commença à brailler qu’elle n’aimait pas les pommes de terre – en mettant ses mains devant sa bouche et en secouant la tête dans tous les sens - Alarik eut toutes les peines du monde de lui faire avaler son repas. Un enfant qui n’aimait pas les pommes de terre… lui il pensait que les gosses n’aimaient pas les haricots verts, les épinards, les choux de Bruxelles, tous les trucs verts en fait. Mais des fichues patates bon sang ! Avec toute la pédagogie dont il était capable – à savoir très peu – il empoigna le doudou d’Ana et lui raconta que « Doudou, lui il adoooore les pommes de terre ! Hein M. Doudou, c’est bon ? » et il continua sur cette lancée. Miraculeusement cela sembla fonctionner et Ana goûta finalement au plat. Comme si les lapins en doudou mangeaient des pommes de terre… Heureusement, personne n’était là pour assister à la scène. L’après-midi passa ainsi, sans que le Danois n’ait la moindre seconde de répit. Il en vint à se demander comment Eilin faisait pour supporter 365j par an cette gamine, qui courait partout en lui criant dans les oreilles, dès qu’une activité ne lui plaisait plus.

Ellie lui envoya un sms dans l’après-midi, pour savoir s’il tenait le choc et s’il était toujours en vie. Elle ne croyait pas si bien dire. Message auquel il répondit simplement : HELP !!! Même s’il adorait sa nièce, la journée se révélait être bien plus fatigante que tout ce qu’il aurait pu imaginer. Quelle idée de faire des enfants. Et dire qu’ils venaient de débuter les démarches pour une adoption avec Ellie. Finalement, il n’était plus si sûr que ça de vouloir se lancer. Trop de tracas, d’énergie, de hurlements. Il était trop vieux pour supporter ce genre de choses. Il changea d’avis lorsqu’Ana vint lui faire un câlin avec son doudou et qu’ils purent s’installer pendant un bon moment sur le canapé, au calme, avec une nouvelle histoire. Voyant l’heure tourner, Alarik décida d’habiller Ana – sans doute plus que de raison, après tout il ne voulait pas qu’elle attrape la pneumonie. L’air frais ne leur ferait pas de mal, bien au contraire. Le critique prenait  à cœur sa mission de la journée et ne voulait pas que la petite fille s’abrutisse devant la télé. Hors de question même ! Certainement un principe qu’il tenait, puisqu’il n’avait pas d’enfants. Il était parvenu à l’occuper – sans écrans - depuis qu’Eilin l’avait déposée et il comptait bien continuer sur cette lancée. Il termina de l’habiller et enfila à son tour de quoi ne pas attraper froid. Avec son bonnet, ses moufles, ses bottes fourrées, son épais manteau, son pull et son pantalon de ski, Ana ressemblait à un bibendaum. S’il n’avait pas été un garçon bien élevé, sans doute se serait-il moqué de sa nièce. La pauvre avait l’air ridicule dans cet accoutrement. Eilin n’avait pas précisé s’il fallait mettre tous les vêtements en même temps. Il était loin d’être expert en la matière. Dans le doute, mieux valait qu’Ana soit trop couverte, que pas assez. A peine eût-il ouvert la porte menant dans le jardin, qu’Ana se rua dans la neige. L’excitation de la petite était à son comble. La joie de vivre de cette dernière faisait plaisir à voir et lui arracha un immense sourire. Cette gamine était aussi attachante qu’énervante, il devait bien le reconnaitre.

Ils firent tout d’abord un bonhomme de neige. Ana ne trouva rien de mieux que de chantonner la chanson d’Olaf de la reine des neiges. Au secours, pensa le Danois, en levant les yeux au ciel. Persuadé que cette maudite chanson allait lui rester en tête, pendant des jours entiers. Juste pour l’embêter, il se mit à chantonner à son tour, avec une grosse voix et en Danois. Ce qui lui valut l’air outré de sa nièce. La petite fille était tellement expressive. Lorsque le bonhomme fut terminé, Alarik en vint à se dire qu’il manquait quelque chose à ce pauvre bonhomme. « Il va attraper froid, t’en dis quoi ? Une écharpe ce s’rait pas mal ! ». Ana sautilla sur place, l’air visiblement encore plus excitée qu’à l’ordinaire. « Ouiiiiii ! Et un nez tonton, un nez ! ». Alarik éclata de rire. « Va pour le nez ! ». Le critique défit son écharpe et la passa autour du cou du bonhomme de neige. Il allait se mettre en quête de trouver un objet qui puisse faire office de nez, lorsqu’il sentit que quelque chose venait de lui refroidir la jambe, dans un « plop » significatif. Sourcils froncés, il jeta un rapide coup d’œil à sa nièce qui préparait déjà une prochaine offensive, de la neige plein ses moufles. « Mais ! Qu’est-ce que c’est qu’ça ? », feinta-t-il de grogner, juste pour faire peur à la tête blonde – qui visiblement s’en fichait et riait aux éclats. S’en suivit une petite course poursuite dans la neige, ce qui amusa on ne peut plus Ana, qui riait toujours. Alarik ramassa un gros tas de neige et le laissa tomber sur sa nièce, qui tomba à la renverse et ne bougea plus. « Ana ? ». La petite fille ne bougeait toujours pas d’un pouce. Le critique se voyait déjà devoir informer sa sœur qu’il avait tué Ana. Il s’approcha d’elle et s’agenouilla dans la neige, la panique se lisait clairement sur ses traits. « Bouh ! » Ana éclata alors de rire, en voyant la mine déconfite de son oncle. Son espièglerie n’avait d’égal que son imagination. Digne fille de sa mère, il n’y avait qu’elles pour faire des coups pareils. « Ça va Ana ? Tu m’as fait peur ! ». La petite fille – qui ressemblait maintenant à un ourson polaire – se redressa pour s’assoir en riant de plus belle... Alarik venait d’avoir la peur de sa vie et elle se moquait de lui, ou trouvait ça hilarant de lui avoir fait peur. « C’était pour de rire Tonton ! », et la bougresse continuait en plus. Il lui envoya quelques flocons sur la figure. « C’est super marrant, c’vrai, de faire penser à ton vieil oncle que tu t’es évanouie », grogna-t-il en se relevant, en remettant sur ses deux pieds Ana et en enlevant le plus gros de la neige, qui se trouvait sur les vêtements de la petite fille. Sans doute une vengeance de la part de cette dernière, pour l’avoir trop emmitouflée. Il n’eut pas le cœur de la gronder, après tout il lui avait envoyé beaucoup trop de neige dessus. Il allait lui proposer de rentrer pour boire un chocolat chaud quand elle se mit à courir en criant « Mamannn ». Le Danois vit alors sa sœur et espéra qu’elle n’avait pas assisté à la scène précédente. Elle proposa de se joindre à eux, signe qu’elle n’avait rien vu. Ouf, soulagement. « Plus on est de fous… Ah ça pour déborder d’énergie… J’ai l’impression d’avoir fait dix marathons et d’être sur les rotules, mais ça va. J’ai survécu à la tornade Ana ! J'suis prêt à la garder à nouveau, histoire d'm'entrainer » Il adressa un grand sourire à sa sœur avant d’enchainer « J’suis un oncle du tonnerre, tu crois quoi ! … Pas trop difficile ta journée ? T’as dû observer des vieux boucs dans la pampa ? », s’amusa-t-il, juste pour se moquer un peu de sa sœur. Il tapa ses gants juste devant elle, ce qui les éclaboussa tous.
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MessageSujet: Re: This is only where it begins | Alarik   Mar 16 Jan - 17:59


THIS IS ONLY WHERE IT BEGINS
Eilin & Alarik
Eilin aimait l’hiver, comme elle aimait toutes les saisons. Elle aurait été bien incapable d’en choisir une, elle aurait trouvé cela dommage et bien trop dénigrant pour les trois autres. Elle aimait chaque spécificité d’une saison, par exemple en hiver, elle adorait la neige et les mille possibilités qui en découlaient ; les batailles de boules de neige endiablées, les fabrications de bonhommes de neige, les anges et tout le reste. Elle adorait boire du chocolat chaud devant la cheminée, un plaid ou un chat sur les genoux, à seulement profiter du temps qui s’écoule, à ne pas être pressée, stressée. Si Eilin était rarement stressée, car elle n’avait pas l’esprit suffisamment rationnel pour cela, elle était toujours pressée – justement car elle regardait rarement l’heure et finissait toujours par être en retard. Ainsi, elle appréciait ces moments où elle pouvait être hors du temps, perdue dans ses pensées, et c’était aussi pour cette raison qu’elle aimait l’hiver. Elle pouvait rester au chaud, chez elle, sans culpabiliser. Heureusement pour elle, elle appréciait tout autant être au grand air et c’était d’ailleurs certainement pour cette raison qu’être dérangée durant l’un de ses jours de congé ne lui déplaisait pas. Et Ana serait entre de bonnes mains, d’autant plus qu’elle adorait son oncle. L’enfant avait de la chance, elle n’avait qu’un seul véritable oncle et il était un homme extraordinaire, qui aimait les enfants. Eilin reconnaissait chaque jour sa chance d’avoir un frère tel que lui. Sans doute n’aurait-elle pas eu un tel avis si elle était arrivée quelques minutes plus tôt chez Alarik et avait assisté à l’évanouissement factice de la jeune Ana. Sa mère se serait vraiment évanouie, pour de vrai cette fois. « Eh, ne me dis pas un truc pareil, je serais capable de te prendre au mot » répondit-elle quand Alarik assura qu’il était prêt à garder Ana de nouveau. « Mais je suis soulagée de voir que vous êtes toujours vivants, elle comme toi » Ana était douée pour faire tourner en bourrique les gens, surtout sa mère qui tombait parfois à pieds joints dans ses plans machiavéliques. Avec le temps, elle s’en rendait toutefois de mieux en plus compte.

Eilin étreignit sa fille avec force, comme si elle espérait lui transmettre tout son amour par cette seule étreinte, avant de se redresser pour reprendre une taille adulte et faire face à Alarik. Il avait l’air épuisé, mais en dehors de cela, Eilin ne remarqua rien d’anomal. Il lui demanda comment s’était passée sa journée et face à sa réflexion, Eilin secoua la tête, faussement vexée. Elle avait l’habitude d’être charriée sur tout et n’importe quoi par son frère, cela faisait aussi partie du lien si particulier qui les unissait, et elle avait beau lui expliquer régulièrement en quoi consistait son boulot, il ne comprenait vraisemblablement pas. Ou alors il comprenait, mais il faisait semblant pour l’agacer. Cela marchait un peu trop au goût de la jeune zoologiste. « Pas des boucs, non. Mais des renards gris qu’on essaie de réadapter à leur environnement naturel et crois-moi, c’est beaucoup moins facile que cela en a l’air. Sinon, ils ne m’auraient pas appelé » elle ne disait sûrement pas cela pour se montrer hautaine ou paraître importante, elle en était incapable. Mais c’était une urgence et elle avait répondu à cette urgence, quoi de plus normal ? Les renards rentraient dans sa branche d’étude, elle était donc particulièrement experte en la matière – mais elle n’avait pas l’intention de se lancer dans un exposé sur la vie du renard gris face à son frère. « Alors, qu’est-ce que vous avez fait aujourd’hui ? Tu ne l’as pas seulement mise devant la télévision toute la journée ? Ana a bien mangé, j’espère ? » non pas qu’Eilin critiquait la qualité de nourriture chez son frère, qui devait être bien meilleure que chez elle. Mais c’était une question habituelle, elle s’assurait qu sa fille mangeait correctement, que tout se passait bien. C’était la moindre des choses, sa façon à elle de se montrer présente dans la vie de sa fille. Tout comme elle était assez regardante sur le temps passé par Ana devant la télévision, s’efforçant de la mettre le moins possible et de lui proposer des programmes éducatifs. Hors de question qu’elle s’abrutisse devant des émissions stupides, Eilin souhaitait l’ouvrir à d’autres choses, elle ne voulait pas la rendre dépendante des écrans. Bien sûr, elle vivait aussi avec son temps, elle savait que c’était parfois inévitable. Mais si elle pouvait l’éviter au maximum, elle le ferait.

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MessageSujet: Re: This is only where it begins | Alarik   Ven 26 Jan - 15:56

This is only where it begins.
Eilin & Alarik
••• Magnifique journée. Epuisante journée. Le soleil trônait au-dessus des arbres et le froid transperçait son manteau et ses gants. L'hiver était là, bel et bien là. Et il ne semblait guère décidé à se retirer. Il lui suffisait de regarder l'épaisse couche de neige qui recouvrait le jardin pour en être sûr. L'hiver le plus froid depuis de nombreuses années. La couche blanche immaculée qui recouvrait chaque parcelle d'herbe conférait une certaine pureté à la scène. Il adorait le bruit des pas dans la poudreuse, les chocolats chauds au coin du feu, cette envie d’offrir et de faire plaisir aussi. Et même s’il était sur les rotules – et qu’il mettrait probablement trois semaines à s’en remettre – il avait adoré passer du temps avec Ana. Eilin semblait heureuse de les retrouver. Et rassurée aussi, de voir que sa fille était toujours en un seul morceau. Il lui prouvait ainsi qu'il était devenu un adulte responsable. Il partait plutôt de loin, lui le grand couillon un brin trop fêtard, qui terminait aux urgences tous les 4 matins. Qui aurait pu penser qu’un jour il serait capable de prendre soin de quelqu’un d’autre que lui-même et qui plus est un mini Humain ? « Tu peux, mais pas trop souvent. J’suis pas sûr de passer l’année sinon. Je n’sais pas lequel de nous deux était à plaindre aujourd’hui. Elle arrête jamais une minute. Comment tu fais ? », demanda-t-il en frottant son bonnet d’une main. Sans doute y avait-il un secret férocement gardé de tous les parents, pour tenir la distance. Alarik jugea que ce n’était pas possible autrement. Ou bien la petite était tellement heureuse de passer la journée avec son oncle, qu’elle en avait profité pour le faire tourner en bourrique durant des heures. Se sentant un peu mal par rapport à l’épisode du faux évanouissement, il en fit part – à sa façon – à Eilin. « J’crois qu’elle ira loin dans la vie… Elle a réussi à me faire croire qu’elle était évanouie. Tu devrais l’inscrire à d’cours de théâtre ! Elle est tout l’temps comme ça ? », la questionna-t-il finalement, légèrement admiratif qu’Eilin arrive à suivre la petite tête blonde et son rythme effréné.

La complicité entre le frère et la sœur n’était plus à prouver. Eilin lui ayant beaucoup manqué durant sa longue absence, il en profitait aujourd’hui pour rattraper plus ou moins le temps perdu, en la charriant quelque peu. Visiblement, Eilin venait de tomber dans le panneau. Le critique se doutait qu’elle n’était pas allée étudier de vieux boucs, comme il venait de le lui demander, mais il aimait tellement l’embêter au sujet de son métier. Il se demandait toujours d’où cette passion dévorante pour le vivant en général lui venait. Un métier original, pour un bout de femme tout aussi original. « Ah ! Si c’des renards gris, c’vrai que ça change tout ! », dit-il d’un ton sarcastique dont lui seul détenait le secret. Puis il redevint sérieux et se préoccupa de la sécurité de sa sœur. « La route était dégagée ? T'envoyer au fin fond de la cambrousse avec toute cette neige c'pas très judicieux, renards gris ou pas... Eux n'risquent pas de se retrouver la tête la première dans un fossé parce que ça glisse sur la voirie... ». Il s'insurgea mentalement contre la direction d'Eilin, qui visiblement se fichait totalement de la sécurité de ses employés. Typique. Le Danois savait aussi que la passion de sa sœur pour son métier, l'emportait sur toutes ces considérations et questions de sécurité, qui devaient sans doute la dépasser. Depuis toujours, il s'inquiétait pour deux et surtout pour elle. L'histoire du plongeon dans le lac lorsqu’elle avait trois ans l'ayant certainement traumatisé inconsciemment. La question de sa sœur l’amusa. Elle ne pensait certainement pas à mal en demandant le programme de la journée. Question à laquelle il répondit le plus naturellement du monde : « Oh pas grand-chose… j’l’ai abandonnée devant Shining puis Orange mécanique avec un énorme paquet d’Curly… Elle a même pas eu peur. Et puis après on a joué avec des couteaux tout en sautant sur le canapé ! » Sans doute le pire programme au monde pour une sœur laissant sa fille à son frère. Il garda son sérieux deux secondes supplémentaires avant d’expliquer réellement le programme de la journée – afin d’éviter à Eilin de faire une crise cardiaque. Même s’il adorait apprendre des bêtises à sa nièce, jamais il ne la laisserait jouer avec des couteaux, ou devant un film d’horreur. « On a juste dessiné, lu des tonnes d’histoires, dessiné encore et encore, on a aussi fait des roulés à la cannelle et puis j’ai dû batailler pour la faire manger, une véritable horreur ! Mais comment c’possible qu’une enfant n’aime pas les patates ? », demanda-t-il en mimant Ana lorsqu’elle avait secoué la tête dans tous les sens, sa main devant sa bouche. Il ne se remettait toujours pas de cette information. « Et pis comme tu vois, on prend un peu l’air ! Mad’moiselle n’a pas touché à un seul écran de la journée ! ». Et tandis qu’ils continuaient à papoter, Ana décida qu’ils avaient assez parlé et lança à nouveau une micro boule de neige sur son oncle, puis sur Eilin. Après tout, pas de jaloux !
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MessageSujet: Re: This is only where it begins | Alarik   Dim 28 Jan - 18:51


THIS IS ONLY WHERE IT BEGINS
Eilin & Alarik
Si Alarik était si heureux de garder sa nièce, Eilin ne se priverait pas de la lui confier plus souvent quand elle devait s’absenter, bien souvent à cause de son boulot ! Ou plutôt, exclusivement à cause de son boulot, puisqu’on ne pouvait dire qu’elle avait le temps d’avoir beaucoup de vie sociale en ce moment. Elle en rêvait, elle espérait retrouver le temps, par exemple, de s’inscrire à un sport pour se défouler ou se détendre, elle aspirait à tant de choses mais pour l’heure, elle partageait déjà ses journées entre son travail et Ana, et c’était amplement suffisant. Mais elle n’avait pas non plus l’intention de se débarrasser de sa fille chérie en la confiant trop souvent à son frère, bien au contraire. Dès qu’elle le pouvait, elle s’efforçait de s’en occuper et de la garder à ses côtés, mais ce n’était pas toujours évident et elle était soulagée de pouvoir compter sur les Sørensen. C’était ce qui lui manquait le plus dans le Colorado et aujourd’hui, elle se demandait comment elle avait pu supporter toutes ces années d’exil ; là-bas, elle était seule au monde, en dehors de ses nombreux amis et collègues, son mari n’était jamais là, elle devait tout surmonter seule. Plus jamais ça, se répétait-elle. Autant pour elle que pour Ana. Car sa fille grandirait auprès de son oncle et de sa grand-mère maternelle, à défaut de connaître toute la famille du côté paternel. Car Eilin n’avait jamais été très proche des parents de Derek, des gens austères et très pieux, qu’elle n’avait aucune envie de fréquenter. « Comment je fais ? Je n’ai pas le choix, je suppose. Et tu comprendras quand tu seras père à ton tour, tu verras... Quand c’est ton enfant, tu deviens capable de réaliser des trucs improbables, de soulever des montagnes » expliqua-t-elle en ébouriffant les cheveux foncés de sa fille. Ana lui ressemblait tant, c’était un fait. Elle avait quelques traits propres aux Clark, elle voyait un peu de Derek quand elle observait sa fille, mais dans l’ensemble, Ana était une Sørensen, une vraie. « Tu vois ces Dieux dans la mythologie hindoue, ceux représentés avec beaucoup de bras ? Les femmes, quand elles deviennent mères, ressemblent un peu à ça » expliqua-t-elle en riant. A une époque, elle s’intéressait beaucoup à cette mythologie, d’où ses connaissances dans le domaine. Elle supposait que c’était la même chose pour les pères, des bras invisibles poussaient aussi, mais c’était moins flagrant. Derek en tout cas, n’en avait toujours eu que deux.

Quand Alarik lui demanda si sa fille était tout le temps comme ça, énergique, active, et dotée d’un inégalable don pour jouer la comédie, Eilin approuva d’un hochement de la tête, l’air grave. « C’est le sang des Sørensen qui coule dans ses veines, que veux-tu. Mais je prends note des cours de comédie, je suis certaine qu’elle en sera très heureuse. Je suis justement à la recherche d’activités pour elle... » l’enfant approuva d’un hochement frénétique de la tête. Le rêve secret d’Eilin, c’était de mettre sa fille sur des patins, de lui montrer les bienfaits du patinage, d’autant plus qu’Ana avait à peu près l’âge d’Eilin quand elle avait débuté sur la glace. La jeune femme en parlait peu, elle avait trop peur qu’on lui dise qu’elle projetait ses propres rêves sur sa fille et c’était d’ailleurs certainement le cas. Mais elle essayerait, un jour. Et tant pis si cela ne fonctionnait pas – même si, dans le fond, Eilin serait déçue. Elle aurait tant voulu que sa fille patine. « Moque-toi donc. Il n’y a bien que les hommes pour ne pas s’émouvoir devant une petite boule de poils aussi adorable » rétorqua-t-elle quand elle parla de ses renards gris. Son frère la charriait souvent, ce n’était un secret pour personne et Eilin ne s’offusquerait certainement pas. Alarik redevint néanmoins sérieux pour lui parler de la météo et elle haussa les épaules. « Eh, panique pas, je suis vivante et entière, tu vois bien. J’ai conduit à dix à l’heure sur tout le trajet, c’est pour ça que je suis à la bourre d’ailleurs, je t’assure que je ne risquais rien » plaisantait-elle. Elle avait une conduite assez sûre, surtout par ce temps, même si elle comprenait les craintes de son frère (elle aurait sûrement tenu le même genre de discours si les rôles étaient inversés). Mais elle ne reculait devant rien pour effectuer son boulot, surtout pas quand on lui proposait une mission aussi excitante que celle-ci, alors elle avait accepté, en dépit des dangers de la route. Et elle avait bien fait, puisqu’elle était encore vivante. Eilin cligna des yeux tandis qu’Alarik lui racontait le faux programme de la journée, à base de films d’horreur et jeux avec des couteaux sur le canapé. Alarik éclata de rire avant qu’elle n’ait le temps de s’insurger et de le maudire. « Et tu te crois drôle ? Tu sais combien je suis crédule, pourtant ! Tu n’as pas honte ? » elle fit mine de le frapper en guise de vengeance. Mais son grand frère s’empressa de rétablir la vérité et quand il parla du repas qui avait été difficile, un mince sourire éclaira le visage d’Eilin. « Elle ne mange pas n’importe quoi, c’est normal. Elles avaient quelle tête, tes patates ? » même si c’était quelque chose sur lequel elle travaillait, car cela l’agaçait prodigieusement que sa fille soit si sélective au niveau de la nourriture. Elle espérait que cela lui passerait en grandissant ! Eilin ne se rappelait plus de sa propre enfance et de son lien avec la nourriture, mais elle supposait qu’il devait être compliqué également. Alarik lui assura qu’il n’avait pas mis Ana devant un écran de toute la journée et, soulagée, Eilin répondit « Merci, t’es un oncle parfait » Elle voulait tant montrer à sa fille les merveilles du monde sans l’abrutir devant un écran de télévision, mais elle savait qu’elle ne pourrait y arriver sans le soutien de son entourage proche. Qu’Alarik suive ses préceptes lui mettait du baume au cœur. Ana se manifesta ensuite en leur lançant une boule de neige, comme pour montrer qu’elle existait et Eilin rit légèrement. « Ok, ok, j’ai compris. On rentre à l’intérieur ? Il commence à faire vraiment froid » elle remit en place le bonnet de sa fille puis attrapa sa main gantée, avant de se diriger vers la porte. Elle avait encore des choses à dire à son grand frère et n’avait pas l’intention de retourner tout de suite chez elle, sauf si Alarik les chassait à coup de balai. Mais elle le connaissait, il les aimait trop pour ça.  

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MessageSujet: Re: This is only where it begins | Alarik   Jeu 8 Fév - 12:22

This is only where it begins.
Eilin & Alarik
••• L’idée de la parentalité l’effrayait autant qu’elle le fascinait. Et ce que venait de lui avouer Eilin n’était pas spécialement pour le rassurer, où peut-être que si. Mais sa sœur avec cette franchise propre à elle-même. Elle non plus ne possédait pas de filtres. Tout était lâché à brûle pourpoint, telle une patate chaude et à vous de vous débrouiller avec cela. Entre le frère et la sœur, il n’y en avait pas un pour rattraper l’autre à ce niveau. Sans doute des restes de leur éducation Nordique. « Hum… je vois… Shiva etc… » Il marqua un temps d’arrêt avant de lâcher « Donc si j’comprends bien, ça ne s’applique pas aux pères… Eux ils se contentent de rejoindre leurs potes au bar et de mettre les pieds sous la table en rentrant ? » Entre leur propre père et Derek, de bien piètres exemples qu’avait pu avoir Eilin. Plutôt brillants par leur absence que par leur présence. Et c’est bien ce qui effrayait le Danois. Intimement persuadé que l’absence de leur géniteur et tous les standards de performances bien trop élevés qu’il leur avait toujours imposé, jouait aujourd’hui sur sa vie, à un point qu’il ne pouvait imaginer. Telles des graines mentales et émotionnelles. Des graines qui, chez Alarik s’étaient transformées en mauvaises herbes. Ces mêmes graines qui nourrissaient ce jardin, qui ressemblait sans doute à un gros fouillis, plutôt qu’à un jardin à la Française. Ce feuillage tentaculaire et ses ramifications ayant probablement porté préjudice à ses relations, sa carrière ou sa vie familiale; d’où son manque évident de confiance en lui. Ressembler à Anders, tout ce qu’il ne voulait pas. Tout ce qui le faisait flipper aussi. Eilin semblait quant à elle moins marquée par les travers de leur père, du moins en apparence.

Un immense sourire se dessina finalement sur son visage, la conversation fit fuir ses propres angoisses. « Tous les Sørensen ne sont pas comme ça… Fin en même temps les chiens ne font pas des chats. » Du moins c’est ce qu’il se disait. Peut-être que c’était stupide et que ce n’était pas du tout le cas. Même s’il avait pu le vérifier aujourd’hui même. Il avait reconnu, chez Ana, quelques comportements de sa sœur lorsqu’elle était petite. « Pourquoi pas le patinage ? ». Le Danois savait à quel point sa sœur chérissait ce sport et devait sans doute nourrir quelques rêves à ce sujet, vis-à-vis de sa fille. La question était tout à fait anodine et ne comportait aucun jugement. Il ne se permettrait jamais d’en avoir au sujet de sa nièce. Alarik manqua de s’étouffer. Lui qui avait craqué devant le lapin qu’ils venaient d’adopter avec Mila, n’était donc pas un homme si on suivant la logique de sa sœur. « Non c’bien connu que les hommes sont comme ça et les femmes totalement différentes, que chacun à des spécificités bien différenciées, qu’on peut faire rentrer dans des cases et qu’il ne faut surtout pas sortir de ces mêmes cases… J’ai craqué dvant un lapin, qu'on a ensuite adopté, c’est grave Docteur ? », se moqua-t-il alors. Cela lui avait tellement manqué de pouvoir partager ce genre d’instant avec sa sœur. Il ne lui avouerait peut-être jamais, mais il avait trouvé véritablement difficile ces années passées loin d’elle. Que ce soit lorsqu’il était parti à New-York pour l’école de journalisme, où lorsqu’elle s’était installée dans le Colorado. La rançon du goût des voyages et de l’ouverture sur le monde, que leurs parents s’étaient entêtés à leur donner.

« Non, j’voulais juste pouvoir me moquer de la tête que t’allais faire ! » Et il devait bien reconnaitre qu’il n’était pas déçu du résultat. S’il était terre à terre – voire peut-être un peu trop – Eilin elle était du genre totalement rêveuse. Plus d’une fois, il avait réussi à lui faire gober n’importe quoi. Il se souvenait particulièrement d’un été où elle avait joué plus que de raison avec ses nerfs. Le Danois avait alors fait croire à sa sœur qu’elle était une enfant adoptée et que les Sørensen l’avait recueillie dans une poubelle. Il se souvenait aussi très bien des pleurs d’Eilin, durant des jours et des jours. Sans doute la seule fois où il s’était comporté comme un abruti avec sa sœur. Le rappel à l’ordre d’Anders lui ayant fait passer toute envie de jouer au plus malin. Quand il y repensait il se disait qu’il se mettrait bien des claques lui-même. La conversation dévia sur le repas difficile de la petite Ana. Le Danois pensait faire plutôt plaisir à sa nièce avec son plat, mais c’était sans compter la phobie de la petite fille. « Elles étaient parfaites ces pommes de terre ! On est peut-être pas chez Robuchon ici, mais pas loin… » lança-t-il avec un clin d’œil à sa sœur. « J’me doute qu’elle ne mange pas n’importe quoi, mais de là à faire une crise devant son assiette… Si elle est comme toi à son âge, bon courage ! ». Sourire espiègle, Alarik se rappelait parfaitement de scènes où Anders hurlait sur Eilin, pour qu’elle avale son poisson. Sauf qu’il y avait toujours quelque chose, soit trop d’arêtes, trop de gras voire trop d’os parfois. Tout était bon pour ne pas avaler tel aliment. Chose qui passait très mal auprès d’Anders, certainement blessé dans son ego, parce que sa fille ne voulait pas avaler ses plats. Par soutien, Alarik restait à table avec Eilin. « Tu t’souviens pas d’être restée des heures et des heures assise à la grande table de la salle à manger ? Moi j’men rappelle… c’était longggg ». La suite de la conversation l’amusa au plus haut point. « Parce que t’en doutais encore ? »

Le signal lancé par Ana était sans équivoque, elle devait en avoir marre et être gelée et ne souhaitait qu’une chose, rentrer au chaud. Le critique invita Eilin et Ana à rentrer, leur indiqua où poser leurs manteaux et chaussures. Il lança à la suite un feu dans la cheminée, histoire que tout le monde puisse se réchauffer. « Un roulé à la cannelle avec un chocolat chaud, ça vous tente ? » Ana se mit à nouveau à crier pour montrer sa joie et commença à sauter sur le canapé. Sans doute juste pour montrer à sa mère qu’elle pouvait faire ce qu’elle voulait ici. Sauf que ce n’était pas le cas. Le regard noir d’Alarik la fit stopper presque aussitôt. Il s’abstint d’émettre un quelconque commentaire en présence d’Eilin, ne voulant pas outrepasser sa sœur dans son rôle. Ce n’était pas le sien après tout. Il abandonna les deux filles dans le salon et revint quelques minutes plus tard avec un plateau et de quoi se rassasier. Le critique tendit une tasse à Ana, puis à Eilin et vint s’installer auprès d’elles dans le canapé. Meilleure place au monde, au coin du feu avec les chocolats chauds fumants qui embaumaient la pièce. Ne manquait plus que des chaussettes – moches – de Noel, pour parfaire le tout. Il laissa les roulés à sa sœur et sa nièce, ne voulant pas faire un nouveau choc anaphylactique. Ellie risquerait de l’accuser de le faire exprès, pour  passer son temps à l’hôpital. « Bon, hormis les renards gris, quoi de nouveau ? », et avant qu’elle n’ait vraiment le temps de répondre, il lança un : « Avec Ellie on va… lancer des démarches pour une adoption », preuve que cela le faisait flipper à un point immense, pour outrepasser ainsi toute règle de bienséance. « Désolé…ça m’rend un peu nerveux »
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MessageSujet: Re: This is only where it begins | Alarik   Dim 11 Fév - 12:27


THIS IS ONLY WHERE IT BEGINS
Eilin & Alarik
Eilin n’avait jamais pensé être une bonne mère, en réalité. Comme pour beaucoup de femmes, elle avait appris sur le tas, à la naissance de sa fille. Bien sûr, vaguement stressée durant sa grossesse, elle avait lu le plus de livres possibles sur le sujet, mais pour finalement se rendre compte que la théorie ne faisait pas tout, qu’on devenait une bonne mère en s’exerçant. Elle pensait, avant la naissance d’Ana, ne pas avoir d’instinct maternel, n’être pas faite pour ça. Ce devait être vrai, après tout. Elle était maladroite, avait la mémoire d’un poisson rouge atteint d’Alzheimer, avait déjà des difficultés à s’occuper d’elle-même, alors un enfant, un autre être humain ! Et pourtant, elle avait réussi, et elle s’en tirait honorablement. Elle était loin d’être parfaite et elle continuait de faire des erreurs, mais ces erreurs-là forgeaient aussi sa relation avec Ana. Elle ne savait pas si elle voulait d’autres enfants, c’était une question qui demeurait en suspend, car contrairement à d’autres, elle n’avait pas beaucoup aimé être enceinte. Trop de contraintes, trop de douleurs, sa grossesse avait été loin d’un long fleuve tranquille et réitérer l’expérience ne lui disait rien. Pourtant, elle aimait les enfants, n’était pas contre l’idée d’en avoir d’autres – mais avec qui ? Faire un enfant toute seule n’était pas une idée qui la branchait beaucoup. « Tu as oublié la bière devant un match de football. Mais c’est ça, les mères font tout le travail, et les hommes attendent que ça se passe » plaisanta-t-elle. En réalité, c’était seulement pour embêter son frère, car elle n’en pensait pas un mot. Si elle était intimement persuadée que rien ne pouvait remplacer le lien d’une mère à son enfant, elle était bien consciente que les hommes abattaient eux aussi un travail monstre, et elle était très mal placée pour prétendre l’inverse. « Enfin, pas tous. Derek n’était pas vraiment comme ça » réfléchit-elle. Derek était un salopard, c’était un fait. Mais lui, il était absent à cause de son boulot et, quand il rentrait au domicile familial, il était présent, il aidait son épouse, il passait du temps avec Ana. Même si c’était de plus en plus rare au fil des années, même si Eilin avait fini par se faire une raison et par accepter la véritable nature de son mari, elle devait bien admettre ça. « Désolée, c’est vrai. On ne parle pas des sujets fâcheux » se reprit-elle plus timidement, sachant bien combien l’évocation de Derek avait tendance à mettre son grand frère hors de lui.

Et puis Eilin parla des futures activités de sa fille. Ana arrivait à un âge où sa mère devait lui proposer de nouveaux loisirs pour l’éveiller davantage, peut-être un sport ou du théâtre, une activité qui lui permettrait de s’épanouir, qui deviendrait peut-être une passion. Mais elle ne savait pas encore quoi. Quand Alarik parla de patinage, sa petite sœur tressaillit, comme s’il venait de proférer une absurdité, et elle lâcha un « Oh... » peu convaincu. « Parce que c’était mon rêve, ma destinée. Je ne veux pas être l’une de ces mères qui projettent leurs espoirs brisés sur leur propre fille, Alarik. Ana risquerait de m’en vouloir » et pourtant, elle en mourait d’envie. Elle ne le faisait pas, non pas au risque de s’attirer les foudres de son entourage, les rumeurs des voisins (elle s’en moquait bien) mais parce qu’elle craignait que sa fille ne le lui reproche, en grandissant. Elle ne voulait pas partir sur un mauvais pied avec Ana. Peut-être essayerait-elle, au moins pour partager quelque chose avec la fillette, mais cela n’irait pas plus loin. Son regard s’était voilé l’espace d’une seconde, mais rapidement, elle retrouva son optimisme. Pas question de paraître triste ou nostalgique d’un temps révolu. Fort heureusement, sa fille n’avait pas entendu ses mots, elle s’était éloignée quelques instants. « Mon Dieu, un lapin, c’est très grave en effet. Tu te ramollis, ou alors tu te fais vieux, au choix » répondit-elle en riant. La conversation dévia naturellement sur le repas du midi, Eilin était assez curieuse de savoir comment il s’était passé, connaissant sa fille et ses réticences alimentaires. Elle comprenait Ana, elle avait été pareille au même âge, mais à l’époque, elle ne se rendait pas compte combien c’était agaçant pour les adultes ! « Oui, je me doute bien qu’elles étaient parfaites. D’ailleurs, j’ai bien l’intention de venir plus régulièrement manger chez toi, c’est toujours meilleur que mes plats » Eilin s’en tirait honorablement, quand elle ne faisait pas brûler quelque chose. Mais venir déjeuner chez Alarik, c’était toujours un bonheur. « Je me rappelle vaguement, même si c’est quelque chose que je préférerais oublier ! Papa devenait fou, je crois. Heureusement, maman a toujours eu beaucoup plus de patience » son regard brilla d’une lueur malicieuse en repensant à son enfance. Eilin était une enfant sage, parfaite à bien des égards, qui posait rarement de soucis à sa famille car elle avait ce besoin presque désespéré d’être aimé, admiré. En fait, la nourriture était la seule chose sur laquelle il était plus difficile, voire impossible, de la faire flancher. Elle possédait déjà son petit caractère !

Ana s’intéressa à nouveau à sa mère et à son oncle, quand celui-ci proposa un chocolat chaud accompagné d’un roulé à la cannelle. « Ah ça, pour un chocolat chaud et des gâteaux, elle est tout de suite partante » sourit Eilin d’un air attendri. Il fallait croire qu’Ana était vraiment la copie conforme de sa mère, malgré un tempérament un peu plus difficile à canaliser, parfois. Ils s’installèrent autour de la table pour déguster ce qu’Alarik apporta quelques minutes plus tard et pendant un instant, on n’entendit plus rien d’autre que les trois Sørensen en train de déguster les merveilles culinaires. Alarik voulut savoir ce qu’il y avait de nouveau dans la vie de sa jeune sœur, mais avant qu’elle n’ait le temps de lui répondre qu’il n’y avait rien, il lui annonça que la procédure d’adoption était lancée. Eilin s’arrêta de mâcher, assommée par la nouvelle, et dévisagea son frère d’un air interdit, le temps que l’information monte jusqu’à son cerveau. Et soudain, elle réalisa, et un large sourire fendit son visage tandis qu’elle explosait avec enthousiasme « C’EST VRAI ?! Alors ça y est, c’est officiel ? Oh bon sang, c’est fabuleux ! Alors je vais enfin être tante ? » elle avait toujours rêvé de l’être, ce qui jusque-là, était un espoir un peu vain. Mais maintenant qu’Alarik était bien avec Ellie, qu’ils formaient un couple stable, l’espoir revenait enfin. Ana ne parut pas tout à fait comprendre ce que les adultes disaient, mais voyant la joie de sa mère, elle sourit à son tour et battit des mains. « Oh là là, je suis tellement... Wow, je m’y attendais pas. Et tu as attendu que j’ai la bouche pleine de gâteau pour me dire un truc pareil, espèce de... C’est génial, vraiment. Je comprends que ça te rende nerveux, mais c’est juste le début d’une nouvelle aventure, c’est... Combien de temps ça va prendre ? » tellement excitée, Eilin ne parvenait même pas à finir correctement ses phrases. Elle avait trop de questions à lui poser, trop d’interrogations à éclaircir.

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MessageSujet: Re: This is only where it begins | Alarik   Mar 20 Fév - 19:39

This is only where it begins.
Eilin & Alarik
••• Malgré le froid qui leur mordait le visage, les mains et les pieds, l'instant s'inscrivait parfaitement dans un moment agréable, un moment de bonheur. Une simplicité, mais qui pourtant valait tout l'or du monde. Un instant qui, dès lors que l'on prenait le temps de se retourner dessus, donnait un aperçu du bonheur. La discussion suivait son cours et le critique n'hésitait pas à en rajouter pour donner raison à sa petite sœur. « Ah oui la bière c’vrai, comment ai-je pu oublier… On s'rait pas un peu en plein cliché là ? », demanda-t-il l'air amusé. Alarik se referma presque instantanément à l’évocation de Derek, l’ex-mari d’Eilin. Cette dernière savait déjà à quel point il le méprisait. Le Danois ne l’avait jamais apprécié et ne risquait pas de l’apprécier un jour. Un connard arrogant avec les dents qui rayaient le parquet. Le genre de personne avec qui cela ne passait pas en règle générale. D’ailleurs, le critique se posait toujours la même question. Qu’est-ce que sa sœur avait bien pu trouver à ce type ? Enfin il ne préférait pas savoir. Sans doute cette nécessité de ne pas être seule. Il ne voyait pas franchement d’autre réponse. « Mmhh... Il était pire c'vrai ! », maugréa-t-il malgré lui.

La suite de la conversation lui fit hausser les épaules. Conscient de la connerie qu’il venait peut-être de dire. « C’était une idée comme ça, j’me doute que t’as pas envie de la forcer à devenir patineuse pro… Peut-être qu’elle détestera ça, mais rien ne t’empêches de lui faire essayer. Tout comme de lui faire essayer d’autres sports, d’autres activités et elle choisira. C’bien qu’elle puisse essayer diverses choses…  » Du moins c’est ce dont il était persuadé. Qu’Ana puisse faire ses propres expériences et soit capable de choisir d'elle-même par la suite. « Et puis tu pourrais partager certains moments avec elle… Ça pourrait aussi être un instant privilégié. Me dit pas qu’tu meurs pas d’envie de la voir enfiler des mini patins super mignons… ». Il en mettait sa main à couper. « Justement t’as conscience de pas la pousser à faire quelque chose dont elle n’aura pas envie. Aucun risque qu’elle puisse te reprocher quoi que ce soit plus tard ! » Certes, il n’était pas le mieux placé pour prodiguer des conseils et n’avait pas la prétention d’en donner. Il essayait seulement de rassurer sa sœur quant aux doutes qu’elle émettait. Il comprenait parfaitement qu'elle puisse être angoissée à l'idée de mal faire. Mais après tout c'était aussi cela être parent, se tromper, tenter de faire mieux... ou pire, tout dépendait des familles. « Sympa d'me rappeler le temps qui passe ! », lâcha-t-il simplement suite à la blague d'Eilin. Si le passage de la vingtaine à la trentaine avait pu être synonyme d'angoisse, le passage à la quarantaine ne lui faisait ni chaud ni froid.

Une fois le petit récapitulatif de la journée d'Ana terminé, les deux adultes purent se rappeler avec nostalgie de certains souvenirs. La suite de la conversation le fit un peu moins rire. Sa sœur était tout à fait capable de s'inviter tous les midis. En soi cela ne le dérangeait pas plus que ça, mais au quotidien il était loin de  mettre les petits plats dans les grands. Le mythe risquait d'en prendre un coup. « Quoii ? Sinon tu peux toujours te nourrir directement au restaurant à Burlington, en invoquant que c’un ordre de la directrice ! », s'amusa-t-il, tout en tentant de détourner la conversation. La jeune femme avait cette tendance à se nourrir uniquement parce qu'il le fallait. Ce que le Danois trouvait parfaitement dommage. Tout comme Ana trouvait parfaitement dommage de rester dehors dans la froid. La chaleur émanant de la cheminée était on ne peut plus agréable. Tout comme l'odeur des roulés et du chocolat chaud. Le critique ne savait pas très bien pourquoi il venait de lancer ainsi le sujet sur l'adoption qu'Ellie et lui envisageaient. Il y avait certainement une meilleure approche possible. Le Danois  manqua de basculer en arrière suite à la réaction de sa sœur. Plutôt suite à l’explosion de joie d’Eilin. Cette dernière avait l’air tellement heureuse pour eux. Tout comme Ana, qui eut une réaction tout à fait mignonne, même si elle ne réalisait sans doute pas ce que cela impliquait. « Nan c’faux, c’une blague ! », ne put-il s’empêcher de rétorquer, un sourire narquois collé au visage. Il retrouva rapidement son sérieux, afin que sa sœur n'ait pas droit à un ascenseur émotionnel. « C'est officiel, mais va falloir que t'attendes un peu... C'est pas demain la veille ! Et comment ça tu vas enfin être tante ? T'étais à ce point au bord du désespoir ? » Il avala une gorgée de son chocolat chaud, reposa la tasse et demanda sérieusement « J'ai encore rien dit à Maman... J'compte sur ta discrétion, même si je sais d'avance que c'peine perdue ! ». Eilin était incapable de garder un secret. Non pas parce qu'elle le faisait exprès, mais bien parce qu'elle était trop tête en l'air pour garder la moindre information pour elle. Le critique éclata de rire face à la remarque de cette dernière. « Promis je n'ai pas essayé de te tuer ! Je ne sais pas combien de temps exactement cela va prendre, mais on opte pour le système Foster Care... un ami nous aide plus ou moins en ce sens... Heureusement parce que le dossier est vraiment impressionnant... une fois que notre dossier sera passé en « commission », on aura la visite d'une assistante sociale et d'une psy. Déjà là il va se passer plus de 6 mois. Et ensuite et bien il faudra attendre et encore attendre jusqu'à ce qu'on nous propose un enfant... Enfin c'plus compliqué que ça mais on va faire simple ! » Tout se révélait être une question de patience et il n'était pas sûr d'en être capable. « J'veux pas ressembler à ce que tu décrivais tout à l'heure ! », dit-il finalement en baissant les yeux sur sa tasse.
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