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We're just a million little gods causin' rain storms (Dorian)

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William Brennan
-- All the time that we wasted --
William Brennan

PERSONNAGE
LITTLE TALKS : 1318
PSEUDO : Red (Audrey)
AVATAR : Iwan Rheon
CREDITS : mrs chaplin (ava) + ethereal (ban sign) anaëlle (code sign) + arcade fire (lyrics)
ALTER-EGO : Archie, David, Tommy, Raf, Charlene, Griffin, Reid & Marty
ÂGE : 35
QUARTIER : 17, Willow Street (Midtown) dans une petite maison dont il est nouvellement propriétaire.
MÉTIER : Promu sergent détective depuis peu. Seuls les fous ne changent pas d'idée.
COEUR : You can't fight the tears that ain't coming or the moment of truth in your lies.
INTERVENTIONS RL : oui
INFOS RP

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MessageSujet: We're just a million little gods causin' rain storms (Dorian) We're just a million little gods causin' rain storms (Dorian) EmptyLun 14 Aoû - 4:35


We're just a million little gods
causin' rain storms

Turnin' every good thing to rust
I guess we'll just have to adjust

- Dorian & William -

La journée entière y était passée. Une phrase après l’autre, un chapitre pour clore le précédent sans pour autant atteindre un sentiment d'accomplissement. La vérité, c’était qu’il ne se cachait aucune réponse entre les pages de ce premier roman. Pas plus que les heures occupées à tout, et rien, n’avaient su en faire surgir davantage. L’avidité avait fini par laisser toute la place à une certaine colère, diffuse, envahissante. Plus que tout le reste, j’étais en colère par la faute de ce cuisant sentiment de solitude qui sournoisement s’immisçait au détriment même des gestes les plus habituels. Tout le monde avançait. Hannah s’épanouissait grâce à la maternité et ses nouveaux projets artistiques. Oliver était parti et bâtissait la vie dont il avait toujours rêvé. Jake… Jake était parti, emportant avec lui des réponses qui ne verraient plus jamais le jour, vestige de ce bon vieux Will que j’avais toujours été. Que j’étais toujours, exactement et inlassablement le même, et pourtant à des années-lumières du genre de préoccupations qui auraient seulement pu m’effleurer, il n’y avait pas si longtemps de ça. Des réponses, il en restait tout de même à demander. Chaque fois que j’en avais sérieusement jaugé la possibilité, la colère s’était amalgamée avec, plus puissante encore, la honte. Celle d’être resté imprégné de quelque chose qui ne revêtait que l’importance d’un détail, d’une phrase, dans l’histoire d’un autre. Une histoire dont le plus récent chapitre venait de passer sous la loupe d’une médiatisation accrue. Le tourbillon des premiers jours commençait à s'essouffler, même si de nouveaux commentaires continuaient d'apparaître sur la publication originale. Jamais le concept de chambre d’écho ne m’avait paru aussi fort, tandis que certaines conversations avaient fini, bien sûr, par franchir les limites du virtuel pour se retrouver tantôt au poste de police, tantôt dans les lieux publics. Quelle victoire ! Pour les responsables de cette vague de cambriolages qui, avant l’entrevue, auraient été l’ennemi à abattre. La nouvelle des arrestations passait presque sous silence. Une réussite de la police locale, oubliée. La vie est une grande désillusion, écrivait Oscar Wilde. Je me demandais quel effet cela faisait, de pouvoir l’écrire, le sortir de soi, l’abandonner sous sa plume au reste du monde.

Et puis, il y avait eu cet éclair de volonté – inéluctable dénouement à cueillir. Si on laissait toujours faire le hasard, il n’y avait qu’à soi que l’on pouvait s’en prendre. Muni d’une simple veste, parce que les nuits commençaient déjà à se rafraîchir de quelques degrés, mes pas m’avaient guidé jusqu’à Farming Area et le voisinage familier. La voiture dans l’entrée de ses voisins n’était plus la même qu’avant, mais rien d’autre ne signalait le changement. Quant à sa porte, à lui, j’y cognais avec conviction, le cœur battant tout à coup à tout rompre, prêt à déborder, colère, déception, manque, solitude, doutes, dommages collatéraux, incompréhensions, vérité… Les secondes passaient et ma mâchoire se crispait. Seul le silence pour y répondre et, puis, une main embarrassée que je me passais dans les cheveux en me retournant sur moi-même pour observer la rue, paisible. Bientôt, la lumière trop vive de mon smartphone et des gestes précis. Est-ce qu’on peut se parler ? Non, j’effaçais tout d’un coup, comme je l’avais déjà fait quelques fois avant ce soir. J’avais enregistré son numéro de portable sur mon téléphone personnel sans l’utiliser une seule fois depuis. Non pas qu’il l’ait fait lui non plus, de toute façon. C’était ce que je m’étais répété plus d’une fois. Tu tiens le coup ? Cette fois, un geste plus expéditif et un message envoyé. Je n’étais pas complètement certain d’être en accord avec cette approche plus que les autres, avortées. Mais pendant un instant, j’étais soulagé d’avoir quitté l’entre-deux. Et maintenant ? Je m’accordais le temps, le droit, de ne pas savoir. Les minutes passaient ainsi, d’apparence inoffensives, alors que je restais assis dans les escaliers du porche de sa maison.
Combien de temps exactement ? Impossible de le savoir, jusqu’à ce qu’une silhouette, sa silhouette, me tire hors de mes pensées. J’étais presque le plus surpris de le trouver… Chez lui. « Dorian. » Pas de Brooks. Avait-il reçu mon message ? Je fronçais les sourcils. « Je pensais que t’étais pas là. » Ce qui avait été le cas, jusqu’à maintenant. Oh, inutile de s’attarder au genre de pensées qui avaient pu me traverser l’esprit, à présent que j'avais bien dû me pencher sur ces photos de tous les endroits où il entrait et sortait quelques semaines plus tôt. Une sorte d’intrusion dans sa vie privée, dont je me serais bien passé. Maintenant que Dorian était là, face à moi, tout était comme s’il ne restait plus rien, rien d’autre qu’une profonde incertitude et ce blanc.

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Dorian Brooks
-- membre qu'on adore --
Dorian Brooks

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“We are, as a species, addicted to story. Even when the body goes to sleep, the mind stays up all night, telling itself stories.”
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LITTLE TALKS : 459
PSEUDO : Rainbow D.Ashe
AVATAR : Michael Fassbender
CREDITS : (av) wanderlust
ALTER-EGO : Gabriel & Ben
ÂGE : 44
QUARTIER : Farming Area, au #30
MÉTIER : Ecrivain, son quatrième roman vient tout juste de sortir en librairie
COEUR : And I'd give up forever to touch you 'cause I know that you feel me somehow
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MessageSujet: Re: We're just a million little gods causin' rain storms (Dorian) We're just a million little gods causin' rain storms (Dorian) EmptyMar 10 Oct - 9:59

Si les murmures qu’il entendait sur son passage ont fini par se calmer, l’orage gronde encore dans la vie de Dorian. Aujourd’hui, alors qu’il affronte la colère de son éditeur, l’écrivain se surprend même à regretter celle de ses voisins. Les regards en coin et les chuchotements sont plus faciles à ignorer que les remarques assassines qu’on lui envoie directement au visage. Elles n’en sont pas moins méritées, et il le sait. Bien sûr qu’il est irresponsable, qu’il a perdu la tête. Peut-être même qu’il a quelques tendances suicidaires, quand il s’agit de sa carrière. Il reconnaît le bien-fondé de chaque accusation et fait de son mieux pour les endurer en gardant la tête haute - tout en prenant soin d’afficher une mine repentante. De prouver qu’il ne prend pas cette situation à la légère. La vérité, c’est qu’il n’a pas complètement envisagé le risque qu’il prenait pour sa carrière. Comment une publication dans un petit journal local pourrait influencer des lecteurs aux quatre coins du monde ? Personne ne perd du temps à lire le Redwood Echo en dehors de Redwood Hills, pas vrai ? Son équipe paraît avoir une opinion complètement différente à ce sujet. Il n’y a, hélas, qu’une seule façon de savoir qui a raison : attendre. Ils peuvent bien discuter autour de cette grande table toute la journée - et c’est exactement ce qu’ils font - rien ne changera aujourd’hui.

Personne ne veut abandonner pour autant, et tout au long de l’après-midi, c’est un véritable conseil de guerre qui s’organise. Comme s’ils risquaient leurs vies, tous les membres de l’équipe débattent sans relâche pour mettre au point un plan d’attaque, pour se préparer à toutes les éventualités. Pour la première fois depuis bien longtemps, Dorian en vient à un point où il est soulagé quand un assistant lui indique qu’une voiture l’attend dehors. Il commence à se faire tard et il ne connaît pas l’homme derrière le volant, mais il entre dans le véhicule sans se faire prier, pour une fois. N’importe quoi, du moment qu’on l’emmène loin d’ici, qu’il peut retourner se cacher dans sa grotte.

Il n’a pas fait grand-chose de plus que ça, ces derniers jours. Il y a bien eu sa petite sortie au Garnet avec Castiel DeWitt, mais depuis, il s’efforce de rester caché derrière les murs de sa maison autant que possible. Ses brèves sorties à l’épicerie ou aux bureaux du Redwood Echo ont fait des miracles pour le convaincre de rester à l’abri des regards pour encore quelque temps. Il ne s’est jamais senti plus seul au monde, et pourtant il n’a jamais autant cherché cette solitude. Ce soir encore, il n’adresse que quelques mots au conducteur du VTC, l’invitant à ne pas conduire trop vite, avant de fermer les yeux et de se perdre dans sa tête jusqu’à oublier où il se trouve. Il ignore les sons qui viennent de l’extérieur, le temps qui passe dans une lenteur agonisante et même les vibrations de son téléphone portable dans la poche de sa veste. Rien ne compte que le réconfort qui l’attend chez lui.

Réconfort qui lui paraît bien vite gâché, quand il sort de la voiture et aperçoit la silhouette d’un invité mystère sur son porche. Un soupir agacé l’accompagne sur quelques pas, tandis que son visage se pare de la grimace la moins accueillante qu’il puisse conjurer. Elle disparaît à toute vitesse quand Dorian se trouve suffisamment proche de son invité pour le reconnaître. “Oh, William…” Il ne s’attendait certainement pas à la visite du sergent ce soir. Ils n’ont pas eu le moindre contact depuis un moment. Et il ne sait que penser du spectacle sous ses yeux. Est-ce une visite officielle ou le sergent est-il à la recherche d’un moment d’oubli ? “Je viens d'arriver.” lâche-t-il, en haussant les épaules, à la remarque la plus étrange qu’on lui ait jamais faite. Dorian doit forcer pour retenir un sourire amusé de lui échapper. Il ne sait pas encore si le geste serait approprié ou non. Un rapide coup d'œil lui laisse tout de même croire que Will n’est pas en service. “On devrait rentrer.” dit-il, en même temps qu’il désigne la porte d’un signe de la tête.

Il conduit William jusqu’à son salon, où il l’invite à s’asseoir sur le canapé avant de prendre place près de lui. Il y a comme une étrange tension qui plane dans la pièce, ou peut-être que c’est l’imagination de Dorian qui lui joue des tours. “C’est une visite de courtoisie ou tu es là pour m’arrêter ?” demande-t-il, dans l’espoir d’apaiser un peu la tension avec son humour discutable. Il n’est pas assez stupide pour s’imaginer un seul instant que Will n’est pas au courant de ses dernières frasques, mais s’il existe une seule personne dans cette ville qui soit prête à lui offrir le bénéfice du doute… Dorian a étrangement envie de croire que ce serait cet homme. “Tu veux boire quelque chose ? J’ai besoin d’un verre.” Il n’attend pas de confirmation pour se relever d’un bond, et aller fouiller un instant dans son bar pour se servir un verre du bourbon luxueux que lui a offert Castiel.

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MessageSujet: Re: We're just a million little gods causin' rain storms (Dorian) We're just a million little gods causin' rain storms (Dorian) EmptyJeu 19 Oct - 3:36

Dorian était là et avec lui, l’assurance qu’une fois encore, j’étais un train de retard sur la situation. Celle-là même qui dépassait largement son retour surprise à son propre domicile – j’étais celui qui faisait office d’intrus, bien sûr, pas le contraire. Je croyais que tu n’étais pas là, je viens d’arriver; la conversation n’aurait pas pu être plus surréaliste et j’acquiesçais avant de m’en rendre même compte. Okay. D’ailleurs, j’acquiesçais toujours lorsqu’il proposait d’entrer, non pas parce qu’on le devrait, après tout, à cette heure, il ne semblait y avoir personne pour s’intéresser à nos faits et gestes. Se pouvait-il donc que l’instinct du flic ait trouvé jusqu’à s’endormir ? Aplati, en quelque sorte, sous le poids des autres sensations; la pièce était vaguement familière, je n’y avais pourtant passé qu’un instant dans un sens et un autre, dans l’autre. « T’as pas vu tes… » Messages. Vraisemblablement, non. « Laisse tomber, c’est pas très important. » Avec ma chance, j’avais peut-être mal retranscrit son numéro dans le répertoire de contacts de mon téléphone perso depuis tout ce temps, tous ces messages restés lettre morte qui n’auraient de toute façon pas trouver leur destinataire. Ironique, et l’éclat d’un sourire fait d’auto-dérision me prenait un instant, avant que je n’ajoute : « Rarement le soir. Ils font ça le matin, et plus ils en ont après le prévenu, plus ce sera tôt, un peu comme des représailles auxquelles personne ne peut rien dire. Méfie toi si on cogne à ta porte vers les six heures. » Ils. Comme si je ne faisais pas partie de l’institution. Je restais debout, le regard tantôt fuyant, tantôt absorbé par l’agitation que je percevais à la dérobée chez mon hôte. L’offre d’un verre était à peine lancée, et à peine formulée sous mon crâne l’objection, qu’il y était déjà. Un rire silencieux me prenait à nouveau, sans que je ne réalise tout de suite combien j’étais… agacé. Agacé, surtout, par ces mots qui ne venaient pas et ces boutades peu convaincues qui faisaient écran.
Difficile de dire si Dorian fuyait ou s’il me tendait la perche – difficile, aussi, de dire si j’étais ici pour savoir ce qu’il pensait, s’il tenait le coup ou si je cherchais plutôt à lui dire ce que, moi, j’avais porté ces derniers mois. Ce qui était si clair certains soirs n’était plus que brume épaisse dans mon esprit, et je me pinçais l’arrête du nez une seconde. « Je ne sais pas si j’ai besoin d’un verre, mais j’en veux bien un. » Gagner du temps. Parler pour ne rien dire ou tout dire à la fois. « T’as des goûts de luxe, maintenant. » Commentais-je alors, le regard se raccrochant à l’étiquette de la bouteille que je pouvais discerner d’où j’étais. Pas exactement ce que nous avions bu, tous les deux, au Garnet cet autre soir. Je prenais enfin la liberté de m’assoir sur le canapé, incapable de me décider quel rôle je jouais ce soir. L’amant blessé, le sergent de police qui avait mille questions à poser, l’ami préoccupé par la tempête médiatique qui n’avait pas fini de faire rage…

Quelques secondes ou minutes s’écoulaient ainsi, jusqu’à ce que le verre promis arrive à moi et, mâchoire un peu crispée, je parvenais tout de même à articuler un « Merci. » d’une voix claire. Cette fois, je le regardais sans détour, frappé tout d’un coup par la fatigue et l’inquiétude qui se lisaient sur son visage. « Ça a mis un tas de gens sur le qui-vive. Ou en colère. » Non, et je ne lui faisais pas l’affront de le formuler comme un reproche. Même si ma gorge me brûlait déjà avant que je n’avale la moindre goutte d’alcool. À cet instant, cela me rendait fou. Ignorer ce qu’il pensait, ce qu’il ressentait. Pourquoi. « Je ne te mentirai pas, tu as attiré l’attention de la police. S’il y a une personne à qui tu devrais parler, parce que ça va arriver tôt ou tard forcément, je te dirais que Paul Gordon est la personne en qui tu peux avoir confiance. Il n’essaiera pas de te coincer. » D’autres le pourraient. Pas Paul. Paul, qui avait espéré que je remplisse ce rôle moi-même, profitant de notre… Le mot relation ne paraissait même pas approprié. Les gens qui avaient des relations de quelque nature échangeaient quelques mots, à l’occasion, se fréquentaient ci et là. « Je ne vais pas t’interroger. » J’étais convaincu de ne pas être la bonne personne pour ça. Moi, j’étais déjà en colère et bien avant cette interview et je n’arrivais pas, je n’arrivais pas à le dire tout haut. Mon regard cherchait à fuir à nouveau, instinct de survie. Il s’accrochait, cette fois, à l’une des photos qui ornaient son salon, celle d’un jeune homme, plus ou moins mon âge, des airs de grand voyageur et ce sourire qui avait des airs de famille. « Donc c’est pas vrai, cette image de celui qui ne se soucie de rien… Ni de personne. » Pâle tentative d’humour qui tombait à plat avant même de se lancer vraiment, sans conviction surtout. C’était assurément la critique qui revenait le plus souvent, on disait de Dorian Brooks qu’il avait été insouciant, qu’il n’avait pas considéré les familles des victimes, ou les familles tout court, en donnant une tribune – de la propagande, disaient d’autres – à la Rose lunaire. Les mots, les véritables mots, ma colère ou déception, le vide ou le manque, toutes ces choses restaient bien profondément enfouies. Pour l’instant. Ce n’était pas pour rien, songeais-je, que je n’avais jamais été que le protagoniste de mon histoire banale. Cette colère, ce besoin de me révolter, parfois, je ne parvenais pas à en faire quoi que ce soit.

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MessageSujet: Re: We're just a million little gods causin' rain storms (Dorian) We're just a million little gods causin' rain storms (Dorian) EmptyLun 6 Nov - 10:20

Sont-ils amis, désormais ? Ce ne serait pas la première amitié qui prenne Dorian par surprise, après tout. Ou autre chose, peut-être ? Il se pose inévitablement la question, dans cette ambiance étrange qui règne autour d’eux. Quand même les plaisanteries douteuses ne font rien pour apaiser la tension, on est en droit de se demander ce qui se passe. Dorian n’en a pas très envie, néanmoins. La journée a été bien assez longue comme ça, il est fatigué, légèrement désespéré. Une pause, voilà tout ce qu’il désire. Et un instant, juste un instant, il ose imaginer qu’il y aura peut-être droit ce soir. Son regard se pose sur le visage de Will, parcourt sa silhouette de haut en bas et il a le culot - la stupidité - de croire que, peut-être, il pourrait trouver un peu plus qu’un peu de réconfort, ce soir. Après tout, si le sergent n’est pas là pour l’arrêter ou faire son travail, alors quoi ? Le plus simple reste encore de poser la question. Elle lui brûle même les lèvres l’espace d’une seconde : qu’est-ce que tu veux, qu’est-ce que tu fais là ? Comme s’il ne savait pas déjà. Borné, un peu idiot sur les bords sans doute, il la ravale avant qu’elle ne puisse lui échapper. Offre plutôt un verre à son invité. L’offre n’est pas acceptée de bon cœur, mais acceptée quand même. “C’est un cadeau.” murmure-t-il, en même temps qu’il observe la bouteille dans ses mains. “D’un… ami.” Il n’a bu qu’un seul verre de ce poison avant ce soir, comme s’il luttait bêtement contre une réalité qu’il n’était pas encore tout à fait prêt à accepter avant ce soir : Castiel est son ami. La Rose Lunaire l’a piégé et lui, il fricote avec leur plus célèbre donateur.

Il remplit deux verres, avale une longue gorgée dans le sien, le remplit à nouveau. Puis va rejoindre le sergent sur le canapé, prenant bien soin de laisser une distance respectable entre eux. Et il sait qu’il doit dire quelque chose. Maintenant. N’importe quoi, du moment qu’ils ne parlent pas de ça. Trop tard. Il réagit trop tard, laissant Will le coiffer au poteau. Pour toute réponse, un long soupir. Ses épaules semblent s’affaisser de quelques centimètres au passage. Alors c’est bien ça. La raison de cette visite surprise. Il le savait, dès l’instant où son regard a croisé celui du sergent, il le savait. Ça ne l’empêche nullement de se sentir un peu déçu. Et puis, surpris. “Paul Gordon ?” De nouveau, il cherche le regard de Will, une explication à cette proposition inattendue. S’il a le droit de choisir, à quel flic de leur petite ville il voudra bien raconter tous ses petits secrets… Le choix est très vite fait. Même pas vraiment un choix, une évidence. Sauf que Will ne veut pas. Il le dit presque sans détour et Dorian voudrait rétorquer aussitôt : pourquoi pas ? “C’est ton partenaire ?” demande-t-il à la place. Le nom lui évoque vaguement quelque chose. Une visite au poste, quelques semaines en arrière. Une éternité plus tôt.

Est-ce que Joey était encore en ville, à cette époque ? Il se pose la question, alors qu’il observe longuement la photo désignée par le sergent. Il croit que oui, mais ne sait plus vraiment. Une éternité. D’autres photos, dispersées un peu partout dans le salon, prouvent sans l’ombre d’un doute qu’en effet, Dorian Brooks se soucie d’autres personnes. Ses parents, sa sœur, son neveu. Toute une famille désormais disparue, en quelque sorte. Un autre soupir lui échappe, tandis qu’il regarde les visages des siens, un par un, puis retourne se poser sur celui de son invité. “Je ne sais pas pourquoi, je pensais que toi, tu le savais.” remarque-t-il, son ton plus fatigué qu’autre chose. Ce n’est pas un reproche, seulement un fait. Cette nuit-là, au Garnet et après, Dorian a cru qu’ils se comprenaient. Qu’il y avait quelque chose entre eux, comme une sorte d’écho entre deux âmes esseulées. Est-ce qu’il a eu tort ? Il cherche la réponse à cette question sur le visage de Will, mais ne la trouve pas vraiment. Il voit ce qu’il a envie de voir, de là à dire qu’il s’agit d’une réalité… “J’ai confiance en toi.” dit-il, en écho à ce conseil définitivement décevant. La personne en qui tu peux avoir confiance. “Je parlerai à Gordon, si c’est ce que tu veux,” reprend-t-il avant que Will n’ait l’idée de l’interrompre, de mettre fin à ce fantasme ridicule, “mais rien n’empêche que je parle avec toi aussi. De manière officieuse.” Ou officielle, honnêtement ça lui est bien égal. Ou du moins, il veut prétendre que ça lui est égal. Qu’une part de lui ne continue pas d’espérer bêtement que Will veuille bien lui offrir le bénéfice du doute. “C’est pour ça que tu es là, n’est-ce pas ? Pour savoir ce qui m’a pris ?” Pour savoir si l’homme qu’il a aperçu par hasard un soir de décembre existe bel et bien. “Tu n’as pas besoin de me faire passer un interrogatoire. Tu peux juste me parler. Je ne t’ai jamais menti.”

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MessageSujet: Re: We're just a million little gods causin' rain storms (Dorian) We're just a million little gods causin' rain storms (Dorian) EmptyMer 22 Nov - 5:29

Elle me tirait un sourire sans joie, cette précision, et un regard fuyant pendant quelques secondes. Un ami. Malgré ce qu’il avait déjà pu me dire, j’avais toujours imaginé Dorian Brooks comme ayant de très nombreux amis. Le mythe avait persisté tout ce temps dans ma tête envers et contre tout : sa vie ne pouvait pas être banale. Sûrement pas de la même façon que la mienne me semblait très souvent l’être, surtout le soir venu et encore plus à vivre seul désormais. « Castiel DeWitt est-il l’un de ces amis ? » Ça m’avait échappé, d’une voix plus morne que je ne l’aurais voulu. Le souvenir de cette rencontre importune quelques jours plus tôt. « Je l’ai croisé il n’y a pas très longtemps. Il m’a parlé de toi. » Une explication sommaire parce qu’il en fallait bien une. Parce que je ne voulais surtout pas que cela sonne comme un reproche. Pire encore, une accusation. Il n’y avait aucune explication à donner de part ou de l’autre, n’est-ce pas ? Sauf, peut-être, à propos de cet éléphant monstrueux dans la pièce. Dorian ne paraissait pas enchanté, de quoi intensifier le sentiment d’inconfort qui régnait déjà dans son salon. Je me décidais à ce moment précis à goûter l’alcool qu’il venait de me servir – excellent, voire même trop. « C’est ça. » Paul était mon partenaire, mais aussi mon ami et je lui faisais confiance. Même si, à cet instant, j’aurais voulu regarder n’importe où ailleurs, mon regard restait accroché à la silhouette de mon hôte, et à ses expressions indéchiffrables auxquelles j’aurais voulu trouver des réponses. Cela semblait si près, bien plus près que ça n’avait été le cas ces dernières semaines. Tellement près que la frustration n’en était que plus grande. Il n’aurait pas fallu grand-chose pour franchir ces barrières dressées entre nous, dans ma tête surtout. Les mots, n’importe quels mots, auraient peut-être suffi à les abaisser. Au lieu de quoi, j’offrais d’abord une pensée méthodique, un peu trop rationnelle. Ou des sous-entendus trop lisses pour atteindre leur cible, lesquelles appelaient des réponses tout aussi évasives de sa part. Je restais silencieux quelques instants, ceux qui suffisaient à Dorian pour reprendre le fil de ce piteux interrogatoire qui n’en était définitivement pas un.

De manière officieuse ? Jamais – à tout le moins rarement plus que maintenant, je ne m’étais trouvé si confus face à l’homme. Si tôt captée par mon esprit, cette pensée me paraissait étrange. Dorian n’avait été qu’un soir esseulé d’hiver, des mois auparavant. Pourquoi semblait-il encore qu’il ait été partie intégrante d’une éternité ? « Pas exactement. » Offrais-je pour toute réponse à sa question. Lui mettait le doigt sur un fait qui ne pouvait pas lui être reproché : il n’avait jamais menti. Non, sur rien, en effet. Dorian avait toujours été clair, limpide même. Il n’avait jamais promis quoi que ce soit ni même entendu qu’il pouvait y avoir quoi que ce soit. Pas plus que nous étions vraiment amis. Pourtant, je pouvais la ressentir, sa frustration. Sa déception, peut-être même. Dorian Brooks, ce mystère sur pattes m’ayant malgré moi tourmenté des mois durant, insistait pour que l’on parle, tous les deux. « Je voulais savoir comment tu allais, déjà. » C’était ce que j’avais demandé par messagerie ou à peu près. Tentative incertaine de nouer un dialogue, quelque chose, n’importe quoi. « Bien sûr, que je voudrais savoir... Ça, aussi. » Ce qu’il lui avait pris de se lancer dans cette mission suicide. Nous n’en étions pas à une contradiction près. Peut-être bien qu’il n’était pas en danger de mort imminente, mais sa réputation, elle, avait la tête sur le billot. D’écrivain à succès adulé par les foules, Dorian était en un éclair passé à persona non grata. Cela passerait sans doute, comme tous les scandales finissaient par s’évanouir au profit du prochain.
De nouveau sèche était ma gorge, douloureuse même, je ne me réfugiais pourtant pas dans une nouvelle gorgée. Je déposais le verre sur la table face à nous, agacé par toutes les pensées qui fusaient sous mon crâne. Et cette fois, je me pliais à sa requête en tentant d’éviter les détours. « Pourquoi tu ne m’as pas appelé, Dorian ? » Il y avait assurément trop d’amertume dans cette question qui semblait porter le poids du monde, pendant une seconde. Les occasions n’avaient pas manqué. « Si tu as... tant que ça confiance en moi. » Nos regards se croisaient, et l’incompréhension avec. La mienne, en tout cas. Mais je ne pouvais pas soutenir le sien bien longtemps et je me passais une main dans les cheveux, geste nerveux par excellence. Je voulais parler de l’entrevue et de la situation périlleuse dans laquelle il avait été un jour récent placé, face à la décision de l’accorder ou non. Comment l’avait-on approché ? Que lui avait-on promis ? Avait-il vraiment eu le choix ? Il aurait pu m’appeler, je l’aurais aidé parce que je l’avais déjà fait au mépris même des règles. Le fait était pourtant que les sphères se mélangeaient et que la pulsation sous la poitrine, le sentiment de rejet qui remontait avec une douce nausée, ne s’accrochait pas tellement à ce qui venait de se passer. « J’aurais voulu que tu le fasses. » Déjà, tous les soirs qui avaient suivi ce premier soir. Ensuite, après son affaire que nous avions résolue par un étrange concours de circonstances. « Est-ce que… t’y as pensé ? À un moment ou un autre. » Pitoyable, n’est-ce pas ? Cette façon dont j’essayais de n’avoir l’air de rien en le regardant à nouveau dans les yeux. Si j’avais réussi à porter ce masque la dernière fois, au poste de police, ce n’était plus vraiment le cas à présent.

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MessageSujet: Re: We're just a million little gods causin' rain storms (Dorian) We're just a million little gods causin' rain storms (Dorian) EmptyMar 2 Jan - 12:06

Au point où il en est ces temps-ci, la question ne devrait même pas le surprendre et pourtant… Entendre parler de Castiel à cet instant, par Will, lui laisse une drôle d’impression, un malaise qu’il ne sait pas tout à fait comment interpréter. Pas plus que le fait que son ami ait eu une conversation à son sujet avec le sergent. “Je ne lui ai jamais parlé de… toi.” s’empresse-t-il de répondre, se corrigeant de justesse avant de laisser échapper un nous qui n’existe pas vraiment. Par sa faute, suppose-t-il, quoi qu’aucun d’eux n’ait fait l’effort de remédier à cette situation au cours des dernières semaines. Si Dorian sait parfaitement ce qui a causé son silence, il se demande tout à coup pourquoi Will n’a pas essayé de lui tendre la main non plus. Ils pourraient en parler maintenant, le moment est idéal et cette conversation, bien qu’elle ne l’enchante guère, lui semble plus plaisante que celle qui menace d’éclater. Hélas, il hésite trop longtemps. Le moment passe et l’autre conversation qu’il ne veut pas tellement avoir se présente bientôt sur le devant de la scène.

C’est étrangement douloureux, autant que décevant, de constater que Will préfère renvoyer la balle à son partenaire, plutôt que de tirer avantage de cette sorte de lien indéfini qui existe entre eux. Dorian tente bien de rationaliser : il n’y a peut-être pas de réel “nous” entre eux, mais ils n’en restent pas moins beaucoup trop intimes pour que ce soit approprié pour Will de mêler sa vie professionnelle à cette histoire. Cette réalité ne fait guère de miracle pour apaiser la brûlure faite à son ego. Elle ne l’empêche certainement pas de pousser un peu. D’accord, ce ne serait pas approprié qu’ils aillent ensemble jusqu’au poste de police et aient cette conversation dans une salle d’interrogatoire, mais ils peuvent bien l’avoir ici, non ? Ensemble, sans caméras, sans rapports officiels à écrire ensuite. Ici, où ils peuvent se permettre de mêler les faits et leurs sentiments, quels qu’ils soient. “Je vais bien.” assure-t-il, par automatisme, avant de se reprendre aussitôt : “J’irai bien. Quand les choses se calmeront un peu.” Il voudrait retourner la question au sergent, mais se retient sans trop de mal, bien trop effrayé de la réponse pour oser. “Je ne sais pas trop ce qui m’a pris.” continue-t-il, alors qu’il baisse les yeux sur le contenu de son verre. “J’ai cru bêtement que je pourrais tirer avantage de la situation, que je savais dans quoi je m’embarquais et que j’étais beaucoup trop malin pour me faire avoir par leurs jeux pervers.” Il a eu tort, tellement tort… Selene l’a manipulé à la perfection et sans avoir à faire trop d’efforts. Will n’a même pas idée de ce qui pourrait encore arriver. Le scandale de l’article finira par passer, mais l’histoire est loin d’être terminée.

Et malgré tout, ce n’est pas tout à fait ce qui inquiète Dorian à cet instant. Il n’a pas encore totalement décidé de ce qu’il compte faire ensuite, précisément à cause de l’homme assis à ses côtés en cet instant, à cause de ce qui n’existe pas entre eux, mais qu’il ne peut pas s’empêcher d’espérer malgré tout. Il n’est peut-être pas le seul à l’envisager, à en croire les mots qui échappent au sergent l’instant d’après. Sans même y penser, Dorian pose son verre sur la table basse avant de laisser sa main s’aventurer sur le poignet de Will. Elle reste posée là, pressant doucement mais sans oser s’accrocher vraiment, alors qu’il assure urgemment : “Bien sûr que j’y ai pensé. Sans arrêt.” C’est trop. Il sait qu’il ne devrait pas l’admettre, pas de cette manière en tout cas, trop pressé, presque désespéré. “J’étais occupé avec l’article et après…” Il prend une profonde inspiration, alors qu’il se décide enfin à détourner le regard et à récupérer sa main qu’il pose sur son propre genou et crispe l’air de rien. Il a choisi de ne rien faire. Ne pas révéler les secrets de Selene, ne pas choisir égoïstement un petit flirt qui n’est peut-être rien de plus que ça. Il hésite, pèse le pour et le contre depuis des semaines, cherche désespérément une troisième option, mais surtout, il ne fait rien du tout. Comme si ignorer ce dilemme pouvait le faire disparaître.

“Tu ne m’as pas appelé non plus.” note-t-il, plutôt que de confier ce qui l’a retenu réellement. Égoïste, il l’est à cet instant. Il veut dire la vérité à Will, mais avant ça, il veut surtout savoir si ça en vaut la peine. Il n’aura pas à hésiter à sacrifier quoi que ce soit s’il n’y a rien, pas vrai ? Seulement, il se sent ridicule, désormais que les mots résonnent entre eux. Ils ont passé l’âge de jouer à ça, à se renvoyer la balle et à attendre que l’autre fasse le premier pas, se montre vulnérable, avant d’oser lui rendre la politesse. “Peu importe. J’imagine qu’on avait chacun nos raisons.” concède-t-il avant de prendre une nouvelle, profonde inspiration. “Je n’ai jamais été très doué pour faire de la place dans ma vie à une autre personne. Et…” Il se tient au bord du précipice depuis si longtemps qu’il se sent presque pris d’un véritable vertige à l’idée de ce qu’il s’apprête à dire. Hélas, il le faut. Il doit faire un choix et peut-être qu’il a trouvé sa troisième option, finalement. “Ce soir-là, au Garnet, on a parlé de justice, tu te souviens ?” Vaguement, certes. Il garde surtout de Will cette impression d’un homme droit, profondément juste et plutôt contre l’idée qu’on puisse échapper aux conséquences de ses actes. La question que Dorian se pose, désormais, c’est de savoir jusqu’où il pourrait aller pour s’assurer que chacun paie pour ses crimes. S’il est vraiment l’homme et le flic qu’il semble être, alors peut-être que Dorian n’aura rien à sacrifier. C’est du moins ce qu’il espère. “Au cours de notre entrevue, Selene m’a confié quelque chose que je n’ai pas dévoilé dans ma parodie d’article. Je n’ai pas cherché à te joindre depuis, parce que pour la première fois depuis longtemps, je me demande si la vérité est plus importante que ce que je veux.” Il ne le dit pas plus clairement, mais suppose que le regard perçant qu’il laisse peser sur Will en disant cela suffit à lui faire comprendre ce qu’il veut. “J’ai choisi d’agir comme un lâche en ne prenant pas le risque de le découvrir pour l’instant.” Jusqu’à ce soir, tout du moins. Même s’il continue de faire preuve d’une certaine lâcheté, à se montrer aussi cryptique.

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William Brennan
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MessageSujet: Re: We're just a million little gods causin' rain storms (Dorian) We're just a million little gods causin' rain storms (Dorian) EmptyDim 28 Jan - 8:33

Oh, simple thing, where have you gone?
I'm getting older, and I need something to rely on
So, tell me when you're gonna let me in?
I'm getting tired and I need somewhere to begin


L’impression d’avoir été l’objet d’une bonne blague ou l’un des protagonistes d’une simple anecdote croustillante. Voilà bien ce qu’avait éveillé chez moi cette conversation impromptue avec l’homme d’affaires, l’ami de Dorian Brooks. Elle avait toujours été là, plus ou moins ancrée, cette sensation d’être dans la marge et certainement pas appelé à faire partie du cercle très restreint de ceux qui avaient vraiment les choses en mains. Je n’étais pour autant pas idiot, pas assez pour ne pas avoir vu tous les signes qui portaient à croire que… Que je n’avais rien de suffisamment spécial. L’espace d’un instant, mes lèvres s’étiraient en une sorte de sourire triste ou résigné, bientôt une grimace. Dorian n’avait pas parlé de moi à Castiel DeWitt. Le tout n’était qu’un malheureux concours de circonstances qui m’avaient tout de même tenu éveillé une partie de la nuit suivante et distrait de trop, alors que d’autres choses bien plus importantes nécessitaient ma pleine attention. Dorian allait bien et qu’importait comment l’affirmait sonnait faux, je me sentais tout à coup bête d’avoir autant cherché à m’en assurer. Jusqu’à l’incommoder chez lui, dans son salon, avec des mots qui me restaient étranglés au fond de la gorge et une pudeur qui se sentait bien ridicule. Dorian ne savait pas et, par la même occasion, me revenait avec fureur ma propre incapacité de porter la moindre réponse à toutes ces questions qui tournoyaient sous mon crâne. « C’est ce qu’ils font de mieux. » M’entendais-je répondre, la voix pourtant cassée. Comme si la fatigue s’était enracinée partout dans mon corps. « À partir du moment où tu t’es retrouvé dans leur mire…. » Dorian méritait-il vraiment que je lui accorde cette absolution inconditionnelle ? L'hésitation ne durait qu’une fraction de seconde. « … Tu n’aurais pas pu t’en sortir indemne. » Qui de mieux placé pour le savoir que quiconque ayant accès à l’impressionnant nombre d’affaires non-classées – cold cases, communément. Il y avait presque autant d’habitants dans notre ville que d’histoires sordides en lien avec la Rose lunaire, et pas suffisamment d’entre nous pour faire la lumière sur chacune des pistes que l’on nous avait un jour soumises.

Pendant un instant, c’était presque rassurant. Son entrevue, l’article du journal et des réflexes qui étaient ceux du policier plus que de l’homme démuni face à une tourmente qui refusait de s’apaiser. La main de Dorian, chaude, pressait mon poignet et j’en avais le cœur qui remontait au bord des lèvres. « Sans arrêt ? » Je ne cherchais plus à dissimuler ma surprise, pas plus que le semblant de rire parfaitement silencieux, étranglé, ne me permettait de trouver les bons mots pour mettre en format l’amas d’émotions qui menaçaient. « C’est pas pareil, c’est pas… » Juste aurais-je voulu opposer, si cela n’avait pas été affreusement grotesque. L’écrivain pensait apparemment à la justice, lui aussi, non sans avoir tout d’abord laissé entendre qu’il n’aurait suffi que de cela, que d’un appel dont je n’avais jamais osé être l’instigateur. « Un peu. » De tout ce qui s’était dit et passé ce soir-là, ce n’était pas ce qui avait le plus marqué mon esprit. La justice. Si je prenais le temps d’y repenser, comme j’y avais déjà repensé de très nombreuses fois, me revenaient peu à peu les bribes les plus importantes de cette discussion littéraire. « Dorian Gray et son portrait. Échapper ou non aux conséquences de ses actes. » L’étrange avidité qui me nouait l’estomac m’avait poussé à relever les yeux vers lui. Dorian. Qui parlait de vérité et de désir. Je fronçais les sourcils, plus incertain encore que je ne l’avais été ces derniers mois. C’en était presque insupportable, tout autant que se ranimait quelque chose que j’avais tant voulu faire taire, en moi, à cet instant. « Qu’est-ce qu’elle t’a dit ? » Oserait-il, Dorian ? Oserait-il partager cette fameuse vérité qui semblait tout remettre en question et, surtout, faire obstacle à un libre-arbitre qu’il semblait à présent regretter. « Je ne sais pas, Dorian, ce que tu veux… » Jamais plus qu’à cet instant, ces sous-entendus n’avaient semblé plus déroutants, là où ils avaient déjà été indubitablement séduisants.
Je pouvais le sentir peser sur moi, ce regard. Son regard. Quant à moi, je fixais mon verre de whiskey sur la table du salon un moment, juste avant d’ajouter : « Tu l’as dit, tu as été très clair sur ce que tu voulais ce soir-là. Une soirée qui se termine en bonne compagnie, que tout le monde soit satisfait. Surtout pas quelque chose de trop sérieux. » Les mots qu’il avait prononcés étaient restés ancrés dans ma mémoire, peut-être avaient-ils fini par se déformer un peu, mais j’étais convaincu que c’était l’essence de ce qu’il avait dit, plus ou moins consciemment, à titre de mise en garde avant que tout ne balance. « Et si je t’avais appelé, ça aurait été pour te dire quoi ? S’il-te-plait, aie envie de passer une autre de ces soirées avec moi et pas avec… » Castiel DeWitt, tiens. Ou Selene pourquoi pas. Qui que ce soit de beaucoup plus important, à qui l’on ne pouvait pas dire non. Mais même ces mois d’amertume ne suffisaient pas à me faire lancer ce genre de provocation gratuite. « … Qui que ce soit d’autre. » Je réalisais le poids immense de la tension qui m’habitait, relâchant légèrement les épaules en un soupir. « Je ne peux pas… décemment t’interroger... » Pas quand mon esprit refusait de concentrer son attention sur tous ces éléments qui avaient pourtant une importance toute capitale.

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MessageSujet: Re: We're just a million little gods causin' rain storms (Dorian) We're just a million little gods causin' rain storms (Dorian) EmptyLun 12 Fév - 13:13

Le rire amer ne résonne qu’une seconde. Non, il n’aurait pas pu s’en sortir indemne. Il joue avec le feu depuis plus de vingt ans, il fallait bien qu’un jour, la Rose Lunaire se décide à le remettre à sa place. C’est affreux pour l’ego, mais pas du tout surprenant, à part peut-être pour Dorian lui-même. Après tout, il s’en est sorti pendant vingt ans. Il a bel et bien fini par croire qu’il s’en sortirait toujours, qu’il était devenu intouchable, bien sûr qu’il vient de tomber de très, très haut. La seule question qu’il se pose désormais : était-il trop près du bord ou l’a-t-on poussé ? Et il a eu plus de temps qu’il n’en fallait, ces derniers jours, pour se demander à quel moment précisément les choses ont mal tourné pour lui. Quelle importance ? Personne ne peut revenir en arrière. Tout ce qu’il peut faire, désormais, c’est décider s’il veut emporter le reste du monde dans sa chute. Son article a fait un flop monumental, semble-t-il, il a accordé un peu trop de crédit à ses concitoyens et désormais, il doit bien admettre qu’une très large part de lui ne rêve que d’une chose : les regarder brûler après qu’il ait allumé le dernier brasier. Selene comptait-elle là-dessus ? L’avait-elle vu venir, elle, que toute la ville se retournerait contre lui, trop aveuglée par la peur et la rage pour lire entre les lignes ? Fut un temps où Dorian n’aurait jamais eu l’idée de lui porter une si haute estime, mais cette époque est révolue.

Il y a bien une chose qu’elle n’a pas envisagée, néanmoins. Que même Dorian n’avait pas vu venir. Will. Ses grands principes et ses incertitudes. Cette nuit, une parenthèse, presque un accident, qui a laissé à Dorian une nouvelle forme de faim que rien ne parvient à rassasier. Il se rappelle la tension entre eux, électrisante, qu’il peut presque sentir ce soir encore. Il se rappelle la conversation toute en métaphores et sous-entendus, et pourtant parmi les plus sincères qu’il ait jamais eus. Difficile d’en dire autant cette fois. Il s’y essaye : bien sûr qu’il a pensé à Will, à le revoir surtout, à retrouver cette sensation. Il parvient à confier ce secret-là sans trop de mal, mais aussitôt que le sergent veut entendre celui de Selene… “Elle…” Il ne peut rien dire de plus. Il a peur que Will n’y croit pas. Il a peur que Will y croit. Qu’est-ce qui serait le pire ? “Je ne suis pas sûr que tu aimerais le savoir.” Égoïstement, il voudrait surtout ne pas avoir à le découvrir, ou en tout cas pas ce soir. La semaine a été si longue, épuisante et désagréable. Et contre toute attente, ils sont là tous les deux. Ce serait tellement simple, alors que Will prétend ne pas savoir ce que Dorian veut, de le lui faire comprendre une fois pour toutes. Même pas besoin de mots pour ça. Ses doigts tremblent presque sous la force qu’il doit conjurer pour les empêcher d’agir seuls. Il regrette rapidement de ne pas avoir pris l’initiative de mettre fin à cette conversation compliquée.

“Rien de sérieux…” Bien sûr qu’il ne veut rien de sérieux. Il n’est pas cruel au point de vouloir faire miroiter un mensonge à quelqu’un qui n’a rien demandé. Il a eu des relations sérieuses et ça n’a jamais rien donné de bon. Et il ne veut vraiment pas blesser Will, c’est bien là tout le problème à vrai dire. “Ça ne veut pas dire que ça ne doit arriver qu’une seule fois.” Dans un monde idéal, ils pourraient faire ça. Être ensemble, sans l’être vraiment. Dorian peut parfaitement l’imaginer. Quelques heures chaque semaine, des conversations à n’en plus finir et quelques étreintes quand les mots ne suffisent plus. Il peut l’imaginer autant qu’il veut, ça n’en reste pas moins irréaliste. Ce n’est pas de la pluie et du beau temps dont il veut parler avec Will, mais de toutes les choses qu’ils ne disent à personne d’autre. Les âmes et les corps, mis à nu et partagés sans restriction. Comment faire pour que ça ne devienne pas compliqué en chemin ? C’est déjà compliqué et ils n’ont passé qu’une seule nuit ensemble. “C’est ce que tu veux ? Une relation sérieuse ?” Ils n’éviteront pas les complications s’ils ne sont pas sur la même longueur d’ondes dès le départ, en tout cas. “Tu ne me connais pas vraiment et j’ai quand même déjà réussi à te décevoir… Ca arrivera encore.” Sur ce point, inutile de se faire la moindre illusion. Qu’importe la bonne volonté que chacun y met, les déceptions sont inévitables et avec Dorian encore plus. La vérité, c’est qu’il ne sait même pas vraiment ce qu’il veut lui-même. Il se contente de pourchasser un souvenir qu’il a probablement arrangé au fil des mois. Il ne le découvrira certainement jamais, de toute façon. “Selene… Ce qu’elle m’a dit. Ça concerne un crime commis par un policier, qui a été couvert. Je n’ai pas encore décidé de ce que je comptais faire de cette information, mais si j’en parle publiquement… Les choses vont devenir vraiment compliquées.” A-t-il vraiment envie de se retrouver au cœur d’une nouvelle polémique ? C’est plutôt son genre, honnêtement, mais il doute que ce soit celui de Will. Ni d’en être au centre, ni de passer pour un simple dommage collatéral. “William… Si j’étais moins égoïste, je te dirais que la meilleure chose à faire pour toi, c’est de fuir tant que tu le peux encore, tant que rien ne te retient auprès de moi, mais…” Mais la vérité, c’est qu’il est vraiment égoïste et il a très envie que Will reste. Ce soir, sans aucun doute. Plus tard aussi, certainement. Jusqu’à quand, Dieu seul le sait.

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